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Cette page sert surtout à situer Rachel Whiteread dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Rachel Whiteread, née en 1963 à Londres, sculpte ce que personne ne regarde: l’air sous une chaise, le volume d’une pièce, l’intervalle entre deux rayonnages.
Rachel Whiteread étudie d’abord la peinture au Brighton Polytechnic, puis la sculpture à la Slade School of Art de Londres, où elle bascule vers le moulage.
Cette page sert surtout à situer Rachel Whiteread dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Rachel Whiteread étudie d’abord la peinture au Brighton Polytechnic, puis la sculpture à la Slade School of Art de Londres, où elle bascule vers le moulage. Sa première exposition personnelle, en 1988, ne réunit que quatre sculptures; la Tate rappelle que ces quatre pièces inaugurales figuraient encore, trente ans plus tard, en ouverture de sa rétrospective. Le principe est déjà fixé: couler un matériau liquide dans le creux d’un objet familier et laisser la forme du vide décider de celle de la sculpture.
En 1993, Whiteread remplit de béton l’intérieur entier d’une maison mitoyenne victorienne promise à la démolition, dans l’est de Londres. La coulée demande trois mois de travail et l’œuvre reste exposée sur le terrain même de la maison d’origine, trop lourde pour être déplacée, tandis que les maisons voisines disparaissent. House ne tiendra que quatre-vingts jours: le jour même où l’artiste reçoit le prix Turner, en novembre 1993, le conseil local vote sa destruction, exécutée en janvier 1994. Il n’en reste rien.
Nommée une première fois au prix Turner en 1991, Rachel Whiteread devient en 1993 la première femme à le remporter, distinction que la Tate rattache directement au chantier de House. Quatre ans plus tard, elle représente le Royaume-Uni au pavillon britannique de la Biennale de Venise, du 15 juin au 9 novembre 1997. Ces deux reconnaissances font passer une pratique de moulage très exigeante du milieu londonien des Young British Artists à une audience internationale.
À partir de la fin des années 1990, l’espace public devient le laboratoire de l’artiste. Water Tower, en 1998, est un moulage de résine translucide d’un château d’eau new-yorkais, commandé par le Public Art Fund et installé sur un toit de SoHo. En 2000, le mémorial de l’Holocauste de la Judenplatz, à Vienne, prend la forme d’une bibliothèque de béton retournée, dont les tranches de pages font face au passant. En 2001, Monument, moulage de résine, occupe le quatrième socle vide de Trafalgar Square à Londres.
Tate Britain lui consacre du 12 septembre 2017 au 21 janvier 2018 le panorama le plus ample jamais réuni, sur 1 500 mètrès carrés, avec Chicken Shed, une cabane de béton posée sur la pelouse du musée. Suivent le Belvedere 21 à Vienne, du 7 mars au 29 juillet 2018, puis la National Gallery of Art de Washington, du 16 septembre 2018 au 13 janvier 2019, avec une centaine de pièces. Parallèlement, ses « Shy Sculptures », cabanes de béton, sont déposées en Norvège, sur Governors Island à New York et dans le désert Mojave.
Médiums: Plâtre, Résine, Béton, Caoutchouc, Métal, Papier en pâte, Jesmonite, Dessin.
Techniques: Moulage de l’espace négatif (intérieur ou pourtour d’un objet), Moulage à l’échelle architecturale (pièces, escaliers, planchers, bâtiments), Coulée de résine translucide captant la lumière, Dessin préparatoire comme outil de réflexion.
Motifs récurrents: Absence, Mémoire des lieux, Domestique et intime, Architecture et logement, Deuil et commémoration, Empreinte humaine sur l’environnement quotidien.
Le Musée national d’art moderne conserve Untitled (Room 101), sculpture de 2003 en jesmonite, revêtement coaxial, contreplaqué et acier nickelé, de 300 sur 643 sur 500 centimètrès. La pièce a rejoint la collection en 2009 par achat, grâce au soutien de la Société des Amis du Musée national d’art moderne et de la Clarence Westbury Foundation, sous le numéro d’inventaire AM 2009-100. Elle a été présentée au quatrième niveau dans l’accrochage « elles@centrepompidou » en septembre 2009. C’est aujourd’hui l’ancrage parisien le plus solide de l’artiste.
La Galerie Nelson-Freeman a montré une exposition personnelle de Rachel Whiteread à Paris, du 18 septembre au 13 novembre 2010. L’artiste figurait ensuite parmi les participantes de « Women House », à la Monnaie de Paris, du 20 octobre 2017 au 28 janvier 2018, manifestation consacrée au rapport des artistes femmes à l’espace domestique. La galerie Gagosian l’a par ailleurs incluse dans plusieurs accrochages collectifs de son espace de la rue de Ponthieu, de « Micro Mania » en 2012 à « Hurly-burly », avec Phyllida Barlow et Alison Wilding, en 2023.
Centre Pompidou (Musée national d’art moderne) (Paris) — Conserve Untitled (Room 101), 2003, acquise en 2009 (AM 2009-100)
Monnaie de Paris (Paris) — Exposition collective « Women House », 20 octobre 2017 - 28 janvier 2018, à laquelle l’artiste a participé
Gagosian, rue de Ponthieu (Paris) — Expositions collectives incluant l’artiste entre 2012 et 2024
Tate Britain (Londres) — Rétrospective du 12 septembre 2017 au 21 janvier 2018 et conservation de plusieurs œuvres
1963 — Naissance de Rachel Whiteread à Londres, au Royaume-Uni
1988 — Première exposition personnelle, réunissant quatre sculptures
1991 — Première nomination au prix Turner décerné par la Tate
1993 — Réalisation de House, moulage de béton d’une maison de l’est londonien
1993-11 — Première femme à remporter le prix Turner; le conseil local vote la démolition de House
1994-01 — Destruction de House, deux mois après l’attribution du prix Turner
1997 — Représente le Royaume-Uni au pavillon britannique de la Biennale de Venise
1998 — Water Tower, moulage de résine sur un toit de SoHo, commande du Public Art Fund
2000 — Inauguration du mémorial de l’Holocauste de la Judenplatz, à Vienne
2001 — Monument, sculpture de résine sur le quatrième socle de Trafalgar Square
2009 — Le Centre Pompidou acquiert Untitled (Room 101) (AM 2009-100)
2010 — Exposition personnelle à la Galerie Nelson-Freeman, à Paris
2017-09 — Ouverture de la rétrospective de Tate Britain, la plus ample à ce jour
2018-09 — Premier panorama américain de son œuvre à la National Gallery of Art de Washington
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Rachel Whiteread à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Son moulage ne cherche pas à reproduire un objet mais à solidifier l'espace qu'il enferme ou qu'il borde : le dessous d'une chaise, l'intérieur d'une pièce, l'intervalle entre deux rayonnages. La forme du creux dicte celle de la sculpture, ce qui rend visible l'empreinte humaine laissée sur les choses les plus ordinaires.
House, moulage du volume intérieur d'une maison mitoyenne victorienne, a été démolie. L'œuvre n'a tenu que quatre-vingts jours : le conseil local a voté sa destruction le jour même où l'artiste recevait le prix Turner, en novembre 1993, et elle a été abattue en janvier 1994. Aucun fragment n'a été conservé.
Le Centre Pompidou conserve Untitled (Room 101), sculpture de 2003 acquise en 2009 sous le numéro d'inventaire AM 2009-100. Sa présentation dépend des accrochages de la collection et n'est donc pas permanente : elle a notamment été montrée au quatrième niveau dans l'accrochage « elles@centrepompidou », en septembre 2009.
Inauguré en 2000, ce monument de béton dédié aux victimes autrichiennes de la Shoah prend la forme d'une bibliothèque retournée, dont les tranches de pages, et non les dos des livres, font face au visiteur. Le Belvedere souligne qu'il a durablement marqué la ville et déplacé le débat viennois sur la mémoire.
Nommée une première fois en 1991, Rachel Whiteread devient en 1993 la première femme à remporter le prix Turner, décerné par la Tate. La récompense arrive au moment où son chantier londonien House suscitait un débat public virulent, ce qui lui a donné une résonance dépassant largement le seul milieu de l'art.
Elle travaille le plâtre, la résine, le béton, le caoutchouc, les métaux et le papier réduit en pâte. Untitled (Room 101), au Centre Pompidou, associe jesmonite, revêtement coaxial, contreplaqué et acier nickelé : le choix du matériau détermine la lumière, le poids et la température de chaque pièce.