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Cette page sert surtout à situer Rashid Johnson dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Chicago en 1977, Rashid Johnson est un artiste américain qui bâtit son œuvre avec des matériaux du quotidien chargés d’histoire: beurre de karité, savon noir, carrelage, acier noir, plantes tropicales, disques et livres.
Rashid Johnson naît à Chicago en 1977 et grandit dans une famille qu’il qualifie lui-même d’afrocentrée.
Cette page sert surtout à situer Rashid Johnson dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Rashid Johnson naît à Chicago en 1977 et grandit dans une famille qu’il qualifie lui-même d’afrocentrée. Sa mère, universitaire spécialiste d’histoire africaine et poétesse, lui transmet très tôt le goût des livres, de l’histoire et de la poésie. Dans un entretien avec Claudia Rankine publié dans sa monographie Phaidon de 2023, l’artiste raconte que sa mère portait des dashikis et enduisait les corps de ses enfants de beurre de karité, en usant aussi de savon noir: des signes d’appartenance qu’elle voulait leur transmettre comme des outils. C’est cette scène domestique, et la part d’humour qu’il y décèle plus tard, qui fournira à son œuvre ses matériaux les plus reconnaissables.
Johnson entre à l’université avec l’intention de devenir cinéaste, mais lit massivement l’histoire de la photographie et de l’abstraction d’après 1950 avant même son arrivée à Columbia College Chicago, où il obtient son diplôme en 2000. Dans ses travaux d’étudiant, il imite les manières de Robert Frank, Henri Cartier-Bresson et Ansel Adams, puis passe plusieurs années à chercher sa propre voie. Après son master à la School of the Art Institute of Chicago, achevé au milieu des années 2000, il quitte progressivement le tirage argentique pour la sculpture, la peinture, l’installation, la vidéo et la performance, en éprouvant la capacité du langage visuel à franchir les frontières culturelles.
En 2001, à vingt-quatre ans, Johnson figure dans Freestyle, l’exposition organisée par Thelma Golden au Studio Museum in Harlem qui réunit vingt-huit jeunes artistes afro-américains et popularise la notion de post-black art. L’année suivante, il obtient sa première exposition personnelle en musée, au Museum of Contemporary Art de Chicago. Le Studio Museum a depuis montré son travail à plusieurs reprises, notamment dans 30 Seconds off an Inch en 2009 et The Bearden Project en 2012, et conserve de lui plusieurs pièces. Cette filiation harlémite reste l’un des fils les plus constants de sa trajectoire institutionnelle.
En janvier 2019, Johnson présente au festival de Sundance son premier long métrage, Native Son, adaptation du roman de Richard Wright paru en 1940, dont le scénario est signé par la dramaturge Suzan-Lori Parks et le rôle principal tenu par Ashton Sanders. HBO Films acquiert le film auprès de la société de production A24 quelques heures avant sa première projection, pour un montant rapporté à huit chiffres. Le récit transpose l’histoire de Bigger Thomas, jeune homme noir du South Side de Chicago, et prolonge à l’écran les questions de racisme systémique que l’artiste travaille dans ses installations.
Du 18 avril 2025 au 18 janvier 2026, le musée Solomon R. Guggenheim de New York consacre à Rashid Johnson une rétrospective intitulée A Poem for Deep Thinkers, organisée par Naomi Beckwith et Andrea Karnes. La rotonde de Frank Lloyd Wright accueille plus de quatre-vingt-dix œuvres couvrant trois décennies: la sculpture extérieure Black Steel in the Hour of Chaos, la photographie Self Portrait Laying on Jack Johnson’s Grave, le mur de carreaux de céramique d’Untitled Anxious Audience et, au dernier niveau, l’installation monumentale Sanguine réalisée pour l’occasion. Le titre de l’exposition est emprunté à un poème d’Amiri Baraka.
Médiums: sculpture en acier noir, peinture (savon noir, cire, carrelage de céramique), photographie argentique, bronze, installation et environnements végétalisés, film et vidéo.
Techniques: incision et gravure dans un enduit de savon noir et de cire, assemblage sur armature d’acier de plantes, livres, moniteurs et lampes de croissance, modelage laissant la trace de la main sur des bronzes, usage du beurre de karité comme matière sculptée, mise en œuvre d’objets trouvés: disques, cassettes VHS, postes CB, tapis.
Motifs récurrents: construction et rhétorique de l’identité noire américaine, héritage intellectuel afro-américain et bibliothèque comme sujet, rapport ambivalent à l’africanité et à ses signes, anxiété, intériorité et introspection, mysticisme, cosmologie et animisme, transmission entre générations d’une même famille.
Du 14 octobre au 21 décembre 2024, la galerie Hauser & Wirth installée 26 bis rue François-1er, dans le 8e arrondissement, consacre à Rashid Johnson l’exposition « Anima ». L’accrochage, ouvert au moment d’Art Basel Paris, y présente pour la première fois en galerie deux ensembles picturaux développés sur plusieurs années, les Soul Paintings et les God Paintings, mis en dialogue avec des bronzes aux surfaces modelées à la main. S’y ajoute un film, Sanguine, qui filme trois générations: le père de l’artiste, lui-même et son fils. Le titre renvoie à l’animisme, l’idée que toute chose, y compris inanimée, possède une âme.
Sept ans plus tôt, le nom de Rashid Johnson apparaît dans la programmation parisienne à l’occasion d’« ART / AFRIQUE, le nouvel atelier », grande manifestation que la Fondation Louis Vuitton déploie en 2017 sur les quatre niveaux du bâtiment de Frank Gehry, au bois de Boulogne. L’ensemble articule trois volets: une sélection de la collection d’art africain contemporain de Jean Pigozzi, un panorama de la scène sud-africaine et un accrochage d’œuvres liées à l’Afrique issues de la collection de la Fondation. L’annonce publique de l’exposition range Rashid Johnson parmi les artistes présentés, aux côtés notamment de Seydou Keïta, William Kentridge et Bodys Isek Kingelez.
Hauser & Wirth Paris (Paris) — Galerie du 8e arrondissement (26 bis rue François-1er) qui a présenté « Anima » du 14 octobre au 21 décembre 2024.
Fondation Louis Vuitton (Paris) — A présenté l’artiste dans « ART / AFRIQUE, le nouvel atelier » en 2017; une notice d’artiste lui est consacrée dans la rubrique Collection du site de la Fondation.
Château La Coste (Le Puy-Sainte-Réparade) — Présente en 2026, jusqu’au 6 septembre, une exposition associant Rashid Johnson, Sheree Hovsepian et des artistes invités dans les pavillons du domaine.
Solomon R. Guggenheim Museum (New York) — A consacré à l’artiste la rétrospective « A Poem for Deep Thinkers », du 18 avril 2025 au 18 janvier 2026.
Studio Museum in Harlem (New York) — Lieu de sa révélation avec « Freestyle » en 2001; conserve plusieurs de ses œuvres en collection.
1977 — Naissance à Chicago, dans l’Illinois, aux États-Unis.
2000 — Diplôme de premier cycle en arts obtenu à Columbia College Chicago.
2001 — Sélection dans « Freestyle », exposition de Thelma Golden au Studio Museum in Harlem.
2002 — Première exposition personnelle en musée, au Museum of Contemporary Art de Chicago.
2005 — Master en arts plastiques achevé à la School of the Art Institute of Chicago.
2012 — Reçoit le prix David C. Driskell décerné par le High Museum of Art d’Atlanta.
2017 — Figure parmi les artistes présentés à Paris dans « ART / AFRIQUE, le nouvel atelier », à la Fondation Louis Vuitton.
2017 — Reçoit le Tony Goldman Visionary Artist Award.
2019-01 — Première de son long métrage « Native Son » au festival de Sundance; HBO Films l’acquiert auprès d’A24.
2024-10-14 — Ouverture d’« Anima » à la galerie Hauser & Wirth Paris, dans le 8e arrondissement.
2025-04-18 — Ouverture de la rétrospective « A Poem for Deep Thinkers » au musée Guggenheim de New York.
2026-01-18 — Clôture de la rétrospective du Guggenheim, après plus de quatre-vingt-dix œuvres exposées.
2026 — Exposition avec Sheree Hovsepian et des artistes invités au Château La Coste, jusqu’au 6 septembre.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Rashid Johnson à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Ces matières viennent de son enfance : sa mère, universitaire d'histoire africaine, enduisait ses enfants de beurre de karité et utilisait du savon noir comme signes d'appartenance à transmettre. L'artiste en a fait une matière sculptée et picturale, tout en gardant une distance ironique envers l'idée qu'on puisse « appliquer » l'africanité sur soi sans travail ni recherche.
« Freestyle » est l'exposition présentée en 2001 au Studio Museum in Harlem par Thelma Golden, réunissant vingt-huit jeunes artistes afro-américains et diffusant la notion de post-black art. Johnson y figure à vingt-quatre ans et y gagne une visibilité immédiate ; l'année suivante, le Museum of Contemporary Art de Chicago lui offre sa première exposition personnelle en musée.
Oui. La galerie Hauser & Wirth, 26 bis rue François-1er dans le 8e arrondissement, lui a consacré l'exposition « Anima » du 14 octobre au 21 décembre 2024, avec peintures, bronzes et un film. Auparavant, son nom figurait parmi les artistes présentés en 2017 à la Fondation Louis Vuitton dans « ART / AFRIQUE, le nouvel atelier ».
Ces deux ensembles picturaux, étroitement liés, ont été développés par l'artiste pendant plusieurs années avant leur première présentation en galerie à Paris en 2024. Ils y étaient confrontés à des sculptures de bronze fortement texturées, dont les surfaces conservent la trace de chaque geste, puis prolongés par le film « Sanguine ».
Il a signé « Native Son », son premier long métrage, adaptation du roman de Richard Wright publié en 1940, présenté au festival de Sundance en janvier 2019. Le scénario est de Suzan-Lori Parks et Ashton Sanders y tient le rôle de Bigger Thomas. HBO Films a acquis le film auprès d'A24 quelques heures avant la première projection.
« A Poem for Deep Thinkers », visible du 18 avril 2025 au 18 janvier 2026, réunissait plus de quatre-vingt-dix œuvres sur trois décennies dans la rotonde de Frank Lloyd Wright, sous le commissariat de Naomi Beckwith et Andrea Karnes. Le parcours allait d'un autoportrait photographique de 2006 à l'installation « Sanguine » occupant le dernier niveau.