Exposition Paris

Exposition Raymond Depardon

Photographe et cinéaste français né en 1942, Raymond Depardon a fait de l’attente et du silence une méthode de travail.

Qui est Raymond Depardon ?

Raymond Depardon naît le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône et réalise ses premières images vers douze ans dans la ferme familiale du Garet.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Raymond Depardon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Du Garet à Paris, un apprentissage sans école

Raymond Depardon naît le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône et réalise ses premières images vers douze ans dans la ferme familiale du Garet. Après le certificat d’études, il entre en apprentissage chez un photographe-opticien de Villefranche, complète sa formation par des cours suivis à distance et aménage un laboratoire dans la ferme de ses parents. En octobre 1958, il rejoint la capitale comme assistant du photographe Louis Foucherand: il n’aura fréquenté aucune école d’art ni de cinéma.

Dalmas, Gamma et le métier de reporter

Employé dès 1960 comme reporter par l’agence Dalmas, il obtient la même année, à dix-huit ans, un premier départ pour le Sahara. En 1966 il cofonde l’agence Gamma, qui l’expédie couvrir l’actualité sur tous les continents. De 1974 à 1977, menant caméra et boîtier de front, il suit au nord du Tchad l’affaire de l’enlèvement de l’ethnologue Claustre. Ces années de terrain donnent ses premiers longs métrages documentaires, dont «  1974, une partie de campagne » et «  San Clemente ».

De Magnum au cinéma direct

Entré à Magnum Photos en 1978, membre de plein exercice l’année suivante — la notice d’autorité de la BnF retient l’appartenance à l’agence Magnum Paris-New York depuis 1979 —, il déplace alors son écriture vers le journal intime avec «  Notes » (1979) puis «  Correspondance new-yorkaise » (1981). La même année sort «  Reporters », qui tient l’affiche sept mois durant dans une salle du Quartier latin. Suit une série de films tournés sans commentaire dans les institutions: «  Faits divers », «  Urgences », «  Délits flagrants ».

La France rurale comme chantier de longue durée

En 1984, Depardon participe à la mission photographique de la DATAR consacrée aux campagnes. À partir de 1998, il engage un ensemble de trois films sur le monde paysan dont «  La Vie moderne » forme le dernier volet, catalogué comme tel par la BnF. Ce chantier territorial culmine dans les campagnes de prises de vue conduites entre 2006 et 2010, sélectionnées pour l’exposition et le portfolio édités par la Bibliothèque nationale de France en 2010.

Reconnaissance, production et ressorties

Grand Prix national de la photographie en 1991, César du meilleur film documentaire en 1995 pour «  Délits flagrants »: les deux versants de l’œuvre sont distingués séparément. En 2001, il fonde à Clamart avec Claudine Nougaret la société de production audiovisuelle Palmeraie et Désert, qui porte depuis ses tournages. Depuis octobre 2025, cette même structure organise la ressortie en salles de l’œuvre filmée sous forme de quatre cycles thématiques échelonnés jusqu’au printemps 2026.

La pratique en bref

Médiums: photographie argentique noir et blanc, photographie couleur, film documentaire de long métrage, livre de photographies et portfolio.

Techniques: reportage d’agence sur le terrain, en immersion longue, cinéma direct: son synchrone, absence de commentaire en voix off, captation d’audiences et de consultations en institution, avec autorisation préalable, édition en livre du matériau photographique, sous forme de journal daté.

Motifs récurrents: institutions judiciaires, policières et psychiatriques, monde rural et paysannerie française, errance, désert et voyage, pouvoir politique et portrait officiel, territoire français et paysage habité, Paris et la vie urbaine.

Paris, point d’arrivée et base d’agence

La capitale n’est pas un décor chez Depardon, c’est le lieu d’où il part. Il y débarque en octobre 1958 comme assistant, devient pigiste puis reporter salarié de l’agence Dalmas dès 1960, et c’est à Paris qu’il cofonde Gamma en 1966. La notice d’autorité de la BnF le rattache ensuite à l’agence Magnum Paris-New York depuis 1979. En 1981, son film consacré aux photographes d’agence, «  Reporters », est resté sept mois au programme d’une salle du Quartier latin.

Filmer les institutions de la capitale

Une part décisive de son cinéma se tourne dans des lieux publics parisiens. «  Urgences » est réalisé à l’Hôtel-Dieu, que le catalogue de la BnF retient explicitement comme vedette-matière de la notice. «  10e chambre, instants d’audience » saisit des audiences correctionnelles indexées sous «  Justice — Paris », tandis que «  Faits divers » suit le travail policier quotidien. Sa société de production regroupe aujourd’hui ces titres sous le cycle «  Depardon citoyen ».

Les grandes expositions parisiennes

Paris a accueilli les accrochages les plus larges. La Maison européenne de la photographie montre «  PPP, Photographies de personnalités politiques » du 18 janvier au 5 mars 2006. La Fondation Cartier pour l’art contemporain l’associe à Paul Virilio pour «  Terre natale, Ailleurs commence ici », présentée en 2008. La BnF expose «  La France de Raymond Depardon » du 30 septembre 2010 au 9 janvier 2011, puis la Réunion des musées nationaux installe «  Un moment si doux » dans la galerie sud-est du Grand Palais, du 14 novembre 2013 au 10 février 2014.

Où voir ses œuvres

Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand (Paris) — A présenté l’exposition monographique «  La France de Raymond Depardon », du 30 septembre 2010 au 9 janvier 2011, et coédité son catalogue avec le Seuil.

Grand Palais, galerie sud-est (Paris) — A accueilli la rétrospective «  Raymond Depardon, Un moment si doux » du 14 novembre 2013 au 10 février 2014, organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais.

Maison européenne de la photographie (Paris) — A exposé «  PPP: Photographies de Personnalités Politiques » dans ses galeries du 18 janvier au 5 mars 2006.

Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — A organisé en 2008 «  Terre natale, Ailleurs commence ici », conçue avec Paul Virilio et Raymond Depardon avant sa tournée internationale.

Repères chronologiques

1942-07-06 — Naissance à Villefranche-sur-Saône; premières photographies vers douze ans à la ferme du Garet

1958 — Départ pour Paris, où il devient assistant du photographe Louis Foucherand en octobre

1960 — Entrée comme reporter à l’agence Dalmas à Paris, et premier reportage au Sahara à dix-huit ans

1966 — Cofondation de l’agence photographique Gamma, qui l’envoie couvrir l’actualité internationale

1974-1977 — Couverture, photographique et filmée, de l’affaire de l’enlèvement de l’ethnologue Claustre au nord du Tchad

1979 — Membre de l’agence Magnum Paris-New York selon la notice d’autorité de la BnF, après son entrée en 1978

1991 — Attribution du Grand Prix national de la photographie, mentionné par la notice d’autorité de la BnF

1995 — César du meilleur film documentaire pour «  Délits flagrants », consacré à la justice française

2001 — Fondation à Clamart, avec Claudine Nougaret, de la société de production Palmeraie et Désert

2010-09-30 — Ouverture à la BnF de l’exposition «  La France de Raymond Depardon », visible jusqu’au 9 janvier 2011

2013-11-14 — Ouverture d’«  Un moment si doux » dans la galerie sud-est du Grand Palais, jusqu’au 10 février 2014

2026-02-04 — Sortie nationale du cycle de ressorties en salles «  Depardon Photographe », annoncé par sa société de production

Raymond Depardon & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Raymond Depardon à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Peut-on voir une exposition Raymond Depardon à Paris en ce moment ?

Au 2 août 2026, aucune exposition qui lui soit consacrée n'apparaît sur les pages « expositions en cours » de la Maison européenne de la photographie, de la BnF, du Jeu de Paume, de la Fondation Cartier ni du Grand Palais. En revanche, sa société de production diffuse depuis octobre 2025 quatre cycles de ressorties de ses films en salles.

Quelles institutions parisiennes lui ont consacré une rétrospective ?

La Maison européenne de la photographie en 2006 avec « PPP », la Fondation Cartier en 2008 avec « Terre natale, Ailleurs commence ici », la BnF du 30 septembre 2010 au 9 janvier 2011 avec « La France de Raymond Depardon », puis le Grand Palais du 14 novembre 2013 au 10 février 2014 avec « Un moment si doux ».

Quels films de Raymond Depardon ont été tournés dans des lieux publics parisiens ?

« Urgences » a été réalisé à l'Hôtel-Dieu de Paris, retenu comme vedette-matière par la notice de la BnF. « 10e chambre, instants d'audience » filme des audiences correctionnelles indexées « Justice — Paris », et « Faits divers » accompagne le travail policier dans la capitale.

Pourquoi Raymond Depardon est-il passé par la photographie avant le cinéma ?

Dans un entretien publié par la revue Chimères en 1988, il explique qu'avec son seul certificat d'études et une origine rurale modeste il ne pouvait entrer ni à l'IDHEC ni à l'École de Vaugirard, où le baccalauréat était exigé : il est donc « passé par la photo » pour atteindre le film qu'il voulait consacrer à la justice.

Quel est le lien entre Raymond Depardon, Gamma et Magnum ?

Il cofonde l'agence Gamma en 1966 après ses débuts chez Dalmas, puis rejoint Magnum Photos en 1978 ; la notice d'autorité de la BnF le donne membre de l'agence Magnum Paris-New York depuis 1979. Il en est aujourd'hui contributeur, selon la fiche que Magnum lui consacre.

Qu'est-ce que Palmeraie et Désert ?

C'est la société de production audiovisuelle qu'il a fondée en 2001 à Clamart avec l'ingénieure du son Claudine Nougaret, d'après la notice d'autorité de la BnF. Elle figure au générique de plusieurs de ses films et pilote aujourd'hui les cycles de ressorties en salles de son œuvre filmée.