Exposition Paris

Exposition Rembrandt

Fils d’un meunier de Leyde né le 15 juillet 1606, Rembrandt Harmenszoon van Rijn quitte l’université après quelques mois pour l’atelier, refuse le voyage d’Italie que l’on conseillait alors à tout jeune peintre, et bâtit à Amsterdam la carrière la plus commentée du siècle d’or hollandais: «  La Leçon d’anatomie du docteur Nicolaes Tulp » à vingt-cinq ans, «  La Ronde de nuit » à trente-six, 314 eaux-fortes gravées entre 1627 et 1665, puis la faillite de 1658 et une vieillesse endeuillée.

Qui est Rembrandt ?

Rembrandt naît le 15 juillet 1606 à Leyde, avant-dernier de dix enfants d’un meunier assez aisé pour l’envoyer à l’école latine de la ville.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Rembrandt dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Leyde, l’atelier contre l’université

Rembrandt naît le 15 juillet 1606 à Leyde, avant-dernier de dix enfants d’un meunier assez aisé pour l’envoyer à l’école latine de la ville. Ses parents l’inscrivent à l’université de Leyde en 1620, mais la vie académique ne lui convient pas: il l’abandonne au bout de quelques mois pour entrer en apprentissage chez un peintre. Après trois ans passés auprès d’un maître local, il gagne Amsterdam en 1624 pour une brève formation chez Pieter Lastman, puis revient s’établir à Leyde où il partage un atelier avec Jan Lievens. Sa première œuvre datée remonte à 1625; six ans plus tard, il a acquis tout le métier et un style déjà reconnaissable.

Amsterdam, Saskia et la commande urbaine

Vers 1631, Rembrandt s’installe à Amsterdam, port le plus prospère d’Europe du Nord, et loge chez le marchand d’art Hendrick van Uylenburgh. Dès 1632, à vingt-cinq ans, il peint le portrait collectif des chirurgiens amstellodamois commandé pour la leçon d’anatomie donnée par le docteur Nicolaes Tulp en janvier de cette année-là. Il se fiance à Saskia, cousine de son logeur, le 6 juin 1633, et l’épouse en 1634. La ville lui apporte ses commandes les plus prestigieuses, jusqu’à «  La Ronde de nuit » de 1642, une toile de 379,5 sur 453,5 centimètrès destinée au siège de la garde civique des arquebusiers, où il fut le premier à représenter des figures de portrait de groupe en pleine action.

Deuils, procès et faillite

La vie privée de Rembrandt tourne au litige. Trois enfants nés de Saskia meurent en bas âge — Rumbartus, né en 1636, ne vit que deux semaines — avant la naissance de Titus en 1641. Saskia meurt peu après, à trente ans seulement. Le peintre engage alors Geertje Dircks comme nourrice; leur rupture de 1649 dégénère en procédures interminables et Geertje finit envoyée à la maison de correction de Gouda, où Rembrandt s’emploie à la maintenir; elle meurt en 1656, un an après sa libération. Hendrickje Stoffels partage ensuite sa vie sans qu’il puisse l’épouser, le testament de Saskia lui faisant perdre sa part en cas de remariage. Collectionneur compulsif d’art et d’antiquités, il est déclaré en faillite en 1658.

Le graveur: 314 planches de cuivre

Entre 1627 et 1665, Rembrandt grave 314 eaux-fortes, ce qui en fait l’un des graveurs les plus copiés de l’histoire. Sa méthode est décrite avec précision: il enduit la plaque de cuivre d’un mélange de résine et de cire d’abeille, dessine à la pointe jusqu’à faire réapparaître le métal, mord les traits à l’acide, encre la plaque puis la passe sous presse avec la feuille. Il travaille le plus souvent directement sur le cuivre, par petites étapes, plutôt que d’après un dessin préparatoire. Chaque reprise de la planche produit un «  état » différent: pour «  L’Adoration des bergers », il ajoute des tailles pour enfoncer l’obscurité de l’étable jusqu’à ne plus laisser luire que le livre et les visages.

Les dernières années et la maison de la Jodenbreestraat

Après la faillite, Rembrandt ne cesse pas de peindre: «  Les Syndics de la guilde des drapiers » datent de 1662 et «  La Fiancée juive » des années 1665-1669. La maison de la Jodenbreestraat, à Amsterdam, où il a vécu et travaillé dix-neuf ans, est aujourd’hui le musée de la Maison de Rembrandt. En 1668, son fils Titus tombe malade et meurt; le peintre s’éteint le 4 octobre 1669 de cause inconnue et sa tombe se trouve à la Westerkerk. Le Louvre conserve de cette période tardive l’«  Autoportrait au chevalet et à l’appuie-main de peintre », présenté salle 844 de l’aile Richelieu.

La pratique en bref

Médiums: peinture à l’huile sur toile, peinture à l’huile sur panneau, eau-forte sur cuivre, pointe sèche, dessin.

Techniques: contrastes marqués d’ombre et de lumière dans le portrait de groupe, modelé du visage par taches de lumière et d’ombre plutôt que par un simple côté éclairé et un côté ombré, morsure à l’acide sur vernis de résine et de cire d’abeille, travail direct à la pointe sur le cuivre, sans dessin préparatoire systématique, reprises successives d’une même planche produisant plusieurs états, tirages sur papier de Chine et sur papier du Japon.

Motifs récurrents: autoportrait, portrait de commande bourgeois, portrait de groupe corporatif, peinture d’histoire biblique, étude d’après nature.

Une salle du Louvre porte son nom

Rembrandt n’a jamais travaillé à Paris — il n’a même pas fait le voyage d’Italie que l’on recommandait alors aux jeunes peintres, estimant pouvoir tout apprendre de l’art disponible dans son propre pays. Sa présence parisienne est donc entièrement muséale, et elle est massive: le département des Peintures du musée du Louvre présente ses tableaux dans une salle qui porte son nom, la salle 844 de l’aile Richelieu, intitulée «  Autour de Rembrandt Harmensz van Rijn, dit Rembrandt (1606-1669) ». Y sont accrochés notamment «  Bethsabée au bain tenant la lettre du roi David », «  Le Bœuf écorché », «  Les Pèlerins d’Emmaüs » et l’«  Autoportrait au chevalet et à l’appuie-main de peintre ».

Trois siècles d’entrées dans les collections françaises

Les Rembrandt du Louvre n’y sont pas arrivés d’un bloc. «  Les Pèlerins d’Emmaüs » et l’«  Autoportrait au chevalet » portent des numéros INV et MR, marques des fonds les plus anciens de l’établissement. «  Le Bœuf écorché » entre en 1857. «  Bethsabée au bain », signée et datée 1654, appartenait au collectionneur Louis La Caze et rejoint l’État par son legs de 1869. Le dernier chapitre est contemporain: le «  Portrait de Oopjen Coppit en costume à la française » a été acquis par l’État français au terme d’une procédure engagée en 2015 et close en 2016, et porte le numéro d’inventaire RF 2016 2.

Un couple partagé entre deux pays

Le cas des portraits de Maerten Soolmans et d’Oopjen Coppit est unique dans les salles parisiennes. Les deux toiles forment un pendant conjugal, elles sont présentées ensemble salle 844 au Louvre, mais leur propriété est dissociée: la notice du Louvre indique que le portrait d’Oopjen Coppit appartient à l’État français, tandis que celui de Maerten Soolmans est propriété du Rijksmuseum d’Amsterdam. Voir le couple réuni à Paris suppose donc un accord permanent entre deux institutions nationales, ce qui en fait l’un des accrochages les plus singuliers du département des Peintures.

L’estampe et le dessin, l’autre Rembrandt parisien

La part gravée et dessinée de l’œuvre est elle aussi représentée à Paris, mais elle se consulte plus qu’elle ne se visite. Le département des Arts graphiques du Louvre conserve des estampes de Rembrandt, dont un «  Portrait de Rembrandt aux trois moustaches » resté jusqu’en 2017 dans le portefeuille n° 80 du baron Edmond de Rothschild, ainsi qu’un «  Autoportrait coiffé d’un béret orné d’une plume » inventorié RF 4663. La Fondation Custodia, rue de Lille, a de son côté annoncé la mise en ligne des dessins de Rembrandt et de son cercle dans sa Collection Online. Le musée Jacquemart-André, boulevard Haussmann, cite enfin Rembrandt parmi les maîtrès de sa collection permanente.

Où voir ses œuvres

Musée du Louvre — salle 844, aile Richelieu, département des Peintures (Paris) — Salle intitulée «  Autour de Rembrandt Harmensz van Rijn, dit Rembrandt (1606-1669) », où sont présentés Bethsabée (MI 957), Le Bœuf écorché (MI 169), Les Pèlerins d’Emmaüs (INV 1739), l’Autoportrait au chevalet (INV 1747) et le couple Soolmans-Coppit.

Musée du Louvre — département des Arts graphiques (Paris) — Conserve des estampes de Rembrandt, dont une pièce de la Réserve Edmond de Rothschild et l’«  Autoportrait coiffé d’un béret orné d’une plume » (RF 4663).

Fondation Custodia (Paris) — A annoncé l’intégration des dessins de Rembrandt et de son cercle à sa Collection Online.

Musée Jacquemart-André (Paris) — Cité Rembrandt parmi les maîtrès de la collection permanente de l’hôtel particulier du boulevard Haussmann.

Museum Het Rembrandthuis (Amsterdam) — Maison de la Jodenbreestraat où Rembrandt a vécu et travaillé dix-neuf ans, devenue musée.

Mauritshuis (La Haye) — Conserve «  La Leçon d’anatomie du docteur Nicolaes Tulp » (1632), exposée en salle 9.

Repères chronologiques

1606-07-15 — Naissance à Leyde, avant-dernier de dix enfants d’un meunier; la famille vit face au moulin «  De Rijn ».

1620 — Ses parents l’inscrivent à l’université de Leyde; il la quitte au bout de quelques mois pour entrer en apprentissage chez un peintre.

1624 — Séjour à Amsterdam pour une brève formation chez Pieter Lastman, puis retour à Leyde et atelier partagé avec Jan Lievens.

1631 — Installation à Amsterdam, chez le marchand d’art Hendrick van Uylenburgh; début de la décennie la plus faste de sa carrière.

1632 — Peint «  La Leçon d’anatomie du docteur Nicolaes Tulp », commandée pour la leçon donnée en janvier de cette année-là.

1633-06-06 — Fiançailles avec Saskia van Uylenburgh, cousine de son associé; le mariage est célébré en 1634.

1642 — Achève «  La Ronde de nuit » pour la salle de la guilde des arquebusiers d’Amsterdam; Saskia meurt la même année, à trente ans.

1654 — Signe et date «  Bethsabée au bain tenant la lettre du roi David », aujourd’hui au Louvre sous le numéro MI 957.

1658 — Déclaré en faillite à Amsterdam, après une baisse de production et des achats d’art compulsifs.

1668 — Son fils Titus, né en 1641, tombe malade et meurt, laissant le peintre seul pour ses derniers mois.

1669-10-04 — Mort à Amsterdam de cause inconnue; sa tombe se trouve dans la Westerkerk.

2016 — L’État français achève l’acquisition du «  Portrait de Oopjen Coppit en costume à la française », inventorié RF 2016 2 au Louvre.

Galerie

Rembrandt & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Rembrandt à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Où voir des tableaux de Rembrandt à Paris ?

Au musée du Louvre, dans la salle 844 de l'aile Richelieu intitulée « Autour de Rembrandt Harmensz van Rijn, dit Rembrandt (1606-1669) ». On y trouve « Bethsabée au bain tenant la lettre du roi David » (MI 957), « Le Bœuf écorché » (MI 169), « Les Pèlerins d'Emmaüs » (INV 1739) et l'« Autoportrait au chevalet et à l'appuie-main de peintre » (INV 1747).

Pourquoi les portraits de Maerten Soolmans et d'Oopjen Coppit sont-ils un cas à part ?

Parce que ce pendant conjugal est présenté ensemble salle 844 du Louvre alors que sa propriété est dissociée : selon les notices du musée, le portrait d'Oopjen Coppit appartient à l'État français et porte le numéro RF 2016 2, tandis que celui de Maerten Soolmans est la propriété du Rijksmuseum d'Amsterdam.

Combien d'eaux-fortes Rembrandt a-t-il gravées ?

Le Rijksmuseum en compte 314, réalisées sur plaques de cuivre entre 1627 et 1665. Rembrandt enduisait le cuivre d'un mélange de résine et de cire d'abeille, dessinait à la pointe, mordait les traits à l'acide, puis encrait et imprimait sous presse, en reprenant souvent la plaque d'un état à l'autre.

Rembrandt a-t-il fait le voyage d'Italie ?

Non. Contrairement au conseil donné à tous les jeunes peintres de son temps, il n'est jamais allé étudier l'art italien sur place, estimant pouvoir apprendre tout ce dont il avait besoin à partir des œuvres disponibles dans son propre pays ; l'influence du Caravage lui parvient par les estampes et par ses confrères plus voyageurs.

Quel âge avait Rembrandt quand il a peint « La Leçon d'anatomie du docteur Nicolaes Tulp » ?

Vingt-cinq ans. Le Mauritshuis précise que la toile de 1632 fut commandée pour la leçon d'anatomie donnée par le docteur Nicolaes Tulp en janvier de cette année-là, et que le jeune peintre y montra les chirurgiens en action, chacun regardant dans une direction différente.

Qu'est-ce qui rend « La Ronde de nuit » différente des autres portraits de groupe ?

Rembrandt fut le premier à peindre les figures d'un portrait de groupe en train de faire quelque chose : le capitaine ordonne à son lieutenant de mettre la compagnie en marche. La toile, la plus grande de l'artiste, mesure 379,5 sur 453,5 centimètrès et fut réalisée en 1642 pour la salle de la guilde des arquebusiers d'Amsterdam.