Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Richard Prince dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Richard Prince, né en 1949 dans la Zone du canal de Panama et installé à New York, a bâti une œuvre entière sur un geste minimal: reprendre une image déjà publiée et la signer.
Richard Prince naît en 1949 dans la Zone du canal de Panama, une donnée biographique que reprennent aussi bien les notices d’œuvres du Centre Pompidou que la biographie publiée par l’artiste lui-même, laquelle précise qu’il vit et travaille à New York.
Cette page sert surtout à situer Richard Prince dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Richard Prince naît en 1949 dans la Zone du canal de Panama, une donnée biographique que reprennent aussi bien les notices d’œuvres du Centre Pompidou que la biographie publiée par l’artiste lui-même, laquelle précise qu’il vit et travaille à New York. Ce point de départ hors du territoire continental américain, chez un artiste dont toute la matière sera l’imagerie des États-Unis, structure la lecture de son travail: l’Amérique lui parvient d’abord sous forme de magazines, de publicités et de récits imprimés.
Le Walker Art Center rappelle que Prince débute comme peintre figuratif et qu’il commence, vers 1975, à composer des collages mêlant photographies et textes. En 1977, il produit une série de quatre photographies de salons prélevés dans les pages du New York Times. Cet acte de rephotographie fait vaciller, selon le musée, les présupposés les plus élémentaires sur la paternité d’une image, l’authenticité du document photographique, la propriété des images publiques et la nature même de l’invention.
L’Albertina résume la série qui a rendu Prince célèbre: les Cowboys, rephotographies d’annonces publicitaires pour les cigarettes Marlboro, cadrées selon des points de vue différents de la prise de vue d’origine, deviennent des commentaires critiques sur le mythe, la masculinité et les mécanismes médiatiques. Le Metropolitan Museum of Art conserve un Untitled (cowboy) de 1989, tirage chromogène de 127 sur 177,8 centimètrès, acquis en 2000 sous le numéro d’inventaire 2000.272 au département des photographies.
En 1983, Prince expose sous le titre Spiritual America une photographie appropriée montrant l’actrice Brooke Shields, alors âgée de dix ans, debout dans un bain. Le Walker Art Center note que le titre renvoie à une photographie homonyme d’Alfred Stieglitz. Le Whitney Museum of American Art, qui conserve l’épreuve sous le numéro 91.86.2, mentionne explicitement dans ses conditions de reproduction que l’œuvre repose sur une photographie de Gary Gross. Le Centre Pompidou détient pour sa part Spiritual America IV, reprise de 2005.
À partir de 1986, la série des Jokes transcrit sur la toile des plaisanteries de comiques de scène: le Walker Art Center y voit une chronique des fantasmes et des frustrations sexuelles de l’Amérique, révélatrice de la face sombre du pays. Le site de l’artiste range son travail pictural en ensembles nommés — Canal Zone, Nurses, Tiffany, de Kooning, Check Paintings, White Paintings — tandis que l’Albertina présente en 2026 les séries Fashion, Gangs et Cowboys. Chez Prince, l’unité de travail n’est jamais l’œuvre isolée mais la série.
Les œuvres de la série Canal Zone, exposées en 2008 à la galerie Gagosian de New York, reprenaient des photographies du livre Yes Rasta de Patrick Cariou. En première instance, l’artiste est condamné; en 2013, la cour d’appel fédérale du deuxième circuit juge que vingt-cinq des trente œuvres litigieuses relèvent du fair use parce qu’elles sont transformatives, et renvoie l’examen des cinq autres devant la juridiction inférieure. La décision fait de Prince un cas d’école du droit d’auteur américain.
En septembre et octobre 2014, la galerie Gagosian du 976 Madison Avenue à New York présente New Portraits, où des publications d’Instagram, commentaires compris, sont imprimées au jet d’encre sur toile; l’Untitled (Portrait) de 2014 exposé alors mesure 167 sur 123,8 centimètrès. Trente-sept ans après les salons découpés dans le New York Times, le procédé n’a pas changé de nature: seul le gisement d’images a migré du papier vers les réseaux sociaux.
Médiums: photographie (tirages chromogènes, épreuves Ektacolor), peinture, dessin (stylo-bille et mine graphite), impression jet d’encre sur toile, collage, sculpture.
Techniques: rephotographie d’images déjà publiées, recadrage éliminant le texte publicitaire, appropriation de contenus imprimés et de publications de réseaux sociaux, travail en séries répétées sur plusieurs décennies.
Motifs récurrents: paternité et originalité de l’image, mythologie américaine et masculinité, publicité et société de consommation, contre-cultures américaines d’après-guerre, célébrité, désir et pathologie de l’Amérique moyenne.
Les Éditions de la Bibliothèque nationale de France présentent American Prayer comme la première grande exposition consacrée à Richard Prince à Paris. Placée sous la direction de Robert M. Rubin et de Marie Minssieux-Chamonard, elle empruntait son titre au poème écrit en 1970 par Jim Morrison et faisait dialoguer les œuvres de l’artiste avec sa collection dite « beathippiepunk » — manuscrits, éditions originales, archives et objets — présentée comme la plus importante en mains privées, sous la conduite de Jack Kerouac, William Burroughs et Allen Ginsberg. Le site de l’artiste situe l’exposition au printemps 2011.
Le Musée national d’art moderne conserve Spiritual America IV, épreuve chromogène de 2005 mesurant 227,3 sur 180,3 centimètrès, tirage 2/6, entrée en 2022 par un don des American Friends of the Centre Pompidou et rattachée au Cabinet de la photographie sous le numéro AM 2022-1001. Il détient également Untitled (once upon a time...), dessin de 1996 au stylo-bille et à la mine graphite sur papier, de 28,5 sur 38 centimètrès, issu de la donation de la collection Florence et Daniel Guerlain en 2012 et inventorié AM 2012-850.
La liste d’expositions tenue sur le site de l’artiste documente une présence parisienne récurrente en dehors des institutions: la Galerie Patrick Seguin l’accueille du 23 octobre au 29 novembre 2008, Gagosian Paris présente l’accrochage intitulé de Kooning du 30 mars au 21 mai 2011 — soit en même temps que l’exposition de la Bibliothèque nationale de France — et la galerie Almine Rech montre New Figures du 20 octobre au 20 décembre 2014. Paris apparaît ainsi comme la place européenne où son travail a été le plus souvent visible.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve deux œuvres de l’artiste: Spiritual America IV (2005) et Untitled (once upon a time...) (1996).
Bibliothèque nationale de France (Paris) — A accueilli en 2011 American Prayer, présentée par l’éditeur de la BnF comme sa première grande exposition parisienne.
Albertina Museum (Vienne) — Consacre à l’artiste une exposition d’environ 150 œuvres du 17 avril au 16 août 2026.
Fondazione Prada (Venise) — Présente en 2026 Helter Skelter: Richard Prince and Arthur Jaffa, du 9 mai au 23 novembre.
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve Untitled (cowboy) (1989), acquis en 2000.
Whitney Museum of American Art (New York) — Conserve Spiritual America (1983), don anonyme, non exposé au moment de la consultation.
1949 — Naissance de Richard Prince dans la Zone du canal de Panama.
1977 — Première série de rephotographies: quatre salons prélevés dans le New York Times.
1983 — Exposition de Spiritual America, aujourd’hui conservée au Whitney Museum of American Art.
1986 — Début de la série des Jokes, plaisanteries de scène transposées en peinture.
1989 — Untitled (cowboy), tirage chromogène acquis en 2000 par le Metropolitan Museum of Art.
2011 — American Prayer à la Bibliothèque nationale de France, première grande exposition parisienne.
2012 — Le dessin Untitled (once upon a time...) entre au Centre Pompidou par la donation Guerlain.
2013 — Arrêt Cariou contre Prince: la série Canal Zone jugée majoritairement transformative.
2014-09 — Ouverture de New Portraits chez Gagosian, publications Instagram imprimées sur toile.
2022 — Spiritual America IV rejoint le Cabinet de la photographie du Centre Pompidou.
2026-04 — Ouverture de la rétrospective photographique de l’Albertina, à Vienne.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Richard Prince à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que son matériau est l'image d'autrui, déjà publiée. Le Walker Art Center date de 1977 sa première série de rephotographies, quatre intérieurs prélevés dans le New York Times, un geste qui met en cause la paternité de l'image, l'authenticité photographique et la propriété des images diffusées publiquement.
Ce sont des rephotographies d'annonces publicitaires pour les cigarettes Marlboro, recadrées selon des angles différents de la prise de vue d'origine ; l'Albertina y lit une réflexion critique sur le mythe américain, la masculinité et la représentation médiatique. Le Metropolitan Museum of Art en conserve un exemplaire de 1989.
Une photographie appropriée de Brooke Shields à dix ans, debout dans un bain, exposée par Prince en 1983 ; le titre fait écho à une image d'Alfred Stieglitz. Le Whitney Museum, qui la conserve, indique dans ses mentions de droits que l'œuvre repose sur une photographie de Gary Gross.
Oui : le Centre Pompidou conserve Spiritual America IV, épreuve chromogène de 2005 donnée par les American Friends of the Centre Pompidou en 2022, ainsi qu'un dessin de 1996, Untitled (once upon a time...), issu de la donation Florence et Daniel Guerlain. La présentation en salle dépend des accrochages du moment.
Oui. Les Éditions de la BnF décrivent American Prayer, en 2011, comme sa première grande exposition parisienne. Le site de l'artiste recense aussi la Galerie Patrick Seguin en 2008, Gagosian Paris au printemps 2011 avec l'accrochage de Kooning, puis Almine Rech avec New Figures à l'automne 2014.
Les œuvres de la série Canal Zone, montrées chez Gagosian en 2008, reprenaient des photographies du livre Yes Rasta de Patrick Cariou. En 2013, la cour d'appel du deuxième circuit a jugé transformatives, donc couvertes par le fair use, vingt-cinq des trente œuvres en cause, et renvoyé les cinq restantes devant la juridiction de première instance.