Exposition Paris

Exposition Roy Lichtenstein

Roy Lichtenstein (New York, 1923 – New York, 1997) a fait de la trame d’imprimerie et de la vignette de bande dessinée la matière même de la peinture.

Qui est Roy Lichtenstein ?

Né le 27 octobre 1923 à New York, fils d’un courtier en immobilier et d’une pianiste de formation, Roy Lichtenstein sort de la Franklin School for Boys en 1940 et suit l’enseignement de Reginald Marsh à l’Art Students League.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Roy Lichtenstein dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Un peintre formé bien avant le Pop

Né le 27 octobre 1923 à New York, fils d’un courtier en immobilier et d’une pianiste de formation, Roy Lichtenstein sort de la Franklin School for Boys en 1940 et suit l’enseignement de Reginald Marsh à l’Art Students League. Il gagne ensuite l’université d’État de l’Ohio, où il obtient son BFA puis une maîtrise en 1949. Incorporé en février 1943, il est envoyé en Europe en 1945 et sert dans l’infanterie en France, en Belgique et en Allemagne. Il enseigne à Ohio State à partir de 1946, à l’université d’État de New York à Oswego en 1957, puis au Douglass College de Rutgers en septembre 1960.

Juin 1961: la vignette devient tableau

La rupture est datée par la fondation de l’artiste: en juin 1961, Lichtenstein choisit de reproduire le langage du dessin humoristique en écartant tout ce qui relève de l’expressionnisme. Naissent alors «  Look Mickey », «  Popeye », «  The Engagement Ring », «  Girl with Ball » et «  Step-on Can with Leg ». La galerie Leo Castelli accroche ses peintures inspirées des comic books du 10 février au 3 mars 1962: l’accrochage est vendu en totalité et rend le peintre aussitôt notoire. Il quitte définitivement l’enseignement en 1964 pour se consacrer à son atelier.

Du point Benday au commentaire sur l’histoire de l’art

Lichtenstein s’approprie la trame Benday, ce pointillé mécanique de la gravure commerciale, pour rendre matières et dégradés sans modelé. À partir du milieu des années 1960, il en tire des séries entières: les «  Brushstroke », qui figent en aplat le coup de pinceau gestuel, les «  Mirror », les «  Entablature ». Dans les années 1970 il traverse le cubisme, le futurisme, le purisme et le surréalisme, et ouvre la voie aux sculptures de bronze peint. Ses toiles de cette période sont cataloguées par l’Art Institute of Chicago comme «  huile et Magna sur toile », du nom de la peinture acrylique qu’il employait.

Les dernières séries et la relecture des maîtrès

Les années 1990 sont celles des «  Interiors », des «  Nudes » et des «  Chinese Landscapes ». La Tate conserve un ensemble où se lisent ces derniers chapitres: les cinq «  Reflections » de 1990, qui simulent le reflet d’une vitre sur l’image, les «  Water Lilies » de 1992 en hommage explicite à Monet, ou encore «  Modern Art II » de 1996. Le Centre Pompidou souligne que l’artiste puise autant dans l’imagerie populaire que chez «  les maîtrès modernes, de Monet à Picasso, Matisse ou Mondrian » et dans l’estampe japonaise. Il meurt le 29 septembre 1997 à New York, à 73 ans, des suites d’une pneumonie.

Une œuvre tenue par sa fondation

La Roy Lichtenstein Foundation publie et met à jour un catalogue raisonné numérique qui recense plus de cinq mille œuvres — peintures, sculptures, dessins, collages, estampes, commandes — dont les sélections présentées courent de 1949 à 1996, et qui comporte aussi une chronologie, la liste des ateliers et la bibliothèque personnelle de l’artiste. Les archives réunies par le peintre et son atelier représentent environ un demi-million de documents; depuis 2018, elles font l’objet d’une collaboration de long terme avec les Archives of American Art de la Smithsonian Institution.

La pratique en bref

Médiums: peinture à l’huile et Magna sur toile, sculpture en bronze peint, estampe et sérigraphie, dessin, émail, céramique.

Techniques: trame Benday reproduite à la main, cerne noir et aplats de couleur primaire, appropriation de vignettes de bande dessinée, citation de tableaux de maîtrès modernes.

Motifs récurrents: imagerie de la bande dessinée et de la publicité, guerre et romance des comics, le geste pictural pris comme motif, reflets et surfaces, relecture de Monet, Picasso, Matisse et Mondrian, paysage et estampe japonaise.

Juin 1963: Paris, sa première exposition personnelle hors des États-Unis

Le catalogue raisonné de la Roy Lichtenstein Foundation date précisément l’événement: du 5 au 30 juin 1963, la galerie Ileana Sonnabend, 37 quai des Grands-Augustins, présente une exposition personnelle intitulée «  Roy Lichtenstein ». C’est la première fois que le peintre est montré seul en dehors des États-Unis, et l’accrochage voyage ensuite à la Galleria il Punto Arte Moderna de Turin, du 23 décembre 1963 au 23 janvier 1964. Deux ans plus tard, le 10 juin 1965, la même galerie parisienne lui consacre un nouvel accrochage, documenté par les photographies de Harry Shunk et Shunk-Kender conservées dans les collections de recherche du Getty.

Été 2013: la rétrospective du Centre Pompidou

Du 3 juillet au 4 novembre 2013, le Centre Pompidou réunit 124 peintures, sculptures et estampes sous le commissariat de Camille Morineau, conservatrice au Musée national d’art moderne, et de Hanna Alkema, coordinatrice de recherche. L’accrochage constitue la quatrième étape d’une tournée organisée avec l’Art Institute of Chicago et la Tate de Londres, après une présentation à Washington. L’étape parisienne insiste sur le versant le moins commenté de l’œuvre — sculptures, gravures, émaux et céramiques — et sur les emprunts de l’artiste aux maîtrès modernes comme à l’estampe japonaise.

Lichtenstein dans la collection du Musée national d’art moderne

La notice consacrée à l’artiste par le Centre Pompidou le présente comme un peintre américain né et mort à New York, et donne accès à un ensemble d’œuvres conservées au Musée national d’art moderne: «  Hot Dog » (1964), «  Modular Painting with Four Panels, #4 » (1969), l’affiche «  Knock, Knock » (1975) et «  Interior with Chair » (1997). S’y ajoute une œuvre collective sans titre de 1997 réalisée avec Jasper Johns, Ellsworth Kelly, Joseph Kosuth, Bruce Nauman, Robert Rauschenberg, James Rosenquist, Ed Ruscha et Richard Serra. Le musée diffuse par ailleurs des ressources vidéo sur «  Crying Girl » (1964) et la «  Bull Profile Series » (1973).

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve «  Hot Dog » (1964), «  Modular Painting with Four Panels, #4 » (1969) et «  Interior with Chair » (1997); a produit la rétrospective du 3 juillet au 4 novembre 2013. Le bâtiment de la place Georges-Pompidou est fermé pour travaux, l’institution annonçant une programmation hors les murs «  de 2025 à 2030 ».

Galerie Ileana Sonnabend, 37 quai des Grands-Augustins (Paris) — Lieu de sa première exposition personnelle hors des États-Unis, du 5 au 30 juin 1963, puis d’un second accrochage en juin 1965. La galerie n’existe plus: il s’agit d’un jalon historique, pas d’un lieu de visite.

Tate, Londres (Londres) — Conserve «  Whaam! » (1963) et un ensemble d’une cinquantaine d’œuvres, dont les «  Reflections » de 1990 et «  Modern Art II » (1996); coproductrice de la rétrospective itinérante reprise à Paris en 2013.

Art Institute of Chicago (Chicago) — Conserve «  Brushstroke with Spatter » (1966), «  Mirror #3 (Six Panels) » (1971) et «  Artist’s Studio “Foot Medication” » (1974); coorganisateur de la rétrospective reprise au Centre Pompidou.

Repères chronologiques

1923-10-27 — Naissance de Roy Lichtenstein à New York, d’un père courtier en immobilier et d’une mère pianiste de formation.

1943-02 — Incorporé dans l’armée américaine; il rejoint l’Europe en 1945 et sert dans l’infanterie en France, en Belgique et en Allemagne.

1949 — Obtient sa maîtrise à l’université d’État de l’Ohio, où il avait déjà passé son BFA et enseigné dès 1946.

1961-06 — Décide d’imiter le style de la bande dessinée sans texture ni ligne calligraphique: naissent «  Look Mickey », «  Popeye » et «  Girl with Ball ».

1962-02-10 — Première exposition de ses peintures de comic books à la galerie Leo Castelli, jusqu’au 3 mars; l’accrochage est vendu en totalité.

1963-06-05 — Première exposition personnelle hors des États-Unis, galerie Ileana Sonnabend à Paris, jusqu’au 30 juin.

1965-06-10 — Nouvel accrochage parisien chez Ileana Sonnabend, documenté par les photographies de Shunk-Kender conservées au Getty.

1997-09-29 — Mort de Roy Lichtenstein à New York, à 73 ans, des suites d’une pneumonie.

2013-07-03 — Ouverture au Centre Pompidou d’une rétrospective de 124 œuvres, présentée jusqu’au 4 novembre 2013.

2018 — La Roy Lichtenstein Foundation engage une collaboration de long terme avec les Archives of American Art de la Smithsonian Institution.

Roy Lichtenstein & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Roy Lichtenstein à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi les tableaux de Roy Lichtenstein sont-ils couverts de points ?

Parce qu'il s'est approprié la trame Benday, ce pointillé mécanique minuscule utilisé dans la gravure commerciale pour rendre les textures et les dégradés de couleur. Reproduite à la main sur la toile, elle remplace le modelé du peintre par un procédé d'imprimeur.

Quand Roy Lichtenstein a-t-il exposé pour la première fois à Paris ?

Du 5 au 30 juin 1963, à la galerie Ileana Sonnabend, 37 quai des Grands-Augustins. C'était sa première exposition personnelle en dehors des États-Unis ; elle a ensuite voyagé à Turin, à la Galleria il Punto Arte Moderna, du 23 décembre 1963 au 23 janvier 1964.

Peut-on voir des œuvres de Lichtenstein dans une collection publique parisienne ?

Oui : le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, conserve notamment « Hot Dog » (1964), « Modular Painting with Four Panels, #4 » (1969), l'affiche « Knock, Knock » (1975) et « Interior with Chair » (1997). Leur présentation dépend des accrochages en cours.

Qu'est-ce que la « Magna » indiquée dans le cartel de ses toiles ?

C'est la peinture qu'il employait avec l'huile : les notices de l'Art Institute of Chicago cataloguent « Brushstroke with Spatter » (1966) ou « Artist's Studio “Foot Medication” » (1974) comme des « huile et Magna sur toile ». Elle donne des aplats nets, sans empâtement.

Lichtenstein a-t-il peint autre chose que des cases de bande dessinée ?

Largement : après les comics viennent les « Brushstroke », les « Mirror » et les « Entablature », les traversées du cubisme, du futurisme et du surréalisme dans les années 1970, les bronzes peints, puis les « Interiors », « Nudes » et « Chinese Landscapes » des années 1990.

Que montrait la rétrospective du Centre Pompidou en 2013 ?

Cent vingt-quatre peintures, sculptures et estampes, du 3 juillet au 4 novembre 2013, sous le commissariat de Camille Morineau et Hanna Alkema. Quatrième étape d'une tournée menée avec l'Art Institute of Chicago et la Tate, elle insistait sur les œuvres en trois dimensions.