Exposition Paris

Exposition Sandro Botticelli

Fils d’un tanneur florentin, Alessandro Filipepi passe à la postérité sous le surnom de Botticelli, tiré de «  botticello », le petit tonneau.

Qui est Sandro Botticelli ?

Alessandro di Mariano Filipepi naît à Florence vers 1445 dans la famille d’un tanneur. Le surnom qui l’a rendu célèbre, «  Botticelli », dérive de «  botticello », le petit tonneau.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Sandro Botticelli dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Un fils de tanneur devenu «  Botticelli »

Alessandro di Mariano Filipepi naît à Florence vers 1445 dans la famille d’un tanneur. Le surnom qui l’a rendu célèbre, «  Botticelli », dérive de «  botticello », le petit tonneau. La National Gallery rapporte l’image d’un enfant vif, moqueur, vite lassé de l’école, que l’on retire des bancs pour le placer en apprentissage dès que son don se manifeste. On considère qu’il se forme d’abord auprès de l’orfèvre Maso Finiguerra avant d’entrer dans l’atelier de Fra Filippo Lippi; il commence sa carrière en peignant des fresques pour des églises florentines et travaille aux côtés du peintre-graveur Antonio del Pollaiuolo. Dès 1470, il tient son propre atelier.

L’atelier, la confrérie et le cercle des Médicis

En 1472, Botticelli rejoint la Compagnia di San Luca, la confrérie des peintres florentins. Il prend comme apprenti Filippino Lippi, le fils de son maître disparu, et rompt avec l’usage en achevant lui-même «  L’Adoration des Mages » commencée par son élève — d’ordinaire, c’est l’apprenti qui termine le tableau du maître. L’apprentissage chez Fra Filippo lui a ouvert un réseau de commanditaires: son maître avait travaillé pour les grandes familles florentines, Médicis compris. Botticelli passera l’essentiel de sa vie au service de cette famille et de ses proches, pour lesquels il peint ses grandes compositions profanes, dont la «  Primavera » aujourd’hui aux Offices.

1481: l’appel de Rome et la chapelle Sixtine

La chapelle Sixtine tire son nom du pape Sixte IV della Rovere, qui fit restaurer entre 1477 et 1480 l’ancienne Cappella Magna. Le décor des murs — fausses tentures, Histoires de Moïse sur le mur sud, Histoires du Christ sur le mur nord, galerie de portraits de papes — fut confié à une équipe réunissant d’abord Pietro Perugino, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio et Cosimo Rosselli. Convoqué en 1481, Botticelli y peint des scènes de la Vie de Moïse et des Tentations du Christ ainsi que plusieurs portraits pontificaux. La National Gallery souligne que ce chantier reste la seule occasion connue où le peintre ait travaillé hors de Florence: il rentre dès l’année suivante.

Les mythologies et la commande Tornabuoni

Les années 1478-1490 correspondent à la phase la plus féconde du peintre: c’est alors qu’il produit ses grandes mythologies, «  La Naissance de Vénus » des Offices comme «  Vénus et Mars » de la National Gallery. La décoration profane le mène aussi chez les particuliers: les deux fresques du Louvre ornaient, avec une troisième restée en place et détruite, les parois d’une chambre du premier étage de la villa Lemmi, au Chiasso dei Macerelli près de Florence, propriété de la famille Tornabuoni entre 1469 et 1541. L’identité des jeunes gens représentés reste discutée; la majorité des spécialistes y reconnaît Lorenzo Tornabuoni et Giovanna degli Albizzi, mariés en 1486.

La fin de siècle, l’inquiétude et Dante

L’atmosphère change à Florence dans la dernière décennie du siècle. La «  Nativité mystique » de la National Gallery, datée 1500, porte une inscription en grec qui évoque «  les troubles de l’Italie »: allusion à l’invasion française — Naples prise en 1494, Milan en 1499 — et aux déchirements internes de Florence, que Botticelli rapproche des bouleversements annoncés par l’Apocalypse. Parallèlement, il consacre des années à un cycle de dessins pour la «  Divine Comédie » de Dante; le Kupferstichkabinett de Berlin conserve ces feuilles, dont «  Dante et Virgile dans le huitième cercle de l’Enfer » (Enfer XVIII), datée d’après 1480-1495. Il meurt à Florence en 1510.

La pratique en bref

Médiums: tempera sur bois, tempera sur toile, fresque (buon fresco) sur enduit, dessin sur parchemin et papier.

Techniques: tempera grassa sur panneau de bois, buon fresco détaché de son mur d’origine puis remonté, dessin de contour rehaussé, hérité d’une première formation d’orfèvre, grands formats profanes de type spalliera, panneaux encastrés dans le lambris d’une chambre.

Motifs récurrents: mythologie antique relue par l’humanisme florentin (Vénus, les Grâces, Zéphyr, Flore, Mercure), Vierge à l’Enfant et retables de dévotion, allégorie du mariage et des vertus dans le décor domestique, eschatologie chrétienne et inquiétude politique de la fin du Quattrocento, illustration littéraire, en particulier Dante.

Deux fresques Tornabuoni au Louvre, aile Denon

Le Louvre expose salle 706 de l’aile Denon, dite Percier et Fontaine, deux fresques de Botticelli détachées de la villa Lemmi: «  Vénus et les trois Grâces offrant des présents à une jeune fille » (RF 321, 2,11 × 2,83 m) et «  Un jeune homme présenté par Vénus (?) aux sept Arts Libéraux » (RF 322, 2,37 × 2,69 m), toutes deux en buon fresco sur enduit. Le musée en retrace le parcours: découvertes en 1873 dans la villa alors propriété de P. Lemmi, restées en place jusqu’en 1881, passées entre les mains du marchand florentin Stefano Bardini, puis acquises de ce dernier en 1882 par l’entremise de Charles Ephrussi. Le fonds parisien ne se limite pas à elles: la recherche «  Botticelli » dans les collections du Louvre renvoie 85 notices rattachées au nom du peintre, majoritairement des dessins et des feuilles d’atelier, d’école ou de copie.

Le boulevard Haussmann: Botticelli chez Nélie Jacquemart et Édouard André

Au 158 boulevard Haussmann, le musée Jacquemart-André conserve dans son hôtel particulier deux tableaux donnés à Botticelli, «  La Fuite en Égypte » et une «  Vierge à l’enfant », voisinant avec le Pérugin, Bellini, Mantegna, Donatello et Uccello dans ce que le musée présente comme la plus belle collection privée d’œuvres d’art de Paris. Cette proximité avec le peintre florentin n’est pas seulement patrimoniale: c’est le même musée qui a organisé en 2021 l’exposition «  Botticelli, artiste et designer », dont le catalogue publié par Culturespaces et le Fonds Mercator figure dans la bibliographie établie par le Louvre pour ses propres fresques de la villa Lemmi.

Où voir ses œuvres

Musée du Louvre (Paris) — Conserve et expose en permanence les deux fresques de la villa Lemmi (RF 321, RF 322), aile Denon, salle 706 Percier et Fontaine; 85 notices au nom de Botticelli dans les collections.

Musée Jacquemart-André (Paris) — Présente dans sa collection permanente «  La Fuite en Égypte » et une «  Vierge à l’enfant » attribuées à Botticelli; a consacré au peintre l’exposition «  Botticelli, artiste et designer » en 2021.

Gallerie degli Uffizi (Florence) — Conservent «  La Naissance de Vénus » et la «  Primavera », toutes deux salle A9.

The National Gallery (Londres) — Conserve «  Vénus et Mars » (NG915, salle 62) et la «  Nativité mystique » datée 1500.

Chapelle Sixtine, Musei Vaticani (Rome (Vatican)) — Conserve in situ les fresques du registre du XVe siècle auxquelles Botticelli a participé à partir de 1481.

Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin (Berlin) — Conserve le cycle de dessins pour la «  Divine Comédie », dont «  Dante et Virgile dans le huitième cercle de l’Enfer ».

Repères chronologiques

1445 — Naissance à Florence d’Alessandro di Mariano Filipepi, fils d’un tanneur — le Louvre indique «  vers 1445 ».

1470 — Botticelli dirige son propre atelier à Florence, après une formation chez l’orfèvre Maso Finiguerra puis chez Fra Filippo Lippi.

1472 — Adhésion à la Compagnia di San Luca, la confrérie des peintres florentins; Filippino Lippi entre comme apprenti dans son atelier.

1477-1480 — Sixte IV fait restaurer l’ancienne Cappella Magna du Vatican, qui devient la chapelle Sixtine et attend son décor peint.

1480 — Datation retenue par les Offices pour la «  Primavera », tempera grassa sur bois de 207 × 319 cm, inv. 1890 n. 8360.

1481 — Appelé à Rome par le pape, Botticelli rejoint l’équipe du décor mural de la chapelle Sixtine avec Pérugin, Ghirlandaio et Rosselli.

1485 — Datation retenue par les Offices pour «  La Naissance de Vénus » et par la National Gallery pour «  Vénus et Mars ».

1486 — Mariage de Lorenzo Tornabuoni et Giovanna degli Albizzi, couple que la plupart des spécialistes reconnaissent dans les fresques de la villa Lemmi.

1500 — Date portée sur la «  Nativité mystique » de la National Gallery, dont l’inscription grecque évoque les troubles de l’Italie.

1510 — Mort de Botticelli à Florence, selon la fiche d’autorité du Louvre et la notice d’artiste de la National Gallery.

1873 — Découverte des fresques de Botticelli dans la villa Lemmi, près de Florence; elles resteront en place jusqu’en 1881.

1882 — Achat des deux fresques de la villa Lemmi par le Louvre auprès du marchand Stefano Bardini, par l’entremise de Charles Ephrussi.

2021 — Exposition «  Botticelli, artiste et designer » au musée Jacquemart-André, à Paris, avec catalogue Culturespaces / Fonds Mercator.

Galerie

Sandro Botticelli & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Sandro Botticelli à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Peut-on voir des œuvres de Botticelli à Paris ?

Oui. Le Louvre expose salle 706 de l'aile Denon deux fresques détachées de la villa Lemmi, « Vénus et les trois Grâces offrant des présents à une jeune fille » (RF 321) et « Un jeune homme présenté par Vénus (?) aux sept Arts Libéraux » (RF 322). Le musée Jacquemart-André conserve pour sa part « La Fuite en Égypte » et une « Vierge à l'enfant ».

D'où viennent les fresques de Botticelli conservées au Louvre ?

Elles décoraient une chambre du premier étage de la villa Lemmi, au Chiasso dei Macerelli près de Florence, propriété de la famille Tornabuoni entre 1469 et 1541. Redécouvertes en 1873, laissées en place jusqu'en 1881, elles passent chez le marchand florentin Stefano Bardini avant d'être achetées par le Louvre en 1882 par l'entremise de Charles Ephrussi.

La Naissance de Vénus est-elle exposée à Paris ?

Non. « La Naissance de Vénus », tempera sur toile de 172,5 × 278,5 cm datée de 1485 environ, appartient aux Gallerie degli Uffizi à Florence, où elle porte le numéro d'inventaire 1890 n. 878 et est présentée salle A9, aux côtés de la « Primavera ». Paris n'en conserve que des relevés et des dessins d'après l'original.

Pourquoi Alessandro Filipepi est-il appelé Botticelli ?

Le peintre est né Alessandro di Mariano Filipepi, fils d'un tanneur florentin. Le surnom « Botticelli » vient de « botticello », le petit tonneau. Ce sobriquet a supplanté le patronyme dans l'usage courant comme dans les notices de musée, où l'artiste reste indexé sous son nom complet suivi de la mention « dit Botticelli ».

Botticelli a-t-il travaillé ailleurs qu'à Florence ?

Une seule fois de façon documentée : appelé par Sixte IV en 1481, il rejoint l'équipe chargée du décor mural de la chapelle Sixtine avec Pérugin, Ghirlandaio et Cosimo Rosselli, et y peint des scènes de la Vie de Moïse, des Tentations du Christ et des portraits de papes. Il regagne Florence dès l'année suivante.

Que signifie l'inscription grecque de la Nativité mystique ?

Datée 1500, la « Nativité mystique » de la National Gallery porte une inscription grecque qui évoque « les troubles de l'Italie » — l'invasion française, avec Naples prise en 1494 et Milan en 1499, et les luttes intestines de Florence. Botticelli rapproche ces événements des bouleversements annoncés par l'Apocalypse, dont le tableau reprend l'imagerie.