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Cette page sert surtout à situer Sarah Lucas dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Sarah Lucas, née en 1962 à Londres, est l’une des figures les plus frontales de la scène britannique contemporaine.
Sarah Lucas suit l’enseignement du Goldsmiths College de 1984 à 1987, puis expose en 1988 dans « Freeze », l’accrochage organisé par Damien Hirst devenu le point de départ mythifié des Young British Artists.
Cette page sert surtout à situer Sarah Lucas dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Sarah Lucas suit l’enseignement du Goldsmiths College de 1984 à 1987, puis expose en 1988 dans « Freeze », l’accrochage organisé par Damien Hirst devenu le point de départ mythifié des Young British Artists. Cette génération partage un rapport désinvolte et audacieux aux matériaux et aux images, et bouscule durablement le milieu artistique britannique. Ses premières pièces sont faites de doubles pages de tabloïds — « Sod You Gits », « Fat, Forty and Flab-ulous » (1990) — où l’insinuation grivoise et le jeu de mots servent déjà un propos féministe sur la fabrique des images du corps féminin.
La chaise est chez Sarah Lucas un personnage à part entière: « Je me suis décidée à accrocher l’exposition principalement sur des chaises. Un peu de la même manière que j’accroche des sculptures sur des chaises », dit-elle. « The Old Couple » (1992) réunit deux sièges, un pénis de cire et un dentier; « Hysterical Attack (Eyes) » et « Hysterical Attack (Mouths) », toutes deux de 1999, ont été présentées lors de son intervention au Freud Museum en 2000. Les collants bourrés donnent quant à eux les sculptures molles qui font sa signature, de « Bunny » (1997), montrée dans « Sensation » à la Royal Academy of Arts la même année, à « Mumum » (2012).
Dès 1990, avec « Eating a Banana », Sarah Lucas se photographie elle-même en adoptant des postures associées aux codes masculins, brouillant volontairement les repères de genre. Ces autoportraits, agrandis en papiers peints à la Tate Britain, surplombaient ses sculptures et instauraient un dialogue entre l’artiste jeune et l’artiste d’aujourd’hui. La série « Red Sky » (2018) prolonge ce fil. Le Centre Pompidou conserve « Human Toilet Revisited » (1998), épreuve chromogène de 156,2 × 152,4 cm entrée par don des American Friends of the Centre Pompidou en 2024, où la cuvette de toilettes devient socle et prothèse du corps photographié.
En 2015, Sarah Lucas représente le Royaume-Uni à la 56e Biennale de Venise: les moulages en plâtre de « Pauline, Sadie and Me (Bar Stool) » y sont montrés pour la première fois, avant d’être réunis de nouveau à la Tate Britain. Cette période marque un basculement matériel majeur pour une artiste qui travaillait jusque-là avec ce qui lui tombait sous la main: le mobilier coulé en béton comme « Eames Chair » (2015), les formes phalliques fondues en bronze comme « DICK ’EAD » (2018), ou les légumes géants en béton « Florian » et « Kevin » (2013), installés sur la pelouse devant la Tate Britain.
Du 28 septembre 2023 au 14 janvier 2024, la Tate Britain consacre à Sarah Lucas une vaste rétrospective, « HAPPY GAS », rassemblant plus de soixante-quinze œuvres sur quatre décennies, dont seize inédites. Conçue en dialogue étroit avec l’artiste et présentée à sa propre voix, l’exposition était placée sous le commissariat de Dominique Heyse-Moore et Amy Emmerson-Martin. Une salle entière était réservée aux sculptures réalisées entre 2019 et 2023, entre retour aux objets trouvés — « SUGAR » (2020), « CROSS DORIS » (2019) — et pièces coulées en bronze et en résine.
Médiums: sculpture, photographie, installation, bronze, béton, résine, plâtre.
Techniques: collants rembourrés de fibres, montés sur fil de fer, assemblage de mobilier domestique trouvé, moulage en plâtre d’après modèle vivant, fonte en bronze de formes molles, collage et détournement de doubles pages de tabloïds, autoportrait photographique mis en scène.
Motifs récurrents: le corps fragmenté, le genre et l’androgynie, la sexualité et l’innuendo, la mortalité, la classe sociale et le quotidien britannique, l’objectification du corps féminin.
Le Musée national d’art moderne conserve deux pièces de Sarah Lucas. « Nud Cycladic 5 » (2010) est faite de collants couleur chair rembourrés de fibres et montés sur fil de fer, posés sur un socle en parpaings: la notice du musée relie ce corps déstructuré aux nus sculptés des Cyclades et à l’héritage de Henry Moore, Hans Bellmer et Louise Bourgeois. Elle est entrée par don de la Société des Amis du Musée national d’art moderne en 2013, dans le cadre de « Perspective pour l’art contemporain 2012 » (inv. AM 2013-380). S’y ajoute la photographie « Human Toilet Revisited » (1998), don des American Friends of the Centre Pompidou en 2024.
Sarah Lucas a figuré au Palais de Tokyo dans « The Third Mind », l’exposition dont la sélection d’une trentaine d’artistes avait été confiée à Ugo Rondinone. Sa contribution, « Car Park », accueillait le visiteur dès l’entrée: une voiture accidentée entourée de photographies en noir et blanc de parkings déserts, vidés de toute présence humaine. La critique publiée par Paris Art le 12 janvier 2008 y lit un réceptacle de violence latente, où la fascination sexuelle qui traverse son travail se double d’un malaise proprement cinématographique.
Le travail de Sarah Lucas a également été présenté à Paris hors les murs des musées: Art Basel a consacré un épisode de sa série éditoriale « Unboxing » à l’arrivée de ses « Bunnies » dans la capitale à l’occasion de Paris+ par Art Basel, sous le titre « British provocateur Sarah Lucas’s Bunnies roll into Paris ». Ces sculptures molles en collants rembourrés, affalées sur des sièges, sont précisément le registre que le Centre Pompidou a fait entrer dans sa collection avec la série des Nuds.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — conserve « Human Toilet Revisited » (1998) et « Nud Cycladic 5 » (2010); cette dernière est prêtée au Centre Pompidou Málaga pour « To Open Eyes: Miradas de Artista » du 3 juillet 2025 au 18 janvier 2027.
Palais de Tokyo (Paris) — a montré « Car Park » dans l’exposition collective « The Third Mind », dont la sélection était confiée à Ugo Rondinone.
Tate Britain (Londres) — a présenté la rétrospective « Sarah Lucas: HAPPY GAS » du 28 septembre 2023 au 14 janvier 2024.
Legion of Honor (Fine Arts Museums of San Francisco) (San Francisco) — a produit « Sarah Lucas: Good Muse » du 15 juillet au 17 septembre 2017, en regard de « Auguste Rodin: The Centenary Installation ».
Musée d’art contemporain Kiasma (Helsinki) — a présenté « Sarah Lucas: NAKED EYE » du 10 octobre 2025 au 8 mars 2026, première grande monographie de l’artiste dans les pays nordiques.
1962 — Naissance de Sarah Lucas à Londres, où elle vit et travaille encore.
1984-1987 — Études au Goldsmiths College de Londres, foyer de la génération des Young British Artists.
1988 — Participation à « Freeze », l’accrochage organisé par Damien Hirst.
1990 — Autoportrait photographique « Eating a Banana » et premières pièces tirées de doubles pages de tabloïds.
1997 — « Bunny » est montrée dans « Sensation » à la Royal Academy of Arts de Londres.
2000 — Intervention au Freud Museum de Londres, à laquelle se rattachent les « Hysterical Attack » de 1999.
2013 — « Nud Cycladic 5 » entre au Centre Pompidou par don de la Société des Amis du Musée national d’art moderne.
2015 — Sarah Lucas représente le Royaume-Uni à la 56e Biennale de Venise.
2017 — « Sarah Lucas: Good Muse » au Legion of Honor de San Francisco, en regard du centenaire de Rodin.
2023-09-28 — Ouverture de la rétrospective « Sarah Lucas: HAPPY GAS » à la Tate Britain, jusqu’au 14 janvier 2024.
2024 — « Human Toilet Revisited » entre au Centre Pompidou par don des American Friends of the Centre Pompidou.
2025-10-10 — Ouverture de « Sarah Lucas: NAKED EYE » au Kiasma d’Helsinki, jusqu’au 8 mars 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Sarah Lucas à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Née en 1962 à Londres, où elle vit et travaille, Sarah Lucas est une plasticienne britannique dont la sculpture, la photographie et l'installation détournent des objets ordinaires — mobilier, nourriture, tabloïds, collants, cigarettes — pour composer des fragments de corps à l'humour délibérément irrévérencieux.
Le collant bourré de fibres, monté sur fil de fer, donne une forme souple et organique qui évoque l'anatomie humaine et sa dimension érotique ; dans « Nud Cycladic 5 », le Centre Pompidou souligne le contraste entre cette mollesse et le socle en parpaings, solide et géométrique.
Le Centre Pompidou possède deux pièces de l'artiste, « Human Toilet Revisited » (1998) et « Nud Cycladic 5 » (2010). Leur présentation dépend toutefois de la programmation : la sculpture est actuellement prêtée au Centre Pompidou Málaga pour « To Open Eyes : Miradas de Artista », jusqu'au 18 janvier 2027.
Présentée du 28 septembre 2023 au 14 janvier 2024, elle réunissait plus de soixante-quinze œuvres sur quatre décennies, dont seize inédites, accrochées pour l'essentiel sur des chaises selon le principe énoncé par l'artiste elle-même, sous le commissariat de Dominique Heyse-Moore et Amy Emmerson-Martin.
Sarah Lucas a représenté le Royaume-Uni à la 56e Biennale de Venise en 2015. C'est là qu'ont été présentés pour la première fois les moulages en plâtre de la série « Pauline, Sadie and Me (Bar Stool) », réunis à nouveau huit ans plus tard dans la rétrospective de la Tate Britain.
Ce sont des sculptures nouées à partir de collants couleur chair rembourrés. Le titre renvoie aux nus sculptés du néolithique et de l'âge du bronze retrouvés dans les Cyclades ; le Centre Pompidou inscrit ces corps déstructurés devenus formes abstraites dans l'héritage de Henry Moore, Hans Bellmer et Louise Bourgeois.