Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Sarah Moon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Mannequin dans les années 1960 avant de passer derrière l’appareil en autodidacte, Sarah Moon impose dès 1968, avec l’image de la marque Cacharel conçue auprès de Corinne Sarrut, une photographie de mode faite de flou, de grain et de récit suspendu, dans un milieu alors dominé par les hommes.
Sarah Moon commence par poser: mannequin au début des années 1960, elle exerce sous le nom de Marielle Hadengue entre Paris et Londres.
Cette page sert surtout à situer Sarah Moon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Sarah Moon commence par poser: mannequin au début des années 1960, elle exerce sous le nom de Marielle Hadengue entre Paris et Londres. C’est dans le prolongement direct de ce métier qu’elle se met à photographier, en autodidacte, sans école ni atelier de formation, et qu’elle reçoit ses premières commandes. Cette trajectoire explique une grande part de sa manière: elle connaît de l’intérieur l’univers des modèles, leur attente, leur fatigue, la mécanique du studio, et photographie les femmes depuis cette place-là plutôt que depuis celle du commanditaire.
En 1968, sa collaboration avec Corinne Sarrut pour l’image de la marque Cacharel rencontre un écho international dans une photographie de mode alors dominée par les hommes. Campagnes, affiches et pages de magazines fixent un imaginaire immédiatement reconnaissable: couleurs éteintes, contours dissous, femmes qui semblent suspendues au milieu d’un récit dont on ne connaît ni le début ni la fin, et où affleurent des références littéraires et cinématographiques. La commande publicitaire lui sert ici de laboratoire, non de contrainte.
Le calendrier Pirelli de 1972 est le premier à être photographié par une femme. Son directeur artistique, Derek Forsyth, cherchait alors à rompre avec la formule des jolies filles sur plage tropicale: « une certaine humeur circulait, en Angleterre en tout cas, selon laquelle la pin-up était un peu passée », expliquait-il, d’où le choix d’une atmosphère romantique et d’une photographe. Diversement reçue à sa sortie, cette édition compte aujourd’hui parmi les plus recherchées de la série pour son parti pris artistique.
En 1985, la mort de son assistant Mike Yavel marque un tournant: sans cesser de répondre aux commandes qui continuent d’affluer, Sarah Moon développe une pratique personnelle. Des motifs reviennent d’une image à l’autre — recherche de l’imprévisible, instant suspendu, illusions photographiques et leur effacement dans la fuite du temps. C’est de cette période que datent les séries et les films qui organiseront plus tard sa rétrospective parisienne, conçue comme une installation où photographies, films et livres se répondent hors de tout ordre chronologique.
Le conte traverse l’œuvre. En 1983 paraît une série d’illustrations photographiques du « Petit Chaperon rouge » accompagnée du texte de Charles Perrault; l’ouvrage est distingué l’année suivante par le Premio Grafico de la Foire du livre de jeunesse de Bologne. Le cinéma prolonge la même veine: « Circus » (2002), « L’Effraie » (2004), « Le Fil rouge » (2005), « Le chaperon noir » (2010), « Où va le blanc » (2013), pour la plupart des adaptations de contes populaires, ont formé le fil narratif du parcours de l’exposition du Musée d’Art Moderne de Paris.
L’éditeur Robert Delpire (1926-2017) a partagé la vie de Sarah Moon durant quarante-huit ans. Le lien est aussi professionnel qu’intime: le livre est chez elle un support à part entière, au même titre que le tirage et le film. Lors de la rétrospective du Musée d’Art Moderne de Paris, une salle du parcours des collections permanentes lui a été consacrée, en marge de l’exposition — manière de rappeler qu’une part de l’histoire de la photographie française du XXe siècle s’est écrite dans le sillage éditorial de Delpire.
Médiums: photographie argentique noir et blanc, photographie couleur, film court, livre de photographie, installation d’exposition.
Techniques: flou et perte de netteté assumés, grain apparent, gamme chromatique éteinte, proche du monochrome coloré, mise en scène de studio héritée de la commande de mode, montage d’exposition en installation, hors chronologie, films et images en dialogue.
Motifs récurrents: la fuite du temps et la disparition de l’image, le conte populaire et l’imaginaire de l’enfance, la femme comme personnage d’un récit inachevé, la nature et les jardins, l’illusion photographique et le doute sur ce que l’on voit.
Du 18 septembre 2020 au 4 juillet 2021, le Musée d’Art Moderne de Paris a consacré à Sarah Moon l’exposition « PasséPrésent ». Elle l’a conçue elle-même comme une installation faisant dialoguer les photographies, les films et les livres réalisés depuis ses débuts, en croisant volontairement les époques, les typologies et les sujets plutôt qu’en suivant un déroulé chronologique. Cinq films servaient d’escales au parcours. Une salle du parcours des collections permanentes complétait l’ensemble, dédiée à l’éditeur Robert Delpire.
Deux autres institutions parisiennes l’ont exposée. Du 3 février au 7 mars 2010, la Maison européenne de la photographie a présenté « Le Théâtre Royal de Turin », série issue du projet « Piémont: une définition » et proposée par Agarttha Arte. Puis, du 14 octobre au 24 novembre 2013, le Jardin des Plantes du Muséum national d’Histoire naturelle a accueilli « Alchimies », exposition de photographies née d’une rencontre entre l’artiste et le Muséum — préfiguration de la veine naturaliste que Rouen déploiera en 2026.
Sarah Moon figure comme auteur dans les collections des musées de la Ville de Paris: la recherche publique de Paris Musées Collections rattache à son nom des pièces conservées au Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, parmi lesquelles « Dior par Sarah Moon » et « Dialogue Yohji Yamamoto and Sarah Moon ». La mode reste ainsi le canal par lequel son travail est entré dans le patrimoine public parisien — cohérent avec une carrière ouverte par la commande, avant que le musée n’en expose la part personnelle.
Quand elle quitte les studios de la mode pour une photographie plus introspective, Sarah Moon prend la ville comme terrain, par goût autant que par commodité, sans jamais en faire véritablement son sujet: Paris fonctionne chez elle comme un décor rendu méconnaissable par le flou et le cadrage, jamais comme un motif topographique identifiable. Cette description provient d’une source encyclopédique et non institutionnelle: elle est rapportée ici comme lecture critique, non comme fait documenté par un musée.
Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — A présenté « PasséPrésent », exposition consacrée à son œuvre, du 18 septembre 2020 au 4 juillet 2021, complétée d’une salle dédiée à Robert Delpire dans les collections permanentes.
Maison européenne de la photographie (Paris) — A exposé « Le Théâtre Royal de Turin » du 3 février au 7 mars 2010, dans le cadre du projet « Piémont: une définition » proposé par Agarttha Arte.
Jardin des Plantes — Muséum national d’Histoire naturelle (Paris) — A accueilli « Alchimies, une exposition de photographies de Sarah Moon » du 14 octobre au 24 novembre 2013.
Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris (Paris) — Conserve des pièces rattachées à son nom dans les collections des musées de la Ville de Paris, dont « Dior par Sarah Moon ».
Les Rencontres d’Arles (Arles) — Lui ont consacré une rétrospective lors de l’édition 2005, fermée le 28 août 2005.
Centre photographique Rouen Normandie et Pavillon du Jardin des plantes de Rouen (Rouen) — Présentent « D’après nature » à partir du 30 mai 2026: jusqu’au 26 septembre 2026 au Centre photographique, jusqu’au 2 août 2026 au Pavillon du Jardin des plantes, dans le cadre du festival Normandie Impressionniste.
1941 — Naissance de Sarah Moon, de son nom de scène ultérieur; l’année est reprise par le Centre photographique Rouen Normandie et Normandie Impressionniste.
1960-1966 — Exerce comme mannequin, entre Paris et Londres, sous le nom de Marielle Hadengue, avant de passer derrière l’appareil.
1968 — Sa collaboration avec Corinne Sarrut pour l’image de la marque Cacharel lui vaut un écho international dans la photographie de mode.
1972 — Première femme à photographier le calendrier Pirelli, sur commande du directeur artistique Derek Forsyth.
1983 — Publication de ses illustrations photographiques du « Petit Chaperon rouge », accompagnées du texte de Charles Perrault.
1985 — La mort de son assistant Mike Yavel marque le début d’une pratique photographique personnelle, au-delà des commandes.
2005-08-28 — Clôture de la rétrospective que lui consacrent Les Rencontres d’Arles lors de l’édition 2005.
2010-02 — La Maison européenne de la photographie ouvre « Le Théâtre Royal de Turin », visible jusqu’au 7 mars 2010.
2013-10-14 — Ouverture d’« Alchimies » au Jardin des Plantes du Muséum national d’Histoire naturelle, jusqu’au 24 novembre 2013.
2020-2021 — Le Musée d’Art Moderne de Paris présente « PasséPrésent », du 18 septembre 2020 au 4 juillet 2021, conçue par l’artiste comme une installation.
2026-05-30 — Ouverture de « D’après nature » à Rouen, sur deux sites, dans le cadre du festival Normandie Impressionniste.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Sarah Moon à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'elle a imposé, à partir de la fin des années 1960, une écriture de la mode faite de flou, de couleurs éteintes et de récit suspendu, dans un domaine alors dominé par les hommes. Son image de la marque Cacharel, conçue en 1968 avec Corinne Sarrut, lui a valu un écho international.
C'est le premier calendrier Pirelli photographié par une femme. Le directeur artistique Derek Forsyth voulait rompre avec la formule de la pin-up et a choisi Sarah Moon pour une tonalité romantique. Mal reçue à l'époque, cette édition figure aujourd'hui parmi les plus prisées de la série.
En 1985, la mort de son assistant Mike Yavel marque un tournant. Sans renoncer aux commandes, qui continuent d'affluer, elle développe une pratique personnelle centrée sur l'instant suspendu, l'imprévisible, et sur l'effacement des illusions photographiques dans la fuite du temps.
Oui, et ils occupent une place centrale. Cinq d'entre eux — « Circus » (2002), « L'Effraie » (2004), « Le Fil rouge » (2005), « Le chaperon noir » (2010) et « Où va le blanc ? » (2013) — servaient d'escales au parcours de sa rétrospective au Musée d'Art Moderne de Paris. Ce sont pour la plupart des adaptations de contes populaires.
Robert Delpire (1926-2017), figure majeure de l'édition photographique française, a partagé la vie de Sarah Moon durant quarante-huit ans. Le Musée d'Art Moderne de Paris lui a consacré une salle dans le parcours de ses collections permanentes, en complément de l'exposition « PasséPrésent ».
Aucune exposition parisienne ne lui est consacrée à ce jour : celles du Musée d'Art Moderne (2020-2021), de la Maison européenne de la photographie (2010) et du Jardin des Plantes (2013) sont terminées. Des pièces rattachées à son nom sont conservées au Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.