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Cette page sert surtout à situer Sebastião Salgado dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Économiste brésilien devenu photographe à Paris en 1973, Sebastião Salgado (1944-2025) a bâti en noir et blanc une œuvre de longue haleine: la famine du Sahel, la mine d’or de Serra Pelada, le travail manuel, les migrations, puis la beauté du vivant avec « Genesis » et « Amazônia ».
Né le 8 février 1944 à Aimorés, dans le Minas Gerais, Sebastião Salgado se forme d’abord à l’économie: maîtrise à l’université de São Paulo en 1968, puis doctorat à l’université de Paris en 1971.
Cette page sert surtout à situer Sebastião Salgado dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né le 8 février 1944 à Aimorés, dans le Minas Gerais, Sebastião Salgado se forme d’abord à l’économie: maîtrise à l’université de São Paulo en 1968, puis doctorat à l’université de Paris en 1971. Considéré comme un opposant politique, il quitte le Brésil avec Lélia Wanick Salgado en 1969 pour la France, où le couple s’installe comme réfugiés politiques. Économiste à l’Organisation internationale du café à Londres, il multiplie les missions en Afrique, emporte l’appareil de sa femme et bascule: « la photographie a totalement envahi ma vie ». En 1973, il abandonne l’économie pour la photographie à plein temps, à Paris.
Sa carrière professionnelle démarre en 1973 à Paris. Dès 1974, il travaille en indépendant pour l’agence Sygma, puis rejoint Gamma de 1975 à 1979, avant d’entrer en 1979 à Magnum Photos, la coopérative fondée en 1947 par Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, George Rodger et David Seymour. Il y reste jusqu’en 1994, année où il quitte les agences pour créer avec Lélia Wanick Salgado une structure exclusivement dédiée à son travail, Amazonas images, qui devient leur studio. Ce passage de la commande de presse au projet d’auteur au long cours est le tournant de son œuvre.
Ses premiers grands chantiers portent sur les guerres de décolonisation en Afrique (1974-1976), puis sur l’Amérique latine profonde (1977-1984) et enfin sur la sécheresse et la famine au Sahel (1984-1985), qui donnent le livre « Sahel, l’homme en détresse » (1986). La même année paraît « Autres Amériques », consacré à la vie quotidienne des paysans latino-américains. Suit « La main de l’homme » (1993), enquête mondiale sur l’obsolescence croissante du travail manuel, dont l’image la plus célèbre reste la fourmilière humaine de la mine d’or de Serra Pelada, dans l’État du Pará, photographiée en 1986.
À partir des années 1990, Sebastião et Lélia Wanick Salgado entreprennent de restaurer une parcelle de forêt atlantique dégradée, la ferme familiale du Minas Gerais. Ils rendent ce terrain à la nature, qui devient réserve naturelle en 1998, et fondent la même année l’Instituto Terra, voué à la reforestation et à l’éducation environnementale. L’organisation se présente aujourd’hui comme une ONG de référence en restauration des écosystèmes, éducation environnementale et développement rural durable dans le bassin du Rio Doce. Cet engagement irrigue directement la seconde moitié de son œuvre photographique.
Après les migrations (« Exodes » et « Les enfants de l’exode », 2000), Salgado se tourne vers la planète elle-même: « Genesis » (2013) photographie les régions les plus reculées du globe. Il enchaîne avec « Amazônia », série menée sur plusieurs années en Amazonie brésilienne, où il séjourne des semaines durant dans les villages et photographie dix groupes ethniques, en petites embarcations ou depuis les airs. Le livre paraît en mai 2021. Il meurt le 23 mai 2025 à Neuilly-sur-Seine, à 81 ans; son dernier travail achevé de son vivant est une série inédite consacrée à Paris.
Sebastião Salgado a été élu à l’Académie des beaux-arts le 13 avril 2016, au fauteuil I de la section Photographie, succédant à Lucien Clergue; sa séance d’installation sous la Coupole s’est tenue le 6 décembre 2017. Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF depuis 2001, il est fait Commandeur des Arts et des Lettres en 2014, puis Chevalier de la Légion d’honneur en 2016. En 2019, il est élu membre honoraire de l’American Academy of Arts and Letters et reçoit le Prix de la paix des libraires allemands. Il a par ailleurs reçu le Praemium Imperiale, décerné par la Japan Art Association.
Médiums: photographie argentique noir et blanc, tirage photographique, livre de photographie, exposition itinérante.
Techniques: noir et blanc exclusif, considéré à la fois comme interprétation du réel et traduction de la dignité humaine, lumière naturelle uniquement, immersion longue: plusieurs semaines de séjour auprès des communautés photographiées, projets thématiques pluriannuels aboutissant à un livre et à une exposition itinérante, prises de vue depuis de petites embarcations et depuis les airs pour la série amazonienne.
Motifs récurrents: travail manuel et condition ouvrière, famine et détresse au Sahel, migrations et exodes, peuples autochtones d’Amazonie, beauté et fragilité des écosystèmes, dignité des personnes dépossédées.
Paris n’est pas une étape dans la vie de Salgado: c’est son point d’ancrage. Arrivé de São Paulo en 1969 comme réfugié politique, il y soutient un doctorat d’économie à l’université de Paris en 1971, y débute sa carrière de photographe professionnel en 1973, y travaille pour Sygma puis Gamma, et y installe en 1994 l’agence Amazonas images, devenue le studio du couple Salgado. Il y a vécu une cinquantaine d’années et y est mort, à Neuilly-sur-Seine, le 23 mai 2025. La maire Anne Hidalgo a qualifié Paris de « sa ville d’adoption ».
Deux institutions parisiennes conservent son travail. Le Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, détient plusieurs de ses tirages, notamment « La Mine d’or de Serra Pelada, État de Pará, Brésil » (1986) et un ensemble d’images du Sahel de 1985 (Mali, Tchad, Tigray, clinique d’Ade à la frontière tchado-soudanaise), ainsi qu’une vue du Mexique vers 1977. La Maison européenne de la photographie, institution à laquelle il tenait particulièrement, a constitué sa collection Salgado autour des reportages africains, latino-américains et sahéliens des années 1974-1985.
La Philharmonie de Paris a présenté « Salgado Amazônia » du 20 mai au 31 octobre 2021, accompagnée d’une création sonore de Jean-Michel Jarre à partir des sons de la forêt. Après sa mort, la Ville de Paris lui a rendu hommage salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville, du 21 février au 30 mai 2026, exposition gratuite conçue par Lélia Wanick Salgado, commissaire et scénographe, réunissant près de 200 œuvres grâce à un prêt exceptionnel de 114 tirages de la Maison européenne de la photographie. En parallèle, la galerie Polka a montré sa série inédite « Paris » du 13 mars au 16 mai 2026.
Sebastião Salgado a été élu le 13 avril 2016 à l’Académie des beaux-arts, au fauteuil I de la section Photographie créée en 1985, succédant au photographe arlésien Lucien Clergue. Sa séance d’installation sous la Coupole de l’Institut de France a eu lieu le 6 décembre 2017. Cette élection l’inscrit durablement dans la vie institutionnelle artistique parisienne, aux côtés de Bruno Barbey et Jean Gaumy, élus la même année à la même section. Il est fait Chevalier de la Légion d’honneur cette même année 2016.
Hôtel de Ville de Paris, salle Saint-Jean (Paris) — Exposition hommage « Hommage à Sebastião Salgado », gratuite, du 21 février au 30 mai 2026, commissariat de Lélia Wanick Salgado, près de 200 œuvres.
Maison européenne de la photographie (Paris) — Institution qui tenait particulièrement à cœur au photographe; sa collection Salgado repose sur les reportages africains, latino-américains et sahéliens de 1974-1985; prêteuse de 114 tirages pour l’hommage de 2026.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve plusieurs tirages de Salgado, dont « La Mine d’or de Serra Pelada » (1986) et un ensemble d’images du Sahel de 1985.
Philharmonie de Paris (Paris) — A présenté « Salgado Amazônia » du 20 mai au 31 octobre 2021, avec une création sonore de Jean-Michel Jarre.
Polka Galerie (Paris) — A exposé du 13 mars au 16 mai 2026 la série inédite « Paris », dernier travail réalisé par Salgado de son vivant.
Académie des beaux-arts, Institut de France (Paris) — Élu au fauteuil I de la section Photographie le 13 avril 2016; installation sous la Coupole le 6 décembre 2017.
1944-02-08 — Naissance de Sebastião Salgado à Aimorés, dans le Minas Gerais (Brésil).
1968 — Obtient une maîtrise d’économie à l’université de São Paulo.
1969 — Quitte le Brésil avec Lélia Wanick Salgado et s’installe en France comme réfugié politique.
1971 — Soutient un doctorat d’économie à l’université de Paris, puis entre à l’Organisation internationale du café.
1973 — Abandonne l’économie et débute sa carrière de photographe professionnel à Paris.
1979 — Rejoint la coopérative Magnum Photos, après Sygma (1974) puis Gamma (1975-1979).
1986 — Publie « Sahel, l’homme en détresse » et « Autres Amériques »; photographie la mine d’or de Serra Pelada.
1993 — Publie « La main de l’homme », enquête mondiale sur l’obsolescence du travail manuel.
1994 — Quitte Magnum et fonde avec Lélia Wanick Salgado l’agence Amazonas images, à Paris.
1998 — Crée l’Instituto Terra avec Lélia Wanick Salgado; leur terre familiale devient réserve naturelle.
2013 — Publie « Genesis », consacré aux régions les plus reculées de la planète.
2016-04-13 — Élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil I de Lucien Clergue, section Photographie.
2017-12-06 — Séance d’installation sous la Coupole de l’Institut de France.
2021-05 — Parution du livre « Amazônia »; l’exposition est présentée à la Philharmonie de Paris du 20 mai au 31 octobre 2021.
2025-05-23 — Mort de Sebastião Salgado à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 81 ans.
2026-02-21 — Ouverture de l’exposition hommage de la Ville de Paris, salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Sebastião Salgado à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Considéré comme un opposant politique au Brésil, il quitte le pays en 1969 avec son épouse Lélia Wanick Salgado et s'installe en France comme réfugié politique. Il y soutient un doctorat d'économie à l'université de Paris en 1971, y débute sa carrière photographique en 1973 et y passera une cinquantaine d'années, jusqu'à sa mort à Neuilly-sur-Seine le 23 mai 2025.
Diplômé d'une maîtrise d'économie à l'université de São Paulo en 1968 puis d'un doctorat à l'université de Paris en 1971, il devient économiste de l'Organisation internationale du café, à Londres. Ses missions fréquentes en Afrique, appareil photo emprunté à sa femme en main, font naître une vocation : en 1973, il quitte l'économie pour la photographie à plein temps.
Il a travaillé presque exclusivement en noir et blanc, qu'il considérait à la fois comme une interprétation de la réalité et comme un moyen de traduire la dignité irréductible de l'humanité. Il concevait la photographie comme « un langage puissant pour tenter d'établir de meilleurs rapports entre les hommes et la nature », et n'utilisait que la lumière naturelle.
C'est l'organisation fondée en 1998 par Sebastião Salgado et Lélia Wanick Salgado, après avoir rendu à la nature une parcelle familiale dégradée du Minas Gerais devenue réserve naturelle la même année. Sa mission est la reforestation et l'éducation environnementale ; elle se présente aujourd'hui comme une ONG de référence en restauration des écosystèmes dans le bassin du Rio Doce.
Ses grands ensembles sont « Autres Amériques » (1986), « Sahel, l'homme en détresse » (1986) sur la famine de 1984-1985, « La main de l'homme » (1993) sur le travail manuel, « Exodes » (2000) sur les migrations, « Genesis » (2013) sur les régions reculées de la planète et « Amazônia » (2021) sur la forêt amazonienne et ses peuples.
Le Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, conserve plusieurs de ses tirages, dont « La Mine d'or de Serra Pelada, État de Pará, Brésil » (1986) et des images du Sahel de 1985. La Maison européenne de la photographie détient un fonds constitué autour de ses reportages africains, latino-américains et sahéliens des années 1974-1985.