Exposition Paris

Exposition Shepard Fairey

Shepard Fairey est l’auteur du visage le plus reproduit de l’art urbain contemporain: celui d’André the Giant, décliné depuis 1989 en autocollants, puis réduit au seul mot «  Obey ».

Qui est Shepard Fairey ?

Tout commence à la Rhode Island School of Design, où Fairey lance en 1989 la campagne d’autocollants «  Andre the Giant Has a Posse ».

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Shepard Fairey dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Un autocollant devenu expérience de perception

Tout commence à la Rhode Island School of Design, où Fairey lance en 1989 la campagne d’autocollants «  Andre the Giant Has a Posse ». Le motif, tiré d’une photographie de presse du catcheur, est collé sans explication ni signature commerciale. L’artiste en fournit lui-même la clé dans un manifeste rédigé en 1990: il s’agit d’une expérience de phénoménologie, destinée à réveiller la curiosité du passant en plaçant dans la rue une image dont on ne comprend ni l’émetteur ni l’intention. En 1996, le texte cède la place au seul mot «  Obey », et l’image quitte le registre de la blague étudiante pour celui du signe autonome.

Sérigraphie, propagande retournée et industrie de l’image

Fairey sort diplômé de la RISD en 1992 avec un Bachelor of Fine Art en illustration, et il n’a jamais quitté les outils du graphiste: écran de sérigraphie, pochoir, aplats limités, typographies au plomb. Sa palette réduite — rouge, noir, crème — et ses ornements circulaires empruntent au constructivisme russe, aux affiches de recrutement et aux logos de marques, qu’il recycle en les vidant de leur message d’origine. Le Victoria and Albert Museum conserve plusieurs de ces estampes des années 2000, dont «  Authoritarian », «  Skyline » et «  Obey Propaganda Pasting Services », toutes datées de 2000, qui montrent combien le vocabulaire de la réclame lui sert de matériau premier.

L’affiche «  Hope » et le prix de la célébrité

En 2008, le portrait bleu, rouge et beige de Barack Obama surmonté du mot «  Hope » fait basculer Fairey du circuit de l’affichage sauvage vers l’iconographie nationale américaine; la National Portrait Gallery du Smithsonian fait entrer l’image dans ses collections dès janvier 2009. Le succès a un revers judiciaire: la photographie source, prise par Mannie Garcia pour l’Associated Press, déclenche un litige réglé en 2011, puis une condamnation en 2012 pour outrage à magistrat, assortie d’une mise à l’épreuve et d’une amende de 25 000 dollars. En 2024, Fairey reprend le même dispositif graphique pour l’affiche «  Forward » de Kamala Harris.

Des murs peints aux institutions

Depuis les années 2010, la fresque monumentale est devenue son format dominant, réalisée ville par ville avec des équipes locales et des nacelles, selon un protocole d’affichage collé puis peint. Le mouvement s’accompagne d’une reconnaissance officielle: doctorat honoris causa de la Rhode Island School of Design en 2021, prix Tony Goldman à Art Wynwood en 2017, rétrospective «  Facing the Giant: Three Decades of Dissent » présentée en 2019 à Rome, à Vancouver et à Paris. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans des collections publiques américaines et britanniques, du Museum of Modern Art au Victoria and Albert Museum.

Un militantisme d’image plus qu’un discours

Climat, armes à feu, droits civiques, argent en politique: Fairey traite ses causes par le tirage limité et l’affiche gratuite plutôt que par la tribune. Le globe «  Earth Crisis » installé dans la tour Eiffel en novembre 2015 illustre cette méthode — une sphère suspendue, aucune légende, un appel à agir sur la crise environnementale au moment où Paris accueille la COP21. Le procédé se retrouve dans l’estampe «  Marianne: l’action vaut plus que les mots », éditée à 650 exemplaires au format 18 × 24 pouces, où le titre lui-même formule l’exigence adressée au public français.

La pratique en bref

Médiums: sérigraphie, estampe et affiche, peinture murale, collage papier marouflé, pochoir, installation en volume, techniques mixtes sur bois.

Techniques: affichage collé (wheatpaste) puis peint à la main sur pignon, sérigraphie en tirage limité, palette réduite rouge / noir / crème, typographie et ornements empruntés à l’affiche de propagande, détournement de photographies de presse et de logos commerciaux.

Motifs récurrents: critique de la propagande et de l’obéissance consentie, saturation publicitaire de l’espace public, urgence climatique, libertés démocratiques et devise républicaine française, contre-culture skate, punk et hip-hop.

Le 13e arrondissement comme terrain d’atelier

La relation de Fairey à Paris passe par un quartier précis, le 13e arrondissement, où la galerie Itinerrance — installée place Keith-Haring et qui compte «  Obey / Shepard Fairey » parmi ses artistes — a fait peindre des pignons entiers. L’artiste y signe «  Rise Above Rebel » en juin 2012, puis revient en juin 2016 pour deux murs, «  Delicate Balance » et «  Earth Crisis », avant une nouvelle intervention parisienne en juin 2019 avec «  Knowledge + Action ». Aucune autre capitale européenne ne concentre autant de ses fresques sur un périmètre aussi réduit.

Une Marianne née des attentats de 2015

La plus commentée de ses images parisiennes est la Marianne accompagnée de la devise «  Liberté, Égalité, Fraternité », peinte en juin 2016 dans le 13e. Fairey a lui-même expliqué l’avoir conçue en réaction aux attaques terroristes du Bataclan et d’autres lieux de Paris à la fin de 2015, comme un geste de solidarité envers les Parisiens et les Français, en espérant que la devise soit reçue au sens large. Après une dégradation du mur, il a publié une estampe intitulée «  Marianne: l’action vaut plus que les mots », tirée à 650 exemplaires, qui déplace le propos du symbole vers l’exigence d’actes.

La tour Eiffel pendant la COP21

En novembre 2015, Fairey suspend entre le premier et le deuxième étage de la tour Eiffel une sphère monumentale intitulée «  Earth Crisis », visible du 20 au 26 novembre, quelques jours avant l’ouverture de la conférence mondiale sur le climat organisée à Paris. L’artiste présente le geste comme un appel à traiter la crise environnementale au nom de la qualité de vie des générations futures, et non comme une prédiction catastrophiste. C’est l’une des rares occasions où le monument a servi de support à une œuvre d’art urbain.

Du mur au musée: Petit Palais et Grande Halle de la Villette

Paris a aussi fait entrer Fairey dans ses institutions. Du 12 juin 2024 au 19 janvier 2025, le Petit Palais a ouvert pour la première fois ses salles à l’art urbain avec «  We Are Here », treize artistes majeurs dont Shepard Fairey, Invader, D*Face, Seth ou Vhils, invités à dialoguer avec les collections permanentes et l’architecture du musée. La même année, la maire de Paris Anne Hidalgo lui a remis les insignes de chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur. En 2026, il figure parmi les artistes de «  BEYOND THE STREETS » à la Grande Halle de la Villette.

Où voir ses œuvres

Grande Halle de la Villette (Paris) — accueille en 2026 l’exposition collective BEYOND THE STREETS, à laquelle l’artiste annonce participer

Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — l’a présenté parmi les treize artistes de l’exposition We Are Here, 12 juin 2024 - 19 janvier 2025

Galerie Itinerrance (Paris) — galerie du 13e arrondissement qui le compte parmi ses artistes et a présenté en 2019 Facing the Giant: Three Decades of Dissent

Tour Eiffel (Paris) — a accueilli du 20 au 26 novembre 2015 le globe Earth Crisis, suspendu entre le premier et le deuxième étage

Victoria and Albert Museum (Londres) — conserve plusieurs estampes et affiches de l’artiste datées de 2000 à 2004

Repères chronologiques

1989 — Lancement de la campagne d’autocollants «  Andre the Giant Has a Posse » pendant ses études à la RISD

1990 — Rédaction du manifeste qui présente la campagne comme une expérience de phénoménologie

1992 — Obtention du Bachelor of Fine Art de la Rhode Island School of Design

1996 — Le texte des autocollants est remplacé par le seul mot «  Obey », qui devient sa signature

2008 — Création de l’affiche «  Hope » pour la campagne présidentielle de Barack Obama

2012-06 — Réalisation de la fresque «  Rise Above Rebel » dans le 13e arrondissement de Paris

2015-11 — Installation du globe «  Earth Crisis » dans la tour Eiffel, visible du 20 au 26 novembre, avant la COP21

2016-06 — Peinture des fresques parisiennes «  Liberté, Égalité, Fraternité », «  Delicate Balance » et «  Earth Crisis »

2019-06 — Fresque «  Knowledge + Action » à Paris et rétrospective Facing the Giant à la galerie Itinerrance

2021 — Doctorat honoris causa en beaux-arts décerné par la Rhode Island School of Design

2024 — Exposition We Are Here au Petit Palais et remise de la Légion d’honneur par Anne Hidalgo

2026 — Participation annoncée à BEYOND THE STREETS, Grande Halle de la Villette, du 27 mai au 23 août

Shepard Fairey & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Shepard Fairey à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Shepard Fairey signe-t-il « Obey » ?

Le mot est apparu en 1996, lorsque l'artiste a remplacé le texte de ses autocollants « Andre the Giant Has a Posse » par cet unique impératif. Son manifeste de 1990 explique la démarche : donner à voir dans la rue une image sans finalité commerciale, pour que le passant interroge à la fois l'image et son environnement visuel.

Combien de fresques de Shepard Fairey peut-on voir à Paris ?

Son site officiel documente quatre interventions murales parisiennes : « Rise Above Rebel » en juin 2012, « Delicate Balance » et « Earth Crisis » en juin 2016, puis « Knowledge + Action » en juin 2019. Elles se concentrent dans le 13e arrondissement, terrain d'action de la galerie Itinerrance.

Que représente la Marianne peinte rue Jeanne-d'Arc ?

Il s'agit d'une figure de Marianne accompagnée de la devise républicaine, peinte en juin 2016. Fairey a déclaré l'avoir créée en réponse aux attentats du Bataclan et d'autres lieux parisiens fin 2015, pour manifester sa solidarité avec les Parisiens et les Français, en souhaitant une lecture large de « liberté, égalité, fraternité ».

Shepard Fairey a-t-il reçu une distinction française ?

Oui. Son curriculum vitae officiel mentionne la remise, en 2024, des insignes de chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur par la maire de Paris Anne Hidalgo. Cette distinction fait suite à une décennie d'interventions parisiennes, murales puis muséales.

Quel rapport entre l'affiche « Hope » et l'Associated Press ?

Le portrait d'Obama de 2008 s'appuyait sur une photographie de Mannie Garcia réalisée pour l'Associated Press. Le litige né de cette source a été réglé en 2011, puis l'artiste a plaidé coupable en 2012 d'outrage à magistrat, écopant d'une mise à l'épreuve et d'une amende de 25 000 dollars.

Où voir des œuvres de Shepard Fairey en collection publique ?

Le Victoria and Albert Museum de Londres conserve plusieurs de ses affiches et estampes, parmi lesquelles « Authoritarian », « Skyline » et « Obey Propaganda Pasting Services » (2000). Ses travaux figurent également dans les collections du Museum of Modern Art, du LACMA et de la National Portrait Gallery.