Exposition Paris

Exposition Shilpa Gupta

Née en 1976 à Bombay, où elle vit et travaille, Shilpa Gupta a étudié la sculpture à la Sir J. J.

Qui est Shilpa Gupta ?

Shilpa Gupta étudie la sculpture à la Sir J. J.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Shilpa Gupta dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Formation à Bombay et premiers envois anonymes

Shilpa Gupta étudie la sculpture à la Sir J. J. School of Fine Arts de Bombay entre 1992 et 1997, et n’a jamais quitté la ville depuis: elle y vit et y travaille toujours. Dès 1995, avant même la fin de ses études, elle poste anonymement des dessins à l’encre à trois cents personnes dont elle a relevé les noms dans le registre de la galerie publique de sa ville. Chaque feuille est tamponnée et porte non pas un mais trois numéros — celui du dessin, celui qui le précède, celui qui le suit — de sorte que le destinataire devine une série dont il ne verra jamais le reste.

Aar Paar: faire passer l’art par-dessus la frontière indo-pakistanaise

Entre 1999 et 2006, Shilpa Gupta co-organise avec l’artiste Huma Mulji «  Aar Paar », un échange d’art public entre l’Inde et le Pakistan: des travaux conçus d’un côté de la frontière sont imprimés et affichés de l’autre, hors des circuits d’exposition. Elle co-facilite également «  Crossovers & Rewrites: Borders over Asia » avec Mamta Murthy, présenté dans le cadre du Forum social mondial en 2005. Ces projets collectifs installent très tôt ce qui deviendra la matrice de son œuvre: la frontière comme dispositif administratif que l’on peut contourner, et non comme donnée naturelle.

Le circuit des biennales, de Liverpool à Venise

Sa reconnaissance internationale se construit biennale après biennale: Liverpool en 2006 sous le commissariat de Gerardo Mosquera, Gwangju en 2008 dirigée par Okwui Enwezor avec Ranjit Hoskote, la Triennale de Yokohama la même année avec Hans Ulrich Obrist, la Biennale de Lyon en 2009 avec Hou Hanru, Sharjah en 2013 avec Yuko Hasegawa, Berlin en 2014, Göteborg en 2017 avec Nav Haq, puis Kochi-Muziris en 2018 sous la direction d’Anita Dube. En 2019, Ralph Rugoff l’invite à la 58e Biennale de Venise, «  May You Live In Interesting Times », où elle montre aux Giardini un portail d’acier motorisé qui bat contre le mur.

«  Sun at Night » au Barbican, ou la parole confisquée

Du 7 octobre 2021 au 6 février 2022, le Barbican Centre lui consacre dans The Curve sa première grande exposition londonienne, «  Sun at Night ». Elle y déploie «  For, In Your Tongue, I Cannot Fit » (2017-2018): cent micros suspendus au-dessus de cent pointes métalliques, chacune transperçant une page où figure un fragment de poème écrit par un auteur emprisonné pour ses écrits, ses paroles ou ses convictions. Les voix se relaient d’une langue à l’autre et couvrent un arc qui va du VIIIe au XXIe siècle. L’exposition présente aussi ses deux premiers panneaux à volets mécaniques, prolongement de son travail sur le son et la puissance de la parole.

Les grandes monographies européennes des années 2020

La décennie 2020 est celle des monographies muséales: rétrospective au M HKA d’Anvers en 2021 sous le commissariat de Nav Haq, exposition à deux voix avec Marisa Merz au MAXXI de L’Aquila en 2023, solo à Amant à New York la même année, puis au Centro Botín de Santander en 2024. Du 27 mars 2026 au 3 janvier 2027, le Hamburger Bahnhof de Berlin présente «  What Still Holds », construite autour de l’œuvre monumentale «  Truth » et mise en dialogue avec l’accrochage Joseph Beuys du musée, au titre du programme anniversaire de l’institution.

La pratique en bref

Médiums: installation, sculpture, vidéo, son, photographie, texte, performance, art en ligne.

Techniques: projection vidéo interactive au sol, panneaux à volets mécaniques (flapboards), micros suspendus et bandes sonores en boucle, installations lumineuses LED en extérieur, livres et plaques de métal gravés, cartes tracées à la main, dessin au crayon combiné à la projection.

Motifs récurrents: frontières et lignes de partage, censure et liberté d’expression, anonymat et pseudonymat, langues, traduction et voix, relations Inde-Pakistan et Cachemire, surveillance et contrôle de l’information, appartenance, exil et absence.

Une installation au Musée national d’art moderne

Le Centre Pompidou conserve «  Untitled » (2006), acquise par achat en 2015 et inscrite à l’inventaire sous le numéro AM 2015-163, dans le secteur de collection Nouveaux médias. La notice décrit une projection au sol accompagnée d’un dessin au crayon et d’un fichier sonore de huit minutes dix diffusé en boucle, mis en œuvre par un projecteur, un lecteur multimédia, des haut-parleurs et un amplificateur. Les mots-clés de la notice renvoient au Cachemire, aux «  demi-veuves » et à la frontière indo-pakistanaise. Le musée signale par ailleurs, dans ses archives audiovisuelles, une production consacrée en 2011 à son travail «  Half Widows ».

Art Paris 2026: la section «  La réparation » au Grand Palais

Shilpa Gupta figure au parcours thématique «  La réparation » de la vingt-huitième édition d’Art Paris, tenue au Grand Palais du 9 au 12 avril 2026. Elle y est présentée par la Galleria Continua, sa galerie, avec «  Untitled (Stars on flags of the world) » (2025), aux côtés notamment de Sandra Vásquez de la Horra. Ce parcours, consacré aux territoires de la réparation, réunit des artistes dont le travail porte sur les blessures collectives et leur possible raccommodage — un angle qui recoupe directement le travail de Gupta sur les frontières et les drapeaux.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou (Paris) — Conserve «  Untitled » (2006) dans la collection du Musée national d’art moderne, achat 2015, inv. AM 2015-163.

Grand Palais (Paris) — A accueilli Art Paris 2026, où l’artiste figurait au parcours «  La réparation » avec la Galleria Continua.

Hamburger Bahnhof - Nationalgalerie der Gegenwart (Berlin) — Exposition monographique «  What Still Holds », du 27 mars 2026 au 3 janvier 2027.

Collection Lambert (Avignon) — Exposition collective «  The whisper of the free », du 23 mai au 20 septembre 2026, commissariat François Quintin.

Repères chronologiques

1976 — Naissance à Bombay, en Inde, ville où l’artiste vit et travaille encore aujourd’hui.

1992-1997 — Études de sculpture à la Sir J. J. School of Fine Arts de Bombay.

1995 — Envoi anonyme de dessins à l’encre à trois cents destinataires relevés dans un registre de galerie publique.

1999-2006 — Co-organisation d’«  Aar Paar », échange d’art public entre l’Inde et le Pakistan, avec Huma Mulji.

2006 — Réalisation d’«  Untitled », installation multimédia qui entrera plus tard dans la collection du Centre Pompidou.

2009 — Commande de la Biennale de Lyon pour un portail d’acier motorisé battant contre le mur.

2015 — Achat d’«  Untitled » (2006) par le Musée national d’art moderne, inventaire AM 2015-163.

2019 — Participation à la 58e Biennale de Venise, sur invitation du commissaire Ralph Rugoff.

2021-10-07 — Ouverture de «  Sun at Night » dans The Curve du Barbican Centre, première grande exposition londonienne.

2026-03-27 — Ouverture de «  What Still Holds » au Hamburger Bahnhof de Berlin, jusqu’au 3 janvier 2027.

2026-04 — Présence au parcours «  La réparation » d’Art Paris, au Grand Palais, avec la Galleria Continua.

Shilpa Gupta & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Shilpa Gupta à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Shilpa Gupta ?

Shilpa Gupta est une artiste indienne née en 1976 à Bombay, où elle vit et travaille. Formée à la sculpture à la Sir J. J. School of Fine Arts entre 1992 et 1997, elle développe une pratique multidisciplinaire qui associe installation, vidéo, sculpture, son et performance pour interroger les frontières et la circulation de la parole.

En quoi consiste « For, In Your Tongue, I Cannot Fit » ?

C'est une installation sonore de 2017-2018 formée de cent micros suspendus au-dessus de cent pointes métalliques ; chaque pointe traverse une page portant un fragment de poème d'un auteur emprisonné pour ses écrits ou ses convictions. Les voix alternent les langues et couvrent une période allant du VIIIe au XXIe siècle.

Peut-on voir une œuvre de Shilpa Gupta à Paris ?

Le Centre Pompidou possède « Untitled » (2006), achetée en 2015 et inventoriée AM 2015-163 au sein du secteur Nouveaux médias : une projection au sol associée à un dessin au crayon et à une bande sonore de huit minutes dix en boucle. Comme toute œuvre de collection, sa présentation dépend des accrochages.

Qu'était le projet « Aar Paar » ?

« Aar Paar » est un échange d'art public entre l'Inde et le Pakistan mené de 1999 à 2006, co-organisé par Shilpa Gupta avec l'artiste Huma Mulji. Il prolongeait une réflexion sur la frontière que l'artiste a aussi portée dans « Crossovers & Rewrites: Borders over Asia », co-facilité avec Mamta Murthy en 2005.

Pourquoi dessine-t-elle des cartes à la main ?

Avec « 100 Hand-Drawn Maps of My Country », projet ouvert depuis 2008 et toujours en cours, l'artiste réunit des cartes de leur propre pays tracées de mémoire par des personnes différentes. Les écarts entre ces tracés rendent visible le fait qu'un contour national relève autant de la croyance que de la géographie.

Où voir Shilpa Gupta en 2026 ?

Le Hamburger Bahnhof de Berlin lui consacre « What Still Holds » du 27 mars 2026 au 3 janvier 2027, autour de l'œuvre « Truth ». En France, elle figure dans l'exposition collective « The whisper of the free » à la Collection Lambert d'Avignon, du 23 mai au 20 septembre 2026. Un solo est également annoncé à Milan en septembre 2026.