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Cette page sert surtout à situer Shirin Neshat dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Qazvin en 1957, Shirin Neshat quitte l’Iran adolescente pour étudier en Californie et vit depuis à New York.
Shirin Neshat naît en 1957 à Qazvin, dans le nord-ouest de l’Iran.
Cette page sert surtout à situer Shirin Neshat dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Shirin Neshat naît en 1957 à Qazvin, dans le nord-ouest de l’Iran. Elle quitte le pays à dix-sept ans pour rejoindre les États-Unis et étudier l’art à l’université de Californie à Berkeley; le Hirshhorn Museum précise qu’elle a vécu en Iran jusqu’en 1975, la Pinault Collection situe son départ en 1974. La révolution islamique de 1979 la coupe durablement de son pays natal et fait d’elle une artiste en exil, statut qui deviendra la matière même de son œuvre. Elle est aujourd’hui établie à New York, où le Centre Pompidou la situe dans sa notice d’autorité.
Son retour en Iran en 1990 est déterminant: selon la Pinault Collection, elle est alors particulièrement frappée par les effets de la révolution islamique sur la condition féminine. À partir de 1993, raconte le Praemium Imperiale, elle entreprend un travail né du désir d’exprimer ce qu’elle ressent face à son pays d’origine après 1979. La série photographique Women of Allah (1993-1997) en sort: des portraits en noir et blanc, souvent des autoportraits au tchador, dont la peau visible est couverte de poésie persane manuscrite. Ces images l’imposent d’un coup sur la scène internationale.
À la fin des années 1990, Shirin Neshat adopte la vidéo. La Pinault Collection décrit des films à forte dimension narrative et dialectique, faits de longs plans-séquences et de travellings qui jouent des contrastes et des symboles. Turbulent (1998) puis Rapture (1999) et Fervor (2000) installent un dispositif à deux projections se faisant face, où le spectateur, placé entre les écrans, doit arbitrer entre une parole masculine et une parole féminine. Le Praemium Imperiale range Turbulent, avec Women of Allah, parmi les deux œuvres marquantes de cette période fondatrice.
En 2009, Shirin Neshat réalise son premier long métrage, Women Without Men, qui reçoit le Lion d’argent de la meilleure réalisation à la 66e Mostra de Venise; la musique est de Ryuichi Sakamoto. Suivent Looking for Oum Kulthum (2017), présenté à la Mostra, puis Land of Dreams, dont la première a lieu à Venise en 2021. En parallèle, les séries photographiques The Book of Kings (2012) et Our House Is on Fire (2013) répondent au Mouvement vert iranien et aux printemps arabes, comme l’a montré la rétrospective Facing History au Hirshhorn Museum en 2015.
Le Broad de Los Angeles lui consacre en 2019 la rétrospective I Will Greet the Sun Again, reprise au Modern Art Museum of Fort Worth; le Museum of Contemporary Art Toronto puis SITE Santa Fe présentent l’ensemble Land of Dreams en 2022. Elle a également exposé au Museo Correr de Venise, à la Pinakothek der Moderne de Munich, au Stedelijk d’Amsterdam et au Detroit Institute of Arts. En 2017, elle signe sa première mise en scène lyrique, Aida, au Festival de Salzbourg, reprise en 2022 — la voie qui la conduira à l’Opéra Bastille.
Médiums: photographie argentique noir et blanc, tirage numérique rehaussé d’encre et d’acrylique, installation vidéo multi-écrans, long métrage de fiction, mise en scène d’opéra.
Techniques: épreuve gélatino-argentique (technique relevée par le Centre Pompidou pour Untitled (Rapture), 1999), calligraphie persane à l’encre inscrite à la main sur la surface du tirage, installation à deux projections opposées, le spectateur placé entre les écrans, plans-séquences et travellings jouant des contrastes et des symboles.
Motifs récurrents: condition des femmes dans les sociétés musulmanes, exil et distance avec l’Iran natal, pouvoir, religion et fanatisme, partage du masculin et du féminin, mémoire des soulèvements politiques (Mouvement vert, printemps arabes), regard d’une exilée sur la société américaine.
Le Musée national d’art moderne conserve Untitled (Rapture), 1999, épreuve gélatino-argentique portant au revers la signature de l’artiste, tirage 10/10, entrée par la donation de la Caisse des dépôts et consignations en 2006 sous le numéro d’inventaire AM 2006-553 et rattachée au Cabinet de la photographie. La notice du Centre Pompidou renvoie à la publication Les peintres de la vie moderne, catalogue de la présentation de cette donation en Galerie Sud à l’automne 2006. La notice d’autorité de l’établissement recense trois tirages de l’artiste sous ce même titre.
La MEP a montré la série Women of Allah dans ses galeries en septembre 1998, la fiche de l’institution indiquant les dates du 16 au 25 septembre 1998. Le texte d’exposition cite l’artiste sur le sens de ces images: elle y récuse tout « chic radical » et revendique une forme de féminisme enraciné dans l’islam, où la femme a partagé avec l’homme le devoir et le poids du martyre. C’est l’une des premières présentations françaises d’un corpus qui venait alors de la faire connaître.
À l’occasion de Paris Photo, l’Association Azzedine Alaïa a présenté du 6 décembre 2019 au 5 janvier 2020, dans sa galerie du 4e arrondissement, l’exposition Looking for Oum Kulthum. Shirin Neshat y montrait pour la première fois en France un ensemble né du film homonyme dévoilé à Venise en 2017: huit photographies et deux vidéos, dont Ask my Heart (2018), autour de la figure de la chanteuse égyptienne. Le film raconte l’histoire de Mitra, réalisatrice iranienne en exil qui rêve de lui consacrer un long métrage.
Du 24 septembre au 4 novembre 2025, l’Opéra Bastille a donné une nouvelle production d’Aida de Verdi mise en scène par Shirin Neshat. L’institution présente explicitement ce spectacle comme les débuts de l’artiste à l’Opéra national de Paris et souligne que sa lecture insiste sur la cruauté du fanatisme religieux, prompt à opprimer les femmes. La maison la crédite sur sa page d’artiste comme metteuse en scène, après son Aida créée au Festival de Salzbourg en 2017 et reprise en 2022.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve Untitled (Rapture), 1999 (inv. AM 2006-553), donation Caisse des dépôts et consignations, 2006.
Maison européenne de la photographie (Paris) — A présenté la série Women of Allah dans ses galeries en septembre 1998.
Galerie Azzedine Alaïa (Paris) — A accueilli l’exposition Looking for Oum Kulthum du 6 décembre 2019 au 5 janvier 2020, à l’occasion de Paris Photo.
Opéra Bastille — Opéra national de Paris (Paris) — A donné du 24 septembre au 4 novembre 2025 la nouvelle production d’Aida qu’elle a mise en scène, ses débuts dans la maison.
1957 — Naissance à Qazvin, en Iran, selon la notice d’autorité du Centre Pompidou.
1975 — Elle a quitté l’Iran à dix-sept ans pour étudier l’art aux États-Unis, à Berkeley; le Hirshhorn indique qu’elle y a vécu jusqu’en 1975.
1990 — Retour en Iran: elle est saisie par les effets de la révolution islamique sur la condition des femmes.
1993-1997 — Réalisation de la série photographique Women of Allah, qui l’impose sur la scène internationale.
1998 — Installation vidéo Turbulent; la Maison européenne de la photographie montre Women of Allah à Paris.
1999 — Lion d’or, premier prix international de la 48e Biennale de Venise; réalisation de Rapture.
2006 — Untitled (Rapture) entre au Centre Pompidou par la donation de la Caisse des dépôts et consignations.
2009 — Women Without Men, premier long métrage, reçoit le Lion d’argent de la meilleure réalisation à la Mostra de Venise.
2015 — Rétrospective Shirin Neshat: Facing History au Hirshhorn Museum de Washington, du 18 mai au 20 septembre.
2017 — Première mise en scène d’opéra, Aida au Festival de Salzbourg, et Praemium Imperiale de Tokyo.
2019 — Rétrospective I Will Greet the Sun Again au Broad de Los Angeles, reprise au Modern Art Museum of Fort Worth.
2019-2020 — Exposition Looking for Oum Kulthum à la Galerie Azzedine Alaïa, à Paris, du 6 décembre au 5 janvier.
2025-09-24 — Première de sa mise en scène d’Aida à l’Opéra Bastille, ses débuts à l’Opéra national de Paris.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Shirin Neshat à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Oui. Le Centre Pompidou conserve Untitled (Rapture), 1999, une épreuve gélatino-argentique signée au revers, tirage 10/10, entrée par la donation de la Caisse des dépôts et consignations en 2006 sous le numéro d'inventaire AM 2006-553, au Cabinet de la photographie. La présentation dans les salles dépend de la programmation de l'établissement.
C'est le corpus photographique réalisé entre 1993 et 1997 qui l'a fait connaître : des portraits en noir et blanc, souvent des autoportraits au tchador, dont la peau apparente est recouverte de poésie persane écrite à la main. Le Praemium Imperiale y voit, avec Turbulent, l'une des deux œuvres décisives de sa première période.
Aida de Giuseppe Verdi, dans une nouvelle production donnée à l'Opéra Bastille du 24 septembre au 4 novembre 2025. L'Opéra national de Paris présente ce spectacle comme ses débuts dans la maison et indique que sa mise en scène insiste sur la cruauté du fanatisme religieux, prompt à opprimer les femmes.
Turbulent (1998), Rapture (1999) et Fervor (2000) projettent deux films en vis-à-vis : le public, placé entre les images, doit passer d'une voix masculine à une voix féminine sans pouvoir embrasser les deux à la fois. La Pinault Collection décrit ce cinéma fait de longs plans-séquences et de travellings jouant des contrastes et des symboles.
Le Lion d'or, premier prix international de la 48e Biennale de Venise en 1999, le prix de la Liberté d'Hiroshima en 2005, le prix Dorothy et Lillian Gish en 2006 et le Praemium Imperiale de Tokyo en 2017. Son long métrage Women Without Men a obtenu le Lion d'argent de la meilleure réalisation à la 66e Mostra de Venise en 2009.
Oui, à deux reprises au moins : la Maison européenne de la photographie a exposé Women of Allah dans ses galeries en septembre 1998, et l'Association Azzedine Alaïa a présenté Looking for Oum Kulthum dans sa galerie du 4e arrondissement du 6 décembre 2019 au 5 janvier 2020, pendant Paris Photo.