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Cette page sert surtout à situer Simon Hantaï dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Simon Hantaï (Bia, 1922 – Paris, 2008) a fait du pliage de la toile une méthode de peinture: plier, peindre en aveugle, déplier, et découvrir seulement alors ce que le hasard des plis a laissé en réserve.
Simon Handl naît le 7 décembre 1922 à Bia, près de Budapest, dans une petite communauté catholique d’émigrés allemands d’origine souabe; en 1939, par réaction à la politique hitlérienne, la famille magyarise son patronyme en Hantaï.
Cette page sert surtout à situer Simon Hantaï dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Simon Handl naît le 7 décembre 1922 à Bia, près de Budapest, dans une petite communauté catholique d’émigrés allemands d’origine souabe; en 1939, par réaction à la politique hitlérienne, la famille magyarise son patronyme en Hantaï. À sept ans, une diphtérie lui fait perdre la vue pendant quatre mois. Au printemps 1941 il entre à l’École des beaux-arts de Budapest. En mars 1944 il s’engage publiquement contre l’Allemagne nazie et le gouvernement hongrois collaborateur; après la libération de Budapest en février 1945, il suit les cours d’histoire de l’art de François Gachot, directeur de l’Institut culturel français, qui lui fait découvrir Matisse et surtout Bonnard. Il adhère au parti communiste magyar le 6 octobre 1946.
Au printemps 1948, une bourse du ministère hongrois de la Culture doit lui permettre d’étudier un an à Paris. Parti début mai avec sa femme Zsuzsa, il séjourne à Rome, découvre à Ravenne les mosaïques du mausolée de Galla Placidia — une révélation durable — puis Venise en août, pendant la 24e Biennale. Entre-temps les communistes prennent le pouvoir à Budapest et la bourse n’est jamais versée: le couple renonce à rentrer et arrive à Paris en septembre 1948. À l’été 1949 les Hantaï s’installent cité des Fleurs, dans le 17e arrondissement. L’artiste y expérimente pochoir et découpage, collage, grattage, décalcomanie, empreinte et frottage, coulures, jusqu’au froissage. Il s’appuie sur le cercle des amis hongrois — Vera et François Molnar, Pierre et Vera Szekely, Judit Reigl arrivée en 1950 — et se lie avec Joan Mitchell, Sam Francis et Riopelle.
En décembre 1952, Hantaï dépose devant la porte d’André Breton un petit tableau-objet non signé; Breton l’installe aussitôt dans la vitrine de la galerie surréaliste À l’Étoile scellée et lui propose sa première exposition personnelle, en janvier 1953, dont il préface le catalogue par la formule « Une fois de plus, comme peut-être tous les dix ans, un GRAND DÉPART ». Un numéro de la revue Medium: communication surréaliste lui est consacré en novembre 1953. La lune de miel est brève: en janvier 1955, avec Jean Schuster, il publie un texte provocateur à l’intention des surréalistes, et le 11 mars 1955 il adresse à Breton la lettre qui consacre sa rupture avec le groupe. À la fin de l’été 1955 il commence à racler systématiquement sa peinture avec un cercle de métal provenant d’un vieux réveil trouvé peu avant.
Hantaï abandonne alors l’écriture et le geste pour une méthode entièrement nouvelle: la toile n’est plus tendue sur un châssis, elle est froissée ou nouée, imprégnée de couleur « en aveugle », puis dépliée; l’image naît de la répartition entre zones peintes et blanc épargné. De 1960 à 1982, huit séries se succèdent, chacune correspondant à un procédé distinct: Mariales (1960-1962), Catamurons et Panses (1963-1965), Meuns (1967-1968), Études et Blancs (1969-1974), Tabulas (1973-1982). En 1966 la famille s’installe à Meun, près de Fontainebleau, et Simon et Zsuzsa sont naturalisés français. À partir de 1972-1973 l’artiste emploie presque uniquement des couleurs acryliques, plus commodes sur des toiles destinées à être pliées et dépliées.
Du 26 mai au 13 septembre 1976, le Musée national d’art moderne lui consacre une importante rétrospective organisée par François Mathey; après mai 1976, Hantaï cesse de peindre pendant trois ans et demi. En août 1979 la famille revient s’installer à Paris. En juin-septembre 1982 il représente la France à la 40e Biennale de Venise avec dix-huit Tabulas, puis se met délibérément hors jeu: il continue de travailler mais n’expose plus qu’exceptionnellement, découpant d’anciennes toiles pour en tirer les Laissées. Les Archives documentent en 1997 un déterrement de tableaux à Meun. En 1998 il met fin à la réserve qu’il s’imposait depuis seize ans, avec l’exposition « Laissées et autres peintures » organisée par Alfred Pacquement à l’Espace Renn, à Paris; Georges Didi-Huberman publie la même année L’Étoilement. Conversation avec Hantaï. Ses derniers travaux, les H.b.l., datent de 2004. Il meurt le 12 septembre 2008 à son domicile parisien.
Médiums: peinture à l’huile sur toile, peinture acrylique sur toile, encres de couleur et feuilles d’or sur toile de lin, aquarelle et œuvres sur papier, sérigraphie sur tôle émaillée et sur Formica (commandes murales).
Techniques: le « pliage comme méthode », adopté en 1960, froissage de la toile de bord en bord (Mariales), nouage des quatre angles de la toile en forme de sac (Meuns), pliage orthogonal en quadrillage régulier (Tabulas), peinture appliquée « en aveugle », découverte au dépliage, réserve: le blanc non peint comme élément actif de la composition, raclage au cercle de métal (à partir de 1955), pochoir et découpage, collage, décalcomanie, empreinte et frottage, coulures (années 1949-1959), découpe et recomposition d’œuvres antérieures (Laissées).
Motifs récurrents: la mise à distance de la subjectivité de l’artiste, le hasard réglé: ne rien laisser tout à fait au hasard sans rien maîtriser complètement, le blanc en réserve comme respiration de la surface, la mémoire hongroise, dont le motif à carreaux du tablier de la mère, les mosaïques de Ravenne et le maillage du vitrail, le manteau protecteur de la Vierge des primitifs italiens, la toile comme matériau et non comme écran de projection, le retrait volontaire de la scène publique comme geste artistique.
L’ancrage parisien de Hantaï commence à l’été 1949, quand le couple s’installe cité des Fleurs, dans le 17e arrondissement. C’est là que sont accrochées les Panses en 1964-1965, et là que Daniel Buren, dont l’atelier est voisin, prend l’habitude de venir: début 1966 il y amène Michel Parmentier, qui deviendra lui aussi un proche. Le départ pour Meun, près de Fontainebleau, en 1966, n’est pas définitif: en août 1979, après trois années sans peindre, Hantaï et sa famille reviennent s’installer à Paris. C’est à son domicile parisien qu’il meurt le 12 septembre 2008.
Sa carrière publique se joue presque entièrement dans quelques adresses parisiennes. La galerie À l’Étoile scellée l’expose en janvier 1953 sur l’invitation de Breton. La galerie Kléber, puis Kléber-Jean Fournier, prend le relais avec « Sexe-Prime. Hommage à Jean-Pierre Brisset » (11 mai – 9 juin 1956), les « Cérémonies commémoratives de la condamnation de Siger de Brabant » avec Georges Mathieu (7-27 mars 1957), « Peintures récentes. Souvenir de l’avenir » (3-30 mars 1958), « Peintures 1949-1959 » (10-30 mars 1959) et « Peintures mariales » (25 mai – juin 1962). La galerie Jean Fournier, installée rue du Bac, continue de défendre l’œuvre après la mort de l’artiste: elle présentait encore « Simon Hantaï, Paris, 1948-1955 » du 14 décembre 2017 au 20 janvier 2018.
Deux institutions parisiennes conservent le cœur de l’œuvre. Au Centre Pompidou, la Peinture (Écriture rose) est un don de l’artiste de 1985, la Tabula de 1974 un don de son galeriste Jean Fournier en 1978, et la Mariale (Manteau de la Vierge) un don de l’artiste en 2003; s’y ajoute le Meun de 1968. Au Musée d’Art moderne de Paris, la monumentale A Galla Placidia (1958-1959) porte le numéro d’inventaire AMVP 2795; les Archives Simon Hantaï situent en novembre 1997 la donation et la présentation de cinq grandes toiles à ce musée, accompagnées d’un catalogue paru en mars 1998, tandis que le Cnap date cette donation de 1998-1999.
Paris a offert à Hantaï trois moments de reconnaissance espacés de plusieurs décennies. Le Musée national d’art moderne lui consacre du 26 mai au 13 septembre 1976 une rétrospective organisée par François Mathey, dont l’artiste conçoit largement le catalogue. Trente-sept ans plus tard, le Centre Pompidou réunit du 22 mai au 2 septembre 2013 plus de cent trente peintures allant de 1949 aux années 1990, cinq ans après la disparition du peintre. Enfin, la Fondation Louis Vuitton célèbre le centenaire de sa naissance du 18 mai au 29 août 2022 avec plus de cent trente œuvres, dont beaucoup n’avaient jamais été montrées.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve plusieurs œuvres majeures (Écriture rose, Mariale, Meun, Tabula) et a organisé la rétrospective de 2013. Le bâtiment est fermé pour rénovation depuis le 22 septembre 2025 et jusqu’en 2030: ces œuvres ne sont donc pas visibles sur place.
Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — Conserve A Galla Placidia (1958-1959, inv. AMVP 2795), issue de la donation de grandes toiles faite par l’artiste à la fin des années 1990.
Galerie Jean Fournier (Paris) — Galerie historique de l’artiste depuis la fin des années 1950, qui continue de lui consacrer des expositions, dont « Simon Hantaï, Paris, 1948-1955 » (14 décembre 2017 – 20 janvier 2018).
Fondation Louis Vuitton (Paris) — A présenté la rétrospective du centenaire, du 18 mai au 29 août 2022, avec plus de 130 œuvres.
Gagosian Gstaad (Gstaad (Suisse)) — Présente « Simon Hantaï: the last studio » du 9 juillet au 27 septembre 2026 — seule exposition Hantaï identifiée à l’affiche à cette date, hors de Paris.
1922-12-07 — Naissance de Simon Handl à Bia, près de Budapest, dans une famille catholique d’origine souabe
1941 — Entrée à l’École des beaux-arts de Budapest, au printemps
1948 — Départ de Hongrie via Rome, Ravenne et Venise; arrivée à Paris en septembre, sans la bourse promise
1953-01 — Première exposition personnelle à la galerie À l’Étoile scellée, à Paris, préfacée par André Breton
1955-03-11 — Lettre à André Breton consacrant sa rupture avec le groupe surréaliste
1960 — Adoption du « pliage comme méthode » et début de la série des Mariales
1966 — Installation de la famille à Meun, près de Fontainebleau, et naturalisation française
1976 — Rétrospective « Hantaï » au Musée national d’art moderne, du 26 mai au 13 septembre, organisée par François Mathey
1982 — Représente la France à la 40e Biennale de Venise avec dix-huit Tabulas, puis se retire de la scène publique
1998 — Fin de la réserve imposée depuis 1982: exposition « Laissées et autres peintures » à l’Espace Renn, à Paris
2008-09-12 — Mort de Simon Hantaï à son domicile parisien, à l’âge de 85 ans
2013 — Rétrospective au Centre Pompidou du 22 mai au 2 septembre, avec plus de 130 peintures
2022 — Exposition du centenaire à la Fondation Louis Vuitton, du 18 mai au 29 août
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Simon Hantaï à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
À partir de 1960, Hantaï cesse de tendre sa toile sur un châssis : il la froisse ou la noue, la peint alors qu'elle est repliée, sans voir ce qu'il fait, puis la déplie. L'image apparaît du rapport entre les zones atteintes par la couleur et le blanc resté en réserve. Le Centre Pompidou résume l'enjeu par une phrase du peintre : la toile « cesse d'être écran de projection, devient matériau ».
Après avoir représenté la France à la 40e Biennale de Venise en juin-septembre 1982 avec dix-huit Tabulas, il se retire volontairement de la scène publique sans cesser de travailler, et n'expose plus qu'à de rares exceptions. Les Archives Simon Hantaï citent sa propre formule : « Au début des années quatre-vingt, je me suis mis délibérément hors jeux, sans prononcer un seul mot. » Il rompt cette réserve en 1998.
Les Mariales renvoient au manteau protecteur de la Vierge des primitifs italiens, dont le réseau de rouge et d'orange rappelle le maillage. Les Meuns portent le nom du lieu où le peintre s'installe en 1966, près de Fontainebleau. Tabula vient du latin « table » et désigne le quadrillage régulier obtenu par un pliage strict. Les Laissées sont, elles, découpées dans des toiles antérieures.
Le Musée d'Art moderne de Paris conserve A Galla Placidia (1958-1959), issue de la donation faite par l'artiste. Le Centre Pompidou détient Écriture rose, Mariale (Manteau de la Vierge), Meun et Tabula, mais son bâtiment est fermé pour rénovation depuis le 22 septembre 2025 et jusqu'en 2030. La galerie Jean Fournier, rue du Bac, continue par ailleurs de programmer l'artiste.
En décembre 1952, Hantaï dépose un tableau-objet non signé devant sa porte ; Breton l'expose aussitôt dans la vitrine de la galerie À l'Étoile scellée et lui offre sa première exposition personnelle, en janvier 1953, préfacée par lui. Cette adoption dure peu : une lettre du 11 mars 1955 consacre la rupture du peintre avec le groupe surréaliste.
Né Simon Handl le 7 décembre 1922 à Bia, près de Budapest, il quitte la Hongrie au printemps 1948 avec une bourse d'études que le nouveau régime communiste ne versera jamais, et décide de rester en France. Il vit à Paris à partir de septembre 1948 et n'est naturalisé français qu'en 1966, avec son épouse Zsuzsa. Il meurt à Paris le 12 septembre 2008.