Exposition Paris

Exposition Simone Leigh

Sculptrice américaine née à Chicago en 1967, Simone Leigh modèle dans la terre — puis coule en bronze — des figures de femmes noires dont le corps se confond avec une jarre, une case ou une coupole.

Qui est Simone Leigh ?

Simone Leigh naît à Chicago en 1967. Elle étudie à Earlham College, à Richmond dans l’Indiana, où elle obtient en 1990 une licence de philosophie et d’art.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Simone Leigh dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De la philosophie à l’argile

Simone Leigh naît à Chicago en 1967. Elle étudie à Earlham College, à Richmond dans l’Indiana, où elle obtient en 1990 une licence de philosophie et d’art. Le campus entretient alors des liens avec des artistes et enseignants japonais, si bien que la céramique y est omniprésente: c’est dans l’atelier de poterie de l’établissement, auprès du professeur Michael Tiedman, qu’elle touche la terre pour la première fois. Sa lecture de l’ouvrage «  Nigerian Pottery » l’amène à considérer le travail — et singulièrement celui des femmes noires — comme une composante à part entière de la culture matérielle.

Le Smithsonian et la documentation des techniques africaines

Encore étudiante, Simone Leigh effectue un stage au National Museum of African Art de la Smithsonian Institution, auprès du conservateur chargé des céramiques. Elle y photocopie livres et brochures décrivant les techniques de montage céramique d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique australe. Ce fonds documentaire constitué à la main irrigue durablement son vocabulaire: coquillages cauris, jupes de raphia, pots en terre cuite et face jugs deviennent des citations explicites, réintroduites dans ses propres pièces comme autant de renvois à des savoir-faire rarement traités comme des beaux-arts.

Harlem, Brooklyn et la pratique sociale

Simone Leigh est artiste en résidence au Studio Museum in Harlem de 2010 à 2011, aux côtés de Kamau Amu Patton et Paul Mpagi Sepuya; le musée acquiert une première œuvre d’elle dès 2011. En 2014, elle présente «  The Free People’s Medical Clinic » dans le quartier de Bedford-Stuyvesant à Brooklyn, un projet commandé par Creative Time qui prolonge en dispositif de soin collectif sa réflexion sur l’entretien de la vie. En 2017, son installation «  A particularly elaborate imba yokubikira, or kitchen house, stands locked up while its owners live in diaspora » figure dans le programme hors les murs inHarlem du Studio Museum.

Brick House, Venise et le Lion d’or

Simone Leigh est la première artiste retenue pour le Plinth de la High Line à New York: son bronze monumental «  Brick House » y est dévoilé en avril 2019, la même année que sa participation à la Biennale du Whitney Museum of American Art, où sont montrés «  #8 Village Series » et «  Corrugated Lady ». En 2022, elle représente les États-Unis à la 59e Biennale de Venise avec l’exposition «  Simone Leigh: Sovereignty ». Ses œuvres figurent aussi dans l’exposition centrale «  The Milk of Dreams », qui lui vaut le 23 avril 2022 le Lion d’or de la meilleure participante, le jury saluant une ouverture sculpturale monumentale de l’Arsenal, rigoureusement documentée et réalisée avec virtuosité.

Une rétrospective itinérante aux États-Unis

Le premier panorama d’ensemble de son travail, intitulé simplement «  Simone Leigh », est organisé par l’Institute of Contemporary Art de Boston sous la direction d’Eva Respini, avec Anni A. Pullagura. Il y est présenté du 6 avril au 4 septembre 2023, réunissant des pièces venues de Venise et une vingtaine d’années de production en céramique, bronze et vidéo. L’exposition rejoint ensuite le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden de Washington du 3 novembre 2023 au 3 mars 2024 — où l’artiste ajoute trois bronzes inédits, «  Bisi », «  Herm » et «  Vessel » (2023) — puis Los Angeles, en présentation conjointe entre le LACMA et le California African American Museum, du 26 mai 2024 au 20 janvier 2025.

La pratique en bref

Médiums: céramique (grès et porcelaine), bronze, terre cuite, vidéo, installation, performance.

Techniques: modelage à la main, l’argile servant de matrice à des bronzes coulés ensuite, glaçure au sel, montage de volumes hybrides mêlant corps féminin et contenant domestique, incorporation de matériaux cités: cauris, raphia, rosettes.

Motifs récurrents: subjectivité et intellectualité des femmes et des femmes noires, travail de soin et labeur invisibilisé, traditions artistiques et architecturales de l’Afrique et de sa diaspora, hiérarchie entre beaux-arts et artisanat domestique, auto-ethnographie et fabulation critique.

Où voir ses œuvres

Glenstone (Potomac, Maryland) — Présentation «  Simone Leigh » installée dans les Pavilions, annoncée comme visible jusqu’au 13 septembre 2026.

Institute of Contemporary Art / Boston (Boston) — Organisateur du premier panorama d’ensemble de son œuvre, présenté du 6 avril au 4 septembre 2023 puis mis en tournée.

Hirshhorn Museum and Sculpture Garden (Washington) — Étape de la rétrospective du 3 novembre 2023 au 3 mars 2024, enrichie de trois bronzes inédits et de «  Satellite » sur la plaza sud.

Los Angeles County Museum of Art et California African American Museum (Los Angeles) — Coprésentation angeline de la rétrospective, du 26 mai 2024 au 20 janvier 2025.

Studio Museum in Harlem (New York) — Résidence d’artiste 2010-2011, première acquisition en 2011 et plusieurs expositions collectives.

Repères chronologiques

1967 — Naissance de Simone Leigh à Chicago, dans l’Illinois.

1990 — Licence de philosophie et d’art obtenue à Earlham College, Richmond (Indiana).

2010-2011 — Résidence d’artiste au Studio Museum in Harlem, avec Kamau Amu Patton et Paul Mpagi Sepuya.

2011 — Première acquisition d’une de ses œuvres par le Studio Museum in Harlem.

2012 — Participation à la Biennale du Whitney Museum of American Art, à New York.

2014 — «  The Free People’s Medical Clinic » à Bedford-Stuyvesant, commande de Creative Time.

2016 — Ouverture de «  Hammer Projects: Simone Leigh », première exposition personnelle en musée à Los Angeles.

2017 — Installation «  imba yokubikira » présentée dans le programme inHarlem du Studio Museum.

2019-04 — Dévoilement de «  Brick House », première commande du Plinth de la High Line.

2019 — Œuvres présentées à la Biennale du Whitney, dont «  #8 Village Series » et «  Corrugated Lady ».

2022-04-23 — Lion d’or de la meilleure participante à «  The Milk of Dreams », 59e Biennale de Venise.

2023-04-06 — Ouverture de la rétrospective «  Simone Leigh » à l’ICA de Boston, jusqu’au 4 septembre.

2023-11-03 — Étape de la rétrospective au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, à Washington.

2024-05-26 — Coprésentation de la rétrospective au LACMA et au California African American Museum.

2025-03-20 — Ouverture de la présentation «  Simone Leigh » à Glenstone, à Potomac (Maryland).

Simone Leigh & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Simone Leigh à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Simone Leigh travaille-t-elle d'abord la terre, même pour ses bronzes ?

L'argile est la base de la plupart de ses œuvres : ses sculptures en bronze sont d'abord modelées en terre. Elle pousse les possibilités du matériau par l'échelle et la méthode, contestant une hiérarchie des beaux-arts qui associe encore la céramique au travail féminin, à la décoration, à l'artisanat domestique et à l'utilitaire.

Que représente le Lion d'or reçu à Venise en 2022 ?

Le 23 avril 2022, La Biennale di Venezia lui décerne le Lion d'or de la meilleure participante à l'exposition internationale « The Milk of Dreams ». Le jury salue l'ouverture sculpturale monumentale de l'Arsenale, rigoureusement documentée et réalisée avec virtuosité, qui offrait selon lui une entrée en matière convaincante à l'ensemble de l'exposition.

Qu'était l'exposition « Simone Leigh: Sovereignty » ?

C'est le titre de sa présentation au pavillon des États-Unis lors de la 59e Biennale de Venise, en 2022, année où elle représente son pays. Des sélections de cette présentation ont ensuite fait leur première américaine à Boston, réunies à des œuvres majeures issues de toute sa carrière en céramique, bronze et vidéo.

Quels motifs reviennent d'une œuvre à l'autre chez Simone Leigh ?

Son vocabulaire visuel repose sur des motifs récurrents : coquillages cauris, tresses, rosettes, vases-visages et visages sans yeux. En rejouant ces formes dans des matériaux et des échelles variables, elle en fait émerger de nouvelles significations, toujours centrées sur l'expérience et le travail intellectuel des femmes noires.

Qu'est-ce que « The Free People's Medical Clinic » ?

Il s'agit d'un projet présenté en 2014 dans le quartier de Bedford-Stuyvesant, à Brooklyn, commandé par l'organisation Creative Time. Cette œuvre relève du versant social et performatif de sa pratique, où l'installation devient un espace de soin partagé plutôt qu'un simple objet à contempler.

Quelles autrices nourrissent le travail de Simone Leigh ?

Le Studio Museum in Harlem cite explicitement Saidiya Hartman, Christina Sharpe et Hortense Spillers parmi les chercheuses qu'elle convoque, en entrelaçant leurs cadres — fabulation critique, exploration d'archives et pratique auto-ethnographique — à sa propre fabrication d'objets.