Exposition Paris

Exposition Steve McQueen

Né à Londres en 1969, Steve McQueen construit depuis le milieu des années 1990 une œuvre d’image en mouvement conçue pour l’espace d’exposition: films projetés à grande échelle, photographies, néons, sculptures.

Qui est Steve McQueen ?

Steve McQueen naît à Londres en 1969.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Steve McQueen dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Londres, la pellicule comme matière d’exposition

Steve McQueen naît à Londres en 1969. Sa première œuvre filmée, «  Exodus » (1992/97), tournée à la caméra Super 8, prend pour sujet la migration et le multiculturalisme dans sa ville natale; elle ouvrira plus tard sa rétrospective à la Tate Modern. Dès cette période, il conçoit l’image projetée non comme un film de salle obscure mais comme une pièce d’exposition, dont la durée, l’échelle et le son engagent physiquement celui qui la regarde. Deux films de la fin des années 1990, «  Deadpan » (1997) et l’installation vidéo «  Drumroll » (1998), fixent cette manière: peu de moyens, une idée tenue jusqu’au bout, une intensité qui ne se raconte pas mais s’éprouve.

Le Turner Prize 1999

Le 30 novembre 1999, le Turner Prize est décerné à Steve McQueen à la Tate Gallery. Doté de 20 000 livres et parrainé par Channel 4 depuis 1991, il lui est remis par l’architecte Zaha Hadid. McQueen était nommé pour son exposition à l’ICA, qui réunissait «  Deadpan » (1997) et une importante installation vidéo inédite, «  Drumroll » (1998). Le jury a salué la poésie et la clarté de sa vision, l’étendue de son travail, son intensité émotionnelle et son économie de moyens, et s’est déclaré frappé par la continuité de son évolution intellectuelle et technique. Tracey Emin, Steven Pippin ainsi que Jane et Louise Wilson figuraient parmi les autres artistes distingués cette année-là.

Documenta 11: filmer le travail et l’histoire

En 2002, la documenta 11 de Cassel commande à McQueen «  Western Deep », plongée sensorielle dans les conditions de travail des mineurs d’or d’Afrique du Sud. Dans cette édition, les projections vidéo et les installations amples occupaient une place dominante, chaque œuvre disposant pour ainsi dire de son propre espace, au Fridericianum comme dans l’ancienne brasserie Binding. La même année, l’artiste tourne à la Grenade «  Carib’s Leap », hommage aux populations autochtones de l’île qui, en 1651, choisirent la mort plutôt que de se rendre aux envahisseurs français. Ces deux pièces installent durablement la méthode: un fait historique ou économique dur, traité par la seule force du cadre et de la durée.

Deux carrières, une même exigence

À partir de 2008, McQueen ajoute au travail d’exposition quatre longs métrages destinés aux salles: «  Hunger » (2008), «  Shame » (2010), «  12 Years a Slave » (2013) et «  Widows » (2018). «  Hunger », qui suit le quotidien d’un gardien et des prisonniers républicains de la prison de Maze en Irlande du Nord en 1981, est présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes et y reçoit la Caméra d’or 2008, récompense réservée aux premiers films. Loin de constituer une parenthèse, ce passage au cinéma prolonge les questions qui traversent ses installations: le corps contraint, la perte et la conquête de la liberté, l’effet de la domination sur les gestes les plus ordinaires.

La rétrospective de la Tate Modern (2020)

Du 13 février au 11 mai 2020, la Tate Modern consacre à McQueen la première grande exposition de son travail plastique au Royaume-Uni depuis vingt ans. Quatorze œuvres majeures y couvrent film, photographie et sculpture: «  Exodus » (1992/97), «  7th Nov. 2001 », où son cousin Marcus raconte le jour où il a mortellement blessé son propre frère, «  Western Deep » (2002), «  Static » (2009) et sa vue aérienne de la statue de la Liberté, «  Ashes » (2002-2015), tombeau filmé d’un jeune pêcheur rencontré à la Grenade, et «  End Credits » (2012-en cours), hommage à Paul Robeson montré pour la première fois dans le pays. Fermée par la crise sanitaire, l’exposition rouvre le 7 août 2020 et est prolongée jusqu’au 6 septembre, avec une jauge réduite.

«  Year 3 », portrait d’une ville entière

En 2018, McQueen invite toutes les écoles primaires de Londres à se faire photographier selon le rituel de la photo de classe. Mille cinq cent quatre établissements — publics, privés, confessionnels, spécialisés — répondent. Le résultat, «  Year 3 », est dévoilé le 12 novembre 2019 à la Tate Britain, où il reste exposé jusqu’au 31 janvier 2021, tandis qu’Artangel en place des reproductions sur des panneaux d’affichage à travers la ville du 4 au 18 novembre 2019. Conçu avec la Tate Britain, Artangel et A New Direction, ce portrait collectif des enfants de huit ans d’une capitale entière est présenté comme l’un des tableaux de la citoyenneté les plus ambitieux jamais entrepris dans une métropole de cette taille.

La pratique en bref

Médiums: film 16 et 35 mm, Super 8, installation vidéo multi-écrans, photographie, néon, sculpture, long métrage de cinéma.

Techniques: projection à grande échelle conçue pour l’espace d’exposition, installation à deux canaux, prise de vue aérienne, son enveloppant travaillé comme matière, durée longue et cadre fixe, séries photographiques de grand nombre.

Motifs récurrents: représentation et invisibilité des identités noires, migration et héritage caribéen, mémoire, deuil et commémoration, travail, extraction et exploitation, corps contraint et enfermement, citoyenneté et portrait collectif.

Paris, scène française de ses expositions personnelles

La relation de McQueen à Paris passe d’abord par la galerie Marian Goodman, rue du Temple, dans le 3e arrondissement. En février-mars 2006, il y montre deux installations récentes, «  Pursuit » (2005) et «  Charlotte » (2004), tournée avec l’actrice Charlotte Rampling, ainsi qu’une pièce créée pour l’occasion, «  Portrait as an Escapologist ». Du 9 janvier au 27 février 2016 revient à Paris sa cinquième exposition chez le même galeriste, autour du film «  Ashes », d’un mur de 77 néons bleu foncé formant autant de versions manuscrites de la phrase «  Remember Me », et de deux sculptures, «  Broken Column » et «  Moonlit ». Du 24 mai au 25 juillet 2025, la série photographique «  Bounty » y fait ses débuts européens: c’est, selon la galerie, sa première exposition personnelle en France depuis 2016, accompagnée le 21 juin d’une conversation publique avec Hans Ulrich Obrist.

Ses œuvres dans une collection parisienne

Deux pièces de McQueen appartiennent à la Pinault Collection, dont le musée parisien est la Bourse de Commerce: «  Exodus » (1992-1997), son tout premier film, et «  Cold Breath » (2000). La collection présente l’artiste comme l’auteur d’une œuvre polymorphe et engagée sur le désespoir et l’utopie des sociétés occidentales, qui demande au spectateur d’éprouver physiquement les situations existentielles qu’il met en fiction. Ses vidéos y ont été montrées pour la première fois hors de Paris, à Lille, lors de l’exposition «  Passage du temps » au Tri Postal en 2008. Aucune de ces deux œuvres n’est annoncée dans la programmation parisienne en cours à la date de vérification de ce dossier.

Où voir ses œuvres

Galerie Marian Goodman (Paris) — Galerie qui représente l’artiste et l’a exposé à Paris en 2006, en 2016 («  Ashes ») et en 2025 («  Bounty », 79 rue du Temple).

Bourse de Commerce — Pinault Collection (Paris) — Musée parisien de la collection qui conserve «  Exodus » (1992-1997) et «  Cold Breath » (2000).

Tate Modern (Londres) — Rétrospective de quatorze œuvres majeures du 13 février au 11 mai 2020, rouverte du 7 août au 6 septembre 2020.

Tate Britain (Londres) — Présentation de «  Year 3 » du 12 novembre 2019 au 31 janvier 2021.

Repères chronologiques

1969 — Naissance de Steve McQueen à Londres, ville qui restera au cœur de son travail.

1992-1997 — Réalisation d’«  Exodus », premier film tourné en Super 8, aujourd’hui dans la Pinault Collection.

1998 — Présentation de l’installation vidéo «  Drumroll », avec «  Deadpan », dans son exposition à l’ICA de Londres.

1999-11-30 — Attribution du Turner Prize à la Tate Gallery, remis par l’architecte Zaha Hadid.

2002 — «  Western Deep », commande de la documenta 11 sur les mineurs d’or sud-africains.

2006-02 — Exposition personnelle à la galerie Marian Goodman de Paris, avec «  Pursuit » et «  Charlotte ».

2008 — Caméra d’or du Festival de Cannes pour «  Hunger », présenté à Un Certain Regard.

2016-01 — Cinquième exposition parisienne chez Marian Goodman, autour du film «  Ashes » et des néons «  Remember Me ».

2019-11-12 — Dévoilement de «  Year 3 » à la Tate Britain, avec un affichage urbain conçu par Artangel.

2020-02-13 — Ouverture de la rétrospective de la Tate Modern, quatorze œuvres majeures réunies.

2020-08-07 — Réouverture de l’exposition de la Tate Modern, prolongée jusqu’au 6 septembre.

2025-05-24 — Ouverture de «  Bounty » à Paris, 47 photographies de fleurs de la Grenade, jusqu’au 25 juillet.

Steve McQueen & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Steve McQueen à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

L'artiste Steve McQueen est-il l'acteur américain du même nom ?

Non : il s'agit de deux personnes distinctes portant le même nom. L'artiste dont il est question ici est britannique, né à Londres en 1969, lauréat du Turner Prize en 1999 et auteur d'installations filmiques ainsi que de quatre longs métrages, dont « 12 Years a Slave » (2013).

Pourquoi Steve McQueen a-t-il reçu le Turner Prize en 1999 ?

Il était nommé pour son exposition à l'ICA, qui présentait « Deadpan » (1997) et l'installation vidéo « Drumroll » (1998). Le jury a distingué la poésie et la clarté de sa vision, l'étendue de son travail, son intensité émotionnelle et son économie de moyens. Le prix, doté de 20 000 livres, lui a été remis par Zaha Hadid le 30 novembre 1999.

Peut-on voir des œuvres de Steve McQueen à Paris ?

Deux de ses films, « Exodus » (1992-1997) et « Cold Breath » (2000), appartiennent à la Pinault Collection, dont le musée parisien est la Bourse de Commerce ; leur présentation dépend toutefois des accrochages en cours. La galerie Marian Goodman, rue du Temple, l'a exposé à Paris en 2006, 2016 et 2025.

Quel lien son travail entretient-il avec l'île de la Grenade ?

La Grenade est le pays d'origine de ses parents et le terrain de plusieurs œuvres : « Carib's Leap » (2002), qui évoque les habitants autochtones ayant choisi la mort face aux envahisseurs français en 1651, « Ashes » (2002-2015), consacré à un jeune pêcheur rencontré sur place, et « Bounty » (2025), série de 47 photographies de fleurs de l'île.

Qu'est-ce que « Year 3 » ?

C'est un portrait collectif des élèves londoniens de huit ans, réalisé à partir du rituel de la photo de classe. Toutes les écoles primaires de Londres ont été invitées en 2018 et 1 504 d'entre elles ont participé. L'ensemble a été exposé à la Tate Britain à partir du 12 novembre 2019 et sur des panneaux d'affichage installés dans la ville par Artangel.

Quels longs métrages de cinéma a-t-il réalisés ?

Quatre films destinés aux salles jalonnent son parcours : « Hunger » (2008), « Shame » (2010), « 12 Years a Slave » (2013) et « Widows » (2018). « Hunger », qui se déroule dans la prison de Maze en Irlande du Nord en 1981, a été présenté à Un Certain Regard et a reçu la Caméra d'or 2008 du Festival de Cannes.