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Exposition Subodh Gupta

Né en 1964 à Khagaul, dans l’État indien du Bihar, Subodh Gupta a fait de la batterie de cuisine indienne un alphabet plastique: thalis, gamelles et marmites en inox, soudés par milliers, deviennent chez lui crânes monumentaux, arbres ou nuages.

Qui est Subodh Gupta ?

Subodh Gupta grandit à Khagaul, petite ville du Bihar, dans une région que les notices françaises décrivent comme défavorisée.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Subodh Gupta dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une enfance au Bihar, un début par le théâtre

Subodh Gupta grandit à Khagaul, petite ville du Bihar, dans une région que les notices françaises décrivent comme défavorisée. Son père, garde ferroviaire, meurt alors qu’il a douze ans; l’enfant est confié quelque temps à son frère dans un village reculé. À la sortie de l’école, il rejoint une petite troupe de théâtre locale où il joue et dessine les affiches des pièces — c’est par cette pratique d’affichiste, doublée d’un emploi d’illustrateur de presse, qu’il envisage une carrière artistique.

Patna, puis Delhi: la formation d’un peintre

De 1983 à 1988, il suit l’enseignement du College of Arts and Crafts de Patna, où il se forme d’abord à la peinture, tout en continuant le théâtre. En 1990 il gagne Delhi à la faveur d’une résidence de la Lalit Kala Akademi et s’y établit durablement. Ses années d’après-diplôme sont des années de galère, marquées par sa fréquentation de Khoj Studios, structure delhiite tournée vers l’expérimentation et les jeunes artistes, qui infléchit durablement sa manière de travailler.

Bouse de vache, corps et identité bihari

Avant l’inox, Gupta travaille des matières organiques chargées de valeur rituelle. La bouse de vache, agent de purification dans la culture indienne, tapisse les murs d’une galerie ou enrobe son propre corps. My Mother and Me (1997) est une structure cylindrique de trois mètrès en bouse séchée, posée sur un sol cendré. Bihari (1999) est un autoportrait programmatique: le mot devanagari «  Bihari », souvent employé comme insulte visant les migrants économiques du Bihar, y devient revendication.

L’inox comme langue commune

Le vocabulaire qui l’a rendu célèbre est celui du garde-manger: boîtes à repas empilables, assiettes à compartiments, seaux à lait, bicyclettes, autant d’objets omniprésents dans les foyers indiens. Assemblés, moulés ou suspendus, ils composent des pièces monumentales dont Very Hungry God (2006), crâne géant de récipients acheté par le collectionneur François Pinault et montré devant le Palazzo Grassi lors de la Biennale de Venise de 2007. La cuisine, dit-il, y vaut chambre de prière.

Musées, biennales et marché

Son œuvre circule très tôt hors d’Inde: la Triennale asiatique de Fukuoka en 1999, la Biennale de Gwangju en 2000, puis les foires internationales à partir de 2002. Line of Control (2008), champignon atomique fait de casseroles, est présenté à la Tate Triennial de la Tate Britain en 2009 avant de rejoindre le Kiran Nadar Museum of Art de Delhi; la Tate conserve pour sa part Everyday, daté de 2009. Il compte aujourd’hui parmi les artistes indiens les plus cotés, ce qui lui vaut aussi le reproche de la répétition.

La pratique en bref

Médiums: sculpture, installation, peinture à l’huile, vidéo, photographie, performance.

Techniques: assemblage soudé d’ustensiles en acier inoxydable et en aluminium, moulage d’objets trouvés en métal (laiton, bronze), readymade et détournement d’objets domestiques, emploi de matières organiques rituelles, notamment la bouse de vache, peinture à l’huile sur lin.

Motifs récurrents: le rituel et la spiritualité dans le quotidien, la cuisine comme centre symbolique du foyer indien, l’identité bihari, la migration et la mobilité sociale, la transformation économique de l’Inde et la mondialisation, le déplacement, l’exil et l’objet abandonné.

«  Adda » / Rendez-vous, Monnaie de Paris, 2018

Du 13 avril au 26 août 2018, la Monnaie de Paris, au 11 quai de Conti dans le 6e arrondissement, présente la première rétrospective française de l’artiste. Le titre reprend le mot hindi «  adda », qui désigne le lieu où l’on se retrouve pour discuter et débattre. Le parcours occupe les salons historiques le long de la Seine, gagne l’escalier d’honneur et se prolonge dans la cour intérieure avec des sculptures monumentales conçues pour l’occasion. Organisée en six sections, l’exposition fait dialoguer une sélection de pièces avec la collection permanente d’objets de métal de l’institution.

Un passage par les Beaux-Arts de Paris

Les notices françaises consacrées à l’artiste signalent qu’il enseigne en 2004 à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, à un moment où sa notoriété internationale s’installe tout juste. Ce séjour d’enseignement précède de quatorze ans la rétrospective du quai de Conti et constitue son premier ancrage documenté dans la vie artistique parisienne. Le détail du cursus, du statut exact et de la durée n’est donné par aucune des sources institutionnelles consultées: l’information repose sur des notices de référence et reste à confirmer auprès de l’école.

Galleria Continua, son ancrage parisien actuel

Subodh Gupta figure au catalogue de Galleria Continua, dont l’une des implantations se trouve à Paris et qui l’expose régulièrement. La galerie documente en outre un ensemble de pièces de 2023 — Sangam I et II, The Proust Effect, Eating in Proust, Stitching the Code — dont les visuels portent le crédit du Bon Marché Rive Gauche, ce qui atteste une présentation de ces œuvres dans le grand magasin parisien. Ni le titre exact de cette manifestation ni ses dates ne sont donnés par la galerie; ils ne sont donc pas affirmés ici.

Où voir ses œuvres

Monnaie de Paris (Paris) — A présenté du 13 avril au 26 août 2018 «  Adda » / Rendez-vous, première rétrospective de l’artiste en France.

Galleria Continua (Paris) — Galerie représentant l’artiste; l’expose à Paris dans l’accrochage collectif «  Plein Soleil » en 2026.

Kiran Nadar Museum of Art (New Delhi) — Conserve Line of Control (2008) et fait figurer l’artiste dans l’index de sa collection.

Tate (Londres) — Conserve l’œuvre Everyday, datée de 2009, dans sa collection.

Repères chronologiques

1964 — Naissance à Khagaul, dans l’État du Bihar, en Inde.

1983-1988 — Études de peinture au College of Arts and Crafts de Patna.

1990 — Départ pour Delhi à la faveur d’une résidence de la Lalit Kala Akademi.

1997 — My Mother and Me, structure de bouse de vache issue d’un atelier de Khoj Studios.

1999 — Bihari, autoportrait revendiquant son origine dans l’État du Bihar.

2004 — Enseignement aux Beaux-Arts de Paris, premier ancrage parisien documenté.

2006 — Very Hungry God, crâne d’ustensiles acquis par François Pinault.

2009 — Line of Control à la Tate Triennial; Everyday, daté de 2009, à la Tate.

2018-04-13 — Ouverture d’«  Adda » / Rendez-vous à la Monnaie de Paris, jusqu’au 26 août.

2026-06-12 — Participation à l’accrochage collectif «  Plein Soleil », Galleria Continua Paris.

Subodh Gupta & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Subodh Gupta à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Subodh Gupta travaille-t-il avec des ustensiles de cuisine en inox ?

Parce que ces gamelles, thalis et seaux à lait sont partout dans les foyers indiens et qu'ils appartiennent aux rituels de son enfance. La Monnaie de Paris souligne que la cuisine occupe dans son travail la place qu'elle occupe dans la maison indienne : un centre à partir duquel il interroge la spiritualité du quotidien, mais aussi la transformation économique du pays.

Que signifie le mot « Adda » qui titrait son exposition parisienne ?

« Adda » est un mot et un concept hindi désignant le rendez-vous informel, le lieu où l'on se retrouve pour discuter, échanger et débattre. Gupta a conçu la rétrospective de 2018 à la Monnaie de Paris selon cette logique : l'exposition y est pensée comme une conversation offerte au public plutôt que comme une simple présentation d'œuvres.

Qu'est-ce que « Very Hungry God » ?

C'est un crâne monumental assemblé à partir de récipients de cuisine métalliques, réalisé en 2006 et considéré comme son œuvre la plus connue. Acquis par le collectionneur François Pinault, il a été montré devant le Palazzo Grassi lors de la Biennale de Venise de 2007, puis présenté à la Monnaie de Paris en 2018 parmi les sculptures emblématiques du parcours.

Subodh Gupta a-t-il enseigné en France ?

Les notices de référence françaises indiquent qu'il enseigne en 2004 aux Beaux-Arts de Paris, quelques années après ses premières apparitions dans les biennales asiatiques. Aucune source institutionnelle consultée ne précise le statut, la durée ni l'intitulé de cet enseignement : l'information est donc rapportée telle quelle, sans détail supplémentaire.

Où voir une œuvre de Subodh Gupta à Paris en ce moment ?

Galleria Continua présente à Paris l'accrochage collectif « Plein Soleil », du 12 juin au 19 septembre 2026, dont la liste d'artistes publiée par la galerie inclut Subodh Gupta aux côtés notamment d'Ai Weiwei, Berlinde De Bruyckere, Leandro Erlich et Pascale Marthine Tayou. Aucune exposition personnelle ne lui est consacrée à Paris à cette date.

Quels musées conservent des œuvres de Subodh Gupta ?

La Tate conserve Everyday, œuvre datée de 2009 et référencée sur sa fiche d'artiste. Le Kiran Nadar Museum of Art de New Delhi fait figurer Gupta dans l'index de sa collection et expose Line of Control (2008), champignon atomique constitué de casseroles, présenté auparavant à la Tate Britain lors de la Tate Triennial de 2009.