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Cette page sert surtout à situer Tamara de Lempicka dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Varsovie et jetée sur les routes de l’exil par la révolution d’Octobre, Tamara de Lempicka fait de Paris son atelier et son théâtre.
Fille d’un père juif russe et d’une mère polonaise, elle passe son enfance entre Saint-Pétersbourg, Varsovie et Lausanne, dans le milieu aisé de la noblesse pétersbourgeoise.
Cette page sert surtout à situer Tamara de Lempicka dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Fille d’un père juif russe et d’une mère polonaise, elle passe son enfance entre Saint-Pétersbourg, Varsovie et Lausanne, dans le milieu aisé de la noblesse pétersbourgeoise. Mariée en 1916 à l’avocat polonais Tadeusz Lempicki, elle voit cet équilibre emporté par la révolution d’Octobre 1917: le couple doit fuir le régime bolchevique et se retrouve à Paris, où la jeune femme vend ses bijoux pour survivre. Elle divorce en 1928, puis épouse en 1933 le baron Raoul Kuffner. La rétrospective américaine de 2024-2025 a rappelé qu’elle dissimula par ailleurs son ascendance juive au fil de ces déplacements.
À Paris, elle fréquente les ateliers de Maurice Denis et d’André Lhote, qui l’initient à un cubisme resté lisible, compatible avec la figure. Le musée du Luxembourg résume ainsi sa position: un style tenu entre maniérisme et cubisme, jouant des proportions, déplaçant les perspectives, misant sur des couleurs éclatantes et des contrastes appuyés entre l’ombre et la lumière. Elle trouve sa manière propre vers 1925: encouragée par le galeriste milanais Emanuele di Castelbarco, elle peint vingt-huit tableaux en six mois et en expose une trentaine à la galerie Bottega di Poesia, à Milan.
Devenue très vite l’une des portraitistes les plus recherchées de la haute bourgeoisie et de l’aristocratie françaises et italiennes, elle enchaîne les commandes — le marquis d’Afflitto, la duchesse de La Salle, tous deux en 1925. Ses cadrages ultraserrés et le regard théâtral de ses modèles doivent au cinéma muet; l’architecture contemporaine et les gratte-ciel new-yorkais peuplent ses arrière-plans. En 1929, l’Autoportrait dit « Tamara dans la Bugatti verte », commandé par le magazine de mode allemand Die Dame pour sa couverture, fixe pour longtemps son image: casque de cuir, gants, regard froid, indépendance affichée.
Après avoir échappé à la persécution en Pologne et fui la Russie soviétique, elle quitte l’Europe en 1939 et passe la décennie suivante entre New York et Los Angeles. Le musée des Beaux-Arts de Houston, qui a présenté sa rétrospective en 2025, souligne que ce déplacement transforme sa peinture: aux portraits classiques succèdent des études de figures et des natures mortes mélancoliques, où affleurent son goût pour la Renaissance et pour Ingres. Elle se retire largement du monde de l’art dans les années 1950 et fait de Houston sa seconde ville, avant de mourir à Cuernavaca, au Mexique, en 1980.
Après des décennies d’effacement, le regain d’intérêt pour son œuvre naît d’une exposition parisienne: « Tamara de Lempicka de 1925 à 1939 », montée en 1972 par la Galerie du Luxembourg. La consécration muséale suit lentement — rétrospective à la Royal Academy of Arts de Londres en 2004, puis première rétrospective américaine au de Young de San Francisco en 2024, reprise au Museum of Fine Arts de Houston en 2025 avec plus de quatre-vingt-dix œuvres. Le marché a suivi: son Portrait de Marjorie Ferry (1932) a été adjugé 21,2 millions de dollars en 2020.
Médiums: huile sur toile, huile sur contreplaqué ou sur panneau, dessin et étude préparatoire.
Techniques: modelé lisse et durci, presque métallique, appliqué aux carnations et aux drapés, cadrage ultraserré hérité du cinéma muet, contrastes appuyés d’ombre et de lumière, couleurs saturées, géométrisation cubiste maintenue lisible, héritée de l’enseignement d’André Lhote, études et dessins préparatoires en amont des toiles, mis au jour par la rétrospective de 2024-2025.
Motifs récurrents: portrait mondain de commande, figure féminine indépendante et autoportrait, nu, architecture moderne et gratte-ciel en arrière-plan, enfance et maternité, à travers sa fille Kizette, nature morte et intérieur domestique de la période américaine.
Le lien de Lempicka avec Paris est inscrit dans la pierre: la base Mémoire du ministère de la Culture conserve, dans les dossiers de protection des immeubles parisiens, une photographie légendée « ancien atelier de Tamara de Lempicka », localisée au 7 rue Méchain, dans le 14e arrondissement. La notice date l’édifice de 1929 et l’attribue à l’architecte Robert Mallet-Stevens, avec des verrières du peintre-verrier Louis Barillet. L’artiste travaille donc au cœur d’un manifeste construit du modernisme parisien, à quelques centaines de mètrès de Montparnasse, au moment même où sa peinture atteint sa plus grande notoriété.
Le Musée national d’art moderne recense sept œuvres de l’artiste: Jeune fille en vert, M. Thadeus Lempicki, La Communiante, Kizette au balcon, Les Arums, Portrait du baron Raoul Kuffner et Coupe de raisins. La plus connue, Jeune fille en vert, est entrée dans les collections publiques françaises par un achat de l’État dès 1932, alors que la peintre était encore en pleine activité — un signe rare de reconnaissance institutionnelle immédiate. C’est cette toile que le de Young de San Francisco a reproduite en tête de son communiqué de rétrospective en 2024.
C’est encore Paris qui relance sa fortune critique. En 1972, la Galerie du Luxembourg présente « Tamara de Lempicka de 1925 à 1939 », exposition que le Museum of Fine Arts de Houston qualifie de point de départ du regain d’intérêt pour son œuvre. En 2013, la Pinacothèque de Paris lui consacre une rétrospective, « Tamara de Lempicka, la reine de l’Art déco », du 18 avril au 8 septembre, sous le commissariat de Gioia Mori. En 2022, le musée du Luxembourg l’intègre à « Pionnières », consacrée aux femmes artistes des Années folles.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve sept œuvres de l’artiste, dont Jeune fille en vert, achetée par l’État en 1932. Le bâtiment de la rue Beaubourg est fermé depuis le 22 septembre 2025 pour un chantier de rénovation annoncé jusqu’en 2030; la collection est redéployée chez des institutions partenaires en France et à l’étranger.
Musée d’arts de Nantes (Nantes) — Conserve Kizette en rose, achetée directement à la peintre et inscrite dans les collections le 28 janvier 1928 — la plus ancienne acquisition publique française documentée de son œuvre.
Musée du Luxembourg (Paris) — A présenté l’artiste au sein de l’exposition « Pionnières » consacrée aux femmes artistes des Années folles, avec un dispositif de médiation dédié à sa biographie.
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve Woman with Arms Crossed (1939), donnée en 1986 par la fille de l’artiste, Kizette de Lempicka-Foxhall.
1898 — Naissance à Varsovie, en Pologne; les rétrospectives américaines de 2024-2025 retiennent pour leur part 1894.
1916 — Mariage avec l’avocat polonais Tadeusz Lempicki, dont elle gardera le nom.
1917 — La révolution d’Octobre contraint le couple à fuir le régime bolchevique et à gagner Paris.
1925 — Elle trouve sa manière propre et expose une trentaine d’œuvres à la galerie Bottega di Poesia, à Milan.
1927 — Millésime de création de Kizette en rose, portrait en pied de sa fille aujourd’hui conservé à Nantes.
1928-01-28 — Le musée des beaux-arts de Nantes enregistre l’acquisition de Kizette en rose, achetée à la peintre.
1928 — Divorce d’avec Tadeusz Lempicki, dont elle avait peint le portrait resté inachevé.
1929 — Autoportrait commandé par le magazine Die Dame, dit « Tamara dans la Bugatti verte », peint à Paris.
1929 — Un atelier lui est associé au 7 rue Méchain, dans un immeuble parisien de Robert Mallet-Stevens.
1932 — L’État français achète Jeune fille en vert, aujourd’hui au Musée national d’art moderne.
1933 — Elle épouse en secondes noces le baron Raoul Kuffner, collectionneur et mécène.
1939 — Elle quitte l’Europe et s’installe aux États-Unis, entre New York et Los Angeles.
1972 — La Galerie du Luxembourg, à Paris, présente « Tamara de Lempicka de 1925 à 1939 » et amorce sa redécouverte.
1980 — Mort à Cuernavaca, au Mexique, après un long retrait du monde de l’art.
2013 — Rétrospective « Tamara de Lempicka, la reine de l’Art déco » à la Pinacothèque de Paris, du 18 avril au 8 septembre.
2024-10-12 — Ouverture au de Young de San Francisco de la première rétrospective américaine, plus de 150 œuvres.
2025-03-09 — Reprise de la rétrospective au Museum of Fine Arts de Houston, jusqu’au 6 juillet 2025.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Tamara de Lempicka à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Le Centre Pompidou conserve sept de ses œuvres, dont Jeune fille en vert, Kizette au balcon et Les Arums. Attention toutefois : le bâtiment est fermé depuis le 22 septembre 2025 pour une rénovation annoncée jusqu'en 2030, et la collection circule pendant cette période chez des institutions partenaires.
Les notices du Centre Pompidou, du Metropolitan Museum of Art et de la base Joconde indiquent 1898 à Varsovie. Le de Young et le Museum of Fine Arts de Houston, qui ont porté la rétrospective de 2024-2025, retiennent 1894. La question n'est pas tranchée : l'artiste a elle-même remodelé sa biographie, et les deux dates coexistent aujourd'hui dans les sources institutionnelles.
La base Mémoire du ministère de la Culture localise « l'ancien atelier de Tamara de Lempicka » au 7 rue Méchain, dans le 14e arrondissement, dans un immeuble de 1929 dû à Robert Mallet-Stevens, avec des verrières de Louis Barillet. L'adresse figure dans les dossiers de protection des immeubles parisiens.
Le musée des beaux-arts de Nantes, devenu musée d'arts de Nantes : il a acquis Kizette en rose directement auprès de la peintre, avec une date d'acquisition enregistrée au 28 janvier 1928. L'État français a suivi en 1932 en achetant Jeune fille en vert, aujourd'hui au Centre Pompidou.
C'est un petit panneau peint à Paris en 1929, commandé par le magazine de mode allemand Die Dame pour sa couverture. Lempicka s'y représente au volant d'une voiture de course, casque de cuir et gants, en figure de l'indépendance féminine. L'œuvre appartient à une collection particulière en Suisse et n'est donc pas visible en musée.
Elle fréquente les ateliers de Maurice Denis et d'André Lhote. Le second, qui pratiquait un cubisme resté figuratif, lui fournit la grammaire géométrique qu'elle appliquera au portrait mondain ; le musée du Luxembourg décrit un style personnel tenu entre héritage maniériste et leçon cubiste.