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Cette page sert surtout à situer Tarsila do Amaral dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Tarsila do Amaral (1886-1973) occupe au Brésil la place que le pays reconnaît à ses fondateurs: celle de l’artiste qui a donné une forme au modernisme national.
Née le 1er septembre 1886 à Capivari, dans l’État de São Paulo, Tarsila do Amaral grandit dans une famille de producteurs de café, entre fazendas et longs séjours en Europe.
Cette page sert surtout à situer Tarsila do Amaral dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née le 1er septembre 1886 à Capivari, dans l’État de São Paulo, Tarsila do Amaral grandit dans une famille de producteurs de café, entre fazendas et longs séjours en Europe. Elle apprend le piano et le français auprès d’une gouvernante belge. Mariée à dix-huit ans à André Teixeira Pinto, mère d’une fille, Dulce, née en 1906, elle s’en sépare en 1913 et s’installe à São Paulo, où elle prend des cours particuliers auprès des peintres académiques Pedro Alexandrino et Georg Elpons. Sa vocation est donc tardive et pleinement choisie.
En 1920, elle s’installe dans la capitale française et s’inscrit à l’Académie Julian, présentée par le musée du Luxembourg comme la seule académie acceptant alors les femmes et les étrangères; elle y peint d’après le modèle vivant dans une manière encore classique, avant de délier sa touche dans un second atelier — le musée du Luxembourg cite l’académie Émile Bernard, le Guggenheim Bilbao l’atelier d’Émile Renard. Pendant son absence se joue à São Paulo, en février 1922, la Semaine d’art moderne. Elle rentre aussitôt et fonde en juin le Grupo dos Cinco avec Anita Malfatti, Menotti del Picchia, Mário et Oswald de Andrade.
Revenue à Paris en décembre 1922, elle suit les cours d’André Lhote puis rejoint à l’automne 1923 les ateliers de Fernand Léger et d’Albert Gleizes. Blaise Cendrars lui ouvre les cercles intellectuels de la ville: Constantin Brancusi, Jean Cocteau, Erik Satie. C’est là qu’elle peint A Negra, huile sur toile aujourd’hui conservée au Museu de Arte Contemporânea de l’université de São Paulo, où la figure est aplatie, hypertrophiée, posée devant de simples bandes de couleur. L’artiste elle-même désignera 1923 comme l’année la plus importante de sa carrière.
Un voyage au Minas Gerais en 1924 lui fait découvrir le Brésil profond et nourrit la série qu’elle nomme d’après le bois brésil. En mars de la même année, Oswald de Andrade publie le manifeste de la peinture Pau-Brasil, auquel elle se rallie. Quatre ans plus tard, le tableau qu’elle offre à son mari, Abaporu, inspire directement le manifeste anthropophage publié en mai 1928: dévorer les cultures venues d’ailleurs pour en faire une matière brésilienne. Sa seconde exposition personnelle parisienne s’ouvre dans la foulée, après son retour en Europe en juin.
Nommée conservatrice de la Pinacoteca do Estado de São Paulo en 1930, elle perd ce poste au coup d’État de Getúlio Vargas en novembre. En 1931, elle part en Union soviétique avec le psychiatre et écrivain Osório César et montre ses œuvres au Musée d’État d’art occidental moderne de Moscou. Ce voyage lui vaut, en 1932, un mois de détention au Brésil; le musée du Luxembourg rappelle qu’elle est alors emprisonnée pour « subversion ». De cet engagement naissent des toiles ouvertement politiques, dont Operários, qui dénonce les inégalités sociales du pays.
Après une grande rétrospective au Musée d’art moderne de São Paulo en 1950, elle participe aux deux premières Biennales de la ville, puis la septième Biennale de São Paulo lui consacre une salle entière en 1963; elle représente le Brésil à la Biennale de Venise en 1964. Devenue paraplégique à la suite d’une opération de la colonne vertébrale, elle meurt à São Paulo le 17 janvier 1973. Sa reconnaissance internationale s’accélère ensuite: première monographie américaine à Chicago puis au MoMA en 2017-2018, et 402 850 visiteurs pour « Tarsila Popular » au MASP en 2019.
Médiums: Peinture à l’huile sur toile, Étude et académie d’après le modèle vivant.
Techniques: Construction géométrique apprise dans les ateliers d’André Lhote, de Fernand Léger et d’Albert Gleizes, Lignes nettes et composition rigoureuse dans un style que le Larousse rattache au purisme, Fonds réduits à de simples bandes de couleur évoquant terre et ciel, Distorsion et hypertrophie du corps humain, Palette de couleurs vives revendiquée comme brésilienne.
Motifs récurrents: Le Brésil rural et populaire, jusqu’à l’autoportrait en « caipira », Le folklore brésilien: la Cuca, sorcière à tête d’alligator, le Saci Pererê, L’anthropophagie culturelle comme assimilation et résistance, São Paulo transformée par la métropolisation, Le travail et les inégalités sociales, La figure noire et la mémoire de l’esclavage brésilien.
La capitale française est le lieu où Tarsila do Amaral apprend son métier moderne. Inscrite à l’Académie Julian dès son arrivée en 1920, elle passe ensuite par un atelier plus libre, puis, lors de son second séjour, par l’enseignement d’André Lhote et par les ateliers de Fernand Léger et d’Albert Gleizes, où le cubisme est au cœur des apprentissages. AWARE signale qu’elle est invitée en 1923 au Salon des artistes français. Blaise Cendrars lui sert d’introducteur auprès de Brancusi, Cocteau et Satie, un réseau parisien dont sa peinture porte durablement la trace.
C’est à Paris, et non au Brésil, que Tarsila do Amaral expose pour la première fois seule: sa première exposition personnelle ouvre à la galerie Percier en juin 1926, avec une préface de Blaise Cendrars. Le Guggenheim Bilbao situe cette ouverture au retour d’un long périple par la Grèce, la Turquie, le Proche-Orient, l’Égypte et Rome, entre février et mai de la même année. Une seconde exposition personnelle se tient dans la même galerie en 1928, après son retour en Europe au mois de juin, l’année même du manifeste anthropophage.
Le Centre national des arts plastiques conserve A Cuca, peinte vers février 1924, entrée dans le Fonds national d’art contemporain sous le numéro FNAC 9459. La notice du Cnap précise qu’il s’agit d’un don de l’artiste et que l’œuvre provient du Salon du Franc de 1926: c’est donc une exposition parisienne qui l’a fait entrer dans le patrimoine français. Elle est déposée depuis 1928 au musée de Grenoble, qui figure d’ailleurs au crédit photographique retenu par le musée du Luxembourg pour ce tableau.
Le séjour européen se referme au début des années 1930. Rentrant de Moscou en 1931, elle fait étape à Paris, où elle montre ses œuvres au Salon des Surindépendants et participe, aux côtés de Sonia et Robert Delaunay et de Georges Vantongerloo, à un projet de logements pour artistes. En mars 1932, elle quitte définitivement la ville, mettant un terme à une douzaine d’années d’allers-retours entre l’Europe et le Brésil que la notice du Cnap résume par la formule d’un séjour européen courant de 1920 à 1931.
Il aura fallu attendre l’automne 2024 pour que la France consacre à l’artiste une rétrospective: « Tarsila do Amaral. Peindre le Brésil moderne » s’est tenue au musée du Luxembourg du 9 octobre 2024 au 2 février 2025, avec plus de cent cinquante peintures, sous le commissariat général de Cecilia Braschi et une organisation GrandPalaisRmn. Le musée la présente explicitement comme la première rétrospective de son œuvre en France, destinée à combler un manque de reconnaissance européen; elle a ensuite été reprise au musée Guggenheim de Bilbao.
Musée du Luxembourg (Paris) — A présenté du 9 octobre 2024 au 2 février 2025 « Tarsila do Amaral. Peindre le Brésil moderne », première rétrospective française de l’artiste.
Musée de Grenoble (Grenoble) — Conserve en dépôt depuis 1928 A Cuca (vers février 1924), propriété du Centre national des arts plastiques sous le numéro FNAC 9459.
Musée Guggenheim Bilbao (Bilbao) — A repris la rétrospective du musée du Luxembourg du 21 février au 1er juin 2025 et publie une chronologie détaillée de l’artiste.
Museu de Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo (São Paulo) — Conserve A Negra (1923), peinte à Paris, ainsi que Chemins de fer nationaux (1924).
1886-09-01 — Naissance à Capivari, dans l’État de São Paulo, au sein d’une famille de producteurs de café
1913 — Séparation d’avec André Teixeira Pinto et installation à São Paulo pour se consacrer à l’art
1920 — Installation à Paris et inscription à l’Académie Julian
1922-06 — Fondation du Grupo dos Cinco à São Paulo avec Anita Malfatti et les frères de Andrade
1923 — Ateliers de Lhote, Léger et Gleizes à Paris; réalisation d’A Negra
1924-03 — Publication du manifeste de la peinture Pau-Brasil, auquel la peintre se rallie
1926-06 — Première exposition personnelle à la galerie Percier, à Paris, préfacée par Blaise Cendrars
1928-05 — Publication du manifeste anthropophage, inspiré par le tableau Abaporu
1931 — Exposition à Moscou puis au Salon des Surindépendants lors d’une étape parisienne
1932-03 — Départ définitif de Paris; un mois de détention au Brésil la même année
1963 — La septième Biennale de São Paulo consacre une salle entière à son œuvre
1973-01-17 — Mort de Tarsila do Amaral à São Paulo
2024-10-09 — Ouverture au musée du Luxembourg de la première rétrospective française de son œuvre
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Tarsila do Amaral à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Elle s'installe à Paris en 1920 pour se former dans la capitale des avant-gardes, après des cours académiques à São Paulo. Elle s'inscrit à l'Académie Julian, que le musée du Luxembourg décrit comme la seule académie acceptant alors les femmes et les étrangères, puis revient en 1923 travailler auprès de Lhote, Léger et Gleizes.
Abaporu, peint en 1928 et offert par l'artiste à son mari Oswald de Andrade, inspire le manifeste anthropophage publié en mai 1928. Le principe : les Brésiliens doivent « dévorer » les cultures étrangères et colonisatrices, l'assimilation devenant une forme de résistance et le point de départ d'un art proprement brésilien.
Oui : A Cuca, peinte vers février 1924, appartient au Centre national des arts plastiques sous le numéro d'inventaire FNAC 9459. C'est un don de l'artiste, provenant du Salon du Franc de 1926, et le tableau est déposé au musée de Grenoble depuis 1928. Il n'est donc pas visible à Paris même.
À Paris, galerie Percier, en juin 1926. Blaise Cendrars, qu'elle avait rencontré dans les cercles intellectuels parisiens, en signe la préface. Une seconde exposition personnelle se tient dans la même galerie en 1928, après son retour en Europe au mois de juin.
Une figure féminine noire monumentale, aux traits volontairement exagérés, détachée sur de simples bandes de couleur évoquant terre et ciel. Le MoMA y voit une prise de position politique forte, mêlant un langage moderne international à un sujet noir, dans un pays qui n'a aboli l'esclavage qu'à la fin du XIXe siècle.
Son voyage en Union soviétique de 1931, effectué avec le psychiatre et écrivain Osório César, lui vaut d'être détenue un mois en 1932. Le musée du Luxembourg précise qu'elle est arrêtée pour « subversion », dans le contexte de son engagement politique contre le régime autoritaire de Getúlio Vargas.