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Cette page sert surtout à situer Theaster Gates dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Chicago en 1973, Theaster Gates est sculpteur, céramiste et urbaniste de formation.
Theaster Gates grandit dans une famille ouvrière du West Side de Chicago et apprend très tôt le travail manuel en aidant son père, couvreur de métier. Il obtient en 1996 un B.
Cette page sert surtout à situer Theaster Gates dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Theaster Gates grandit dans une famille ouvrière du West Side de Chicago et apprend très tôt le travail manuel en aidant son père, couvreur de métier. Il obtient en 1996 un B.S. d’urbanisme à l’université d’État de l’Iowa, étudie ensuite les religions africaines à l’université du Cap, puis suit une résidence auprès de maîtrès céramistes à Tokoname, au Japon. En 2005, il revient à Iowa State pour un master pluridisciplinaire mêlant urbanisme, céramique et sciences des religions — une combinaison qui restera la matrice de tout son travail.
À partir de 2006, Gates achète dans le quartier de Greater Grand Crossing, sur le South Side de Chicago, des propriétés dégradées qu’il rénove pour les convertir en centres culturels. Ces lieux abritent des fonds sauvés de la dispersion: plaques de verre, ouvrages d’art et d’architecture, disques vinyle, collections reliées des magazines Ebony et Jet. Le dispositif s’institutionnalise avec la Rebuild Foundation, qui pilote notamment la Stony Island Arts Bank et, plus récemment, la Land School, présentée par l’artiste comme le moment où l’organisation devient propriétaire de ses outils et de ses murs.
Sa première exposition personnelle, « Plate Convergence » (2007) au Hyde Park Art Center de Chicago, met en scène un céramiste métis fictif interprété par un acteur. L’installation-performance « Temple Exercises » (2009) au Museum of Contemporary Art de Chicago lui vaut une invitation à la Biennale du Whitney en 2010, où il présente des sièges de cireurs de chaussures et des lances à incendie et fait chanter son groupe, les Black Monks of Mississippi. En 2012, la documenta 13 de Cassel lui apporte une reconnaissance internationale avec « 12 Ballads for Huguenot House », bâtie avec des matériaux récupérés dans ses propres immeubles de Chicago.
Le Japon traverse la pratique de Gates depuis sa formation de potier à Tokoname, dans la préfecture d’Aichi. Il en tire une notion qui lui est propre, l’« Afro-Mingei », cadre spéculatif où la philosophie du mouvement Mingei — l’artisanat populaire japonais — rencontre l’esthétique du mouvement « Black is Beautiful ». Le Mori Art Museum de Tokyo lui a consacré en 2024 une exposition de ce nom, présentée par l’institution comme sa première grande exposition personnelle au Japon, articulant céramique, architecture et musique.
Theaster Gates reçoit le prix Artes Mundi 6 en 2015: doté de 40 000 livres, il annonce le partager avec les neuf autres artistes présélectionnés. Suivent le Nasher Sculpture Prize et le J.C. Nichols Prize en 2018, le prix Frederick Kiesler pour l’architecture et les arts en 2022, le prix Isamu Noguchi en 2023 et une bourse Guggenheim en 2025. Il enseigne à l’université de Chicago, au département des arts visuels, où il est également conseiller principal pour l’innovation culturelle, et dirige les Artists Initiatives du Lunder Institute for American Art.
Médiums: céramique, sculpture, installation, peinture au goudron, vidéo, performance, musique, architecture.
Techniques: tournage et cuisson de la terre selon l’apprentissage japonais, torch down: membranes bitumineuses de couverture soudées au chalumeau, assemblage de lances à incendie hors d’usage, remploi de matériaux issus de bâtiments démolis, bronze associé au goudron, collecte, conservation et remise en circulation d’archives noires.
Motifs récurrents: histoire et culture afro-américaines, ségrégation, droits civiques et violences policières, foncier, spéculation immobilière et redéploiement des quartiers noirs, sacré, rituel et espaces de recueillement, artisanat et hybridité culturelle entre diaspora noire et Japon, héritage familial du métier de couvreur.
Du 20 février au 12 mai 2019, le Palais de Tokyo présente « Amalgam », que l’institution qualifie de première exposition personnelle en musée de l’artiste en France. Gates y conçoit un projet entièrement nouveau à partir de l’histoire de l’île de Malaga, dans le Maine: en 1912, le gouverneur de l’État y fait expulser une communauté métisse et pauvre d’une quarantaine de personnes, dont certaines seront internées. Le titre joue sur le sens ancien d’« amalgame », employé pour désigner le mélange racial, ethnique et religieux. L’exposition mêle sculpture, peinture, céramique, vidéo, performance et musique.
Parallèlement au Palais de Tokyo, Gagosian montre « Selected Works » rue de Ponthieu du 12 février au 23 mars 2019, avec notamment « Black Madonna » (2017), « Bronze (Africa) » (2016) et « Torchdown » (2014). La même enseigne lui consacre « Black Mystic » du 13 avril au 29 juin 2024 dans son espace du Bourget, au nord de Paris, autour de grands panneaux de bitume et de torch down. En 2026, White Cube présente « And Other Paintings » au 10 avenue Matignon, du 6 mars au 4 avril: première présentation parisienne de ses peintures par la galerie.
Palais de Tokyo (Paris) — a présenté « Amalgam », première exposition personnelle en musée de l’artiste en France, du 20 février au 12 mai 2019
White Cube Paris, 10 avenue Matignon (Paris) — a présenté « And Other Paintings », du 6 mars au 4 avril 2026
Gagosian, rue de Ponthieu (Paris) — a présenté « Selected Works » du 12 février au 23 mars 2019
Gagosian, Le Bourget (Le Bourget) — a présenté « Black Mystic » du 13 avril au 29 juin 2024
Tate (Londres) — conserve « Civil Tapestry 4 » (2011) dans sa collection
Stony Island Arts Bank (Chicago) — lieu de la Rebuild Foundation, fondée par l’artiste, où sont conservées ses archives noires
1973 — Naissance de Theaster Gates à Chicago, dans l’Illinois
1996 — Obtention d’un B.S. d’urbanisme à l’université d’État de l’Iowa
2005 — Master pluridisciplinaire en urbanisme, céramique et sciences des religions
2006 — Lancement des Dorchester Projects dans le South Side de Chicago
2010 — Participation à la Biennale du Whitney avec les Black Monks of Mississippi
2012 — Présentation de « 12 Ballads for Huguenot House » à la documenta 13, Cassel
2015-01 — Prix Artes Mundi 6, dont il partage les 40 000 livres avec les autres présélectionnés
2019-02-20 — Ouverture d’« Amalgam » au Palais de Tokyo, première exposition en musée en France
2022-06-10 — Ouverture du Serpentine Pavilion « Black Chapel » à Kensington Gardens
2024-04-24 — Ouverture de « Theaster Gates: Afro-Mingei » au Mori Art Museum de Tokyo
2026-03-06 — Ouverture d’« And Other Paintings » chez White Cube, avenue Matignon à Paris
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Theaster Gates à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Artiste américain né à Chicago en 1973, formé à l'urbanisme puis à la céramique japonaise. Il travaille la sculpture, la terre, l'installation, la performance et la musique, et fonde sa démarche sur la garde et la remise en circulation d'objets, d'archives et d'espaces liés à la culture noire.
Oui. Le Palais de Tokyo lui a consacré « Amalgam » du 20 février au 12 mai 2019, sa première exposition personnelle en musée en France. Côté galeries, Gagosian l'a montré rue de Ponthieu en 2019 puis au Bourget en 2024, et White Cube avenue Matignon au printemps 2026.
Ce sont des tableaux réalisés avec des matériaux de couverture : bitume, membranes de torch down soudées au chalumeau, laques industrielles à l'huile et acier. Le geste vient directement de l'entreprise de couvreur de son père, dont il a hérité les outils et le savoir-faire.
C'est un terme forgé par Gates pour désigner un cadre spéculatif où la philosophie du Mingei, mouvement japonais de l'artisanat populaire, se combine à l'esthétique du mouvement « Black is Beautiful ». Le Mori Art Museum de Tokyo en a fait le titre de son exposition de 2024.
Commencés en 2006 dans le quartier de Greater Grand Crossing à Chicago, les Dorchester Projects consistent à racheter des immeubles délabrés pour les transformer en équipements culturels abritant des archives sauvées. La Rebuild Foundation prolonge ce travail, notamment à la Stony Island Arts Bank et à la Land School.
Les « Civil Tapestry » sont composées de tuyaux d'incendie hors d'usage assemblés à plat. La référence est explicite : les lances furent employées contre les manifestants pacifiques du mouvement des droits civiques. La Tate conserve « Civil Tapestry 4 » (2011).