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Cette page sert surtout à situer Thomas Hirschhorn dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Berne en 1957 et installé à Paris depuis 1983, Thomas Hirschhorn construit à la main des sculptures et des installations « précaires », faites de carton, de papier d’aluminium, de papiers de récupération et de rubans adhésifs.
Thomas Hirschhorn naît le 16 mai 1957 à Berne et passe son enfance à Davos, dans les Grisons.
Cette page sert surtout à situer Thomas Hirschhorn dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Thomas Hirschhorn naît le 16 mai 1957 à Berne et passe son enfance à Davos, dans les Grisons. De 1978 à 1983, il suit les cours de la Kunstgewerbeschule de Zurich, l’école des arts appliqués — une formation de graphiste, non de sculpteur, qui laissera une trace durable dans son travail: primat du message, usage du papier imprimé, goût de l’affiche placardée et du tract. Cette origine explique que ses installations tiennent autant du panneau d’information que de la sculpture.
En 1983, au sortir de l’école zurichoise, Hirschhorn s’installe à Paris, où il vit et travaille depuis. C’est de là que partent la quasi-totalité de ses chantiers, y compris ceux réalisés à l’étranger: pour le « Bataille Monument » de 2002, il décrit lui-même une préparation menée simultanément sur le terrain, à Kassel, et à Paris, où se règlent la discussion de fond sur Georges Bataille, le recrutement des intervenants des ateliers et la fabrication de tout ce qui ne dépend pas du site.
À partir de la fin des années 1980, Hirschhorn se consacre à des sculptures précaires faites main, à partir de matériaux de la vie courante: vieux papiers, feuilles d’aluminium, cartons. Le Palais de Tokyo décrit une typologie stable: les « Kiosques », inspirés des structures de propagande du constructivisme russe; les « Monuments », qui rendent hommage à l’œuvre de penseurs — Spinoza, Bataille, Deleuze, Gramsci; les « Autels », qui reprennent la forme des commémorations urbaines spontanées; et les « Sculptures Directes ».
Hirschhorn participe à la Biennale de Venise en 1999 puis en 2015, à la Documenta11 de Kassel en 2002 — édition dirigée par Okwui Enwezor et ouverte du 8 juin au 15 septembre —, à la 27e Biennale de São Paulo en 2006, au 55e Carnegie International de Pittsburgh en 2008 et à la 9e Biennale de Shanghai en 2012. Il représente la Suisse au Pavillon suisse de la 54e Biennale de Venise en 2011 avec « Crystal of Resistance », et installe en 2013 le « Gramsci Monument » dans l’ensemble Forest Houses, dans le Bronx.
L’engagement d’Hirschhorn ne se limite pas au choix de ses lieux d’intervention. Selon la notice encyclopédique de référence, il déclare en 2004 qu’il refuserait d’exposer en Suisse tant que Christoph Blocher siégerait au Conseil fédéral — position rendue publique la même année que « Swiss-Swiss Democracy » au Centre culturel suisse de Paris. Les distinctions n’ont pas suivi une ligne consensuelle: prix Marcel-Duchamp en 2000, prix Joseph Beuys en 2004, prix Kurt Schwitters en 2011, Grand Prix suisse d’art / prix Meret Oppenheim en 2018.
Médiums: carton, papier d’aluminium, ruban adhésif, papiers et imprimés de récupération, installation in situ, sculpture dans l’espace public.
Techniques: assemblage manuel et fabrication précaire, placardage de type dazibao, construction avec les habitants d’un quartier, protocole « Présence et Production »: produire l’œuvre pendant l’exposition.
Motifs récurrents: philosophie et hommage aux penseurs, public non exclusif et accès à l’art, critique de la consommation et des images de médias, commémoration urbaine spontanée, démocratie et engagement politique.
Le Palais de Tokyo situe la « première exposition » d’Hirschhorn à l’Hôpital Éphémère, en 1992, et rappelle la série de projets parisiens qui a suivi: le Jeu de Paume en 1994, « Swiss-Swiss Democracy » au Centre culturel suisse et le « Musée Précaire Albinet » en 2004, puis « 24H Foucault » au Palais de Tokyo la même année. Dix ans plus tard, du 23 avril au 22 juin 2014, il y revient avec « Flamme Éternelle », en refusant explicitement toute forme rétrospective. Il participe aussi à La Triennale au Palais de Tokyo en 2012.
Invité dès 2001 par Les Laboratoires d’Aubervilliers à concevoir un projet dans la ville, Hirschhorn y installe entre-temps son lieu de travail, ce qui transforme la commande en « projet de voisinage ». Énoncé en 2002, le « Musée Précaire Albinet » se déploie au pied d’une barre d’immeuble du quartier du Landy et se déroule sur douze semaines, du 29 mars au 18 juin 2004, montage et démontage compris. Construit avec les habitants, il comprend une salle d’exposition, une bibliothèque, un atelier de travail et une buvette.
L’ambition du « Musée Précaire Albinet » était d’exposer des œuvres clés de l’histoire de l’art du XXe siècle en partenariat avec le Centre Pompidou et le Fonds national d’art contemporain, en associant les habitants du quartier à toutes les phases du projet. Déplacer des pièces majeures d’un musée national vers une cité de la périphérie visait à montrer que l’art peut concerner chaque individu, y compris ceux que des raisons sociales, économiques et culturelles en tiennent éloignés. Le Musée national d’art moderne conserve par ailleurs des œuvres de l’artiste.
Les « Sculptures Directes » sont ordinairement installées dans les institutions, mais leur première version est née, selon le Palais de Tokyo, d’un phénomène parisien: le détournement de la Flamme de la Liberté, quai de l’Alma, en autel votif consacré à la princesse Diana. Cet épisode d’appropriation collective d’un monument fournit à Hirschhorn le modèle de ses « Autels », qui reprennent la forme des commémorations urbaines spontanées — bougies, peluches, messages manuscrits déposés sur un trottoir.
Palais de Tokyo (Paris) — A accueilli « 24H Foucault » (2004), La Triennale (2012) et l’exposition personnelle « Flamme Éternelle » du 23 avril au 22 juin 2014.
Musée national d’art moderne — Centre Pompidou (Paris) — Conserve des œuvres de l’artiste dans ses collections publiques et fut partenaire des prêts du « Musée Précaire Albinet » en 2004.
Les Laboratoires d’Aubervilliers (Aubervilliers) — Producteur du « Musée Précaire Albinet » (2004), après une invitation lancée dès 2001.
Centre culturel suisse (Paris) — Lieu de « Swiss-Swiss Democracy » en 2004, selon la notice du Palais de Tokyo.
Jeu de Paume (Paris) — Cité par le Palais de Tokyo parmi les projets parisiens marquants de l’artiste, en 1994.
1957-05-16 — Naissance à Berne, en Suisse; enfance passée à Davos, dans les Grisons.
1978-1983 — Études à la Kunstgewerbeschule de Zurich, l’école des arts appliqués.
1983 — Installation à Paris, où l’artiste vit et travaille depuis.
1992 — « Première exposition » à l’Hôpital Éphémère, à Paris, selon le Palais de Tokyo.
1994 — Projet au Jeu de Paume, à Paris, cité parmi ses jalons parisiens.
2000 — Reçoit le prix Marcel-Duchamp, décerné en France par l’ADIAF.
2002 — « Bataille Monument » pour la Documenta11 de Kassel, ouverte du 8 juin au 15 septembre.
2004 — « Musée Précaire Albinet » à Aubervilliers, du 29 mars au 18 juin, et « 24H Foucault » au Palais de Tokyo.
2011 — « Crystal of Resistance » au Pavillon suisse de la 54e Biennale de Venise.
2013 — « Gramsci Monument » installé aux Forest Houses, dans le Bronx, à New York.
2014-04-23 — Ouverture de « Flamme Éternelle » au Palais de Tokyo, jusqu’au 22 juin 2014.
2018 — Grand Prix suisse d’art / prix Meret Oppenheim, selon les notices d’autorité.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Thomas Hirschhorn à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Depuis la fin des années 1980, il fabrique lui-même des sculptures dites « précaires » à partir de matériaux de la vie courante : vieux papiers, feuilles d'aluminium, cartons, ruban adhésif. Ce choix n'est pas économique mais formel et politique : il donne à ses installations l'aspect familier de l'étal, du marché aux puces, du tract ou de l'affiche placardée.
C'était un musée construit avec les habitants au pied d'une barre du quartier du Landy, cité Albinet, du 29 mars au 18 juin 2004, montage et démontage compris. Produit par Les Laboratoires d'Aubervilliers, il présentait des œuvres majeures du XXe siècle prêtées par le Centre Pompidou et le Fonds national d'art contemporain, et comprenait une salle d'exposition, une bibliothèque, un atelier et une buvette.
La série rend hommage à l'œuvre de penseurs. Le Palais de Tokyo en cite quatre : Spinoza, Georges Bataille, Gilles Deleuze et Antonio Gramsci. Le « Bataille Monument » a été réalisé pour la Documenta11 à Kassel en 2002 ; le « Gramsci Monument » a été installé en 2013 dans l'ensemble de logements Forest Houses, dans le Bronx, à New York.
Le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, figure parmi les collections publiques qui conservent son travail, aux côtés du Fonds national d'art contemporain, du MAC de Lyon et du Musée d'art moderne de Saint-Étienne. La présentation en salle dépend toutefois des accrochages : elle n'est jamais garantie et doit être vérifiée auprès de l'institution avant de se déplacer.
C'est le principe que l'artiste a réactivé au Palais de Tokyo en 2014 pour « Flamme Éternelle », en refusant toute invitation rétrospective : l'œuvre est produite pendant l'exposition, sous une forme ouverte, accessible et gratuite, afin de constituer un espace public au sein même de l'institution et de s'adresser à une audience non exclusive.
Sa propre biographie mentionne le prix pour le jeune art suisse en 1999, le prix Marcel-Duchamp en 2000, le Rolandpreis pour l'art dans l'espace public en 2003, le prix Joseph Beuys en 2004 et le prix Kurt Schwitters en 2011. Les notices encyclopédiques y ajoutent le Grand Prix suisse d'art / prix Meret Oppenheim en 2018.