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Cette page sert surtout à situer Thomas Schütte dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Oldenburg le 16 novembre 1954, Thomas Schütte est l’un des sculpteurs allemands les plus déroutants de sa génération: formé à Düsseldorf auprès de Gerhard Richter, il a commencé par des maquettes d’architecture avant de faire surgir des figures monumentales — esprits d’aluminium, femmes de bronze, têtes grimaçantes — que le Centre Pompidou, le Musée d’Art moderne de Paris et la Collection Pinault conservent aujourd’hui à Paris.
Thomas Schütte entre en 1973 à la Kunstakademie de Düsseldorf, où il étudie jusqu’en 1981 aux côtés de Katharina Fritsch, auprès de Gerhard Richter, Fritz Schwegler, Daniel Buren et Benjamin Buchloh.
Cette page sert surtout à situer Thomas Schütte dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Thomas Schütte entre en 1973 à la Kunstakademie de Düsseldorf, où il étudie jusqu’en 1981 aux côtés de Katharina Fritsch, auprès de Gerhard Richter, Fritz Schwegler, Daniel Buren et Benjamin Buchloh. Le Museo Reina Sofía situe en 1975 cet enseignement de Richter, dont Schütte hérite une méfiance critique envers la peinture d’avant-garde, tout en retenant des collègues de Richter — Buren, Blinky Palermo — des manières de faire dérailler les modèles picturaux convenus. Ses papiers peints et ses frises de ces années-là méditent déjà sur le caractère éphémère de l’œuvre. Il ne quittera plus Düsseldorf, où il vit et travaille.
Très tôt, Schütte délaisse le tableau pour la construction à échelle réduite. La Collection Pinault décrit ces maquettes d’architecture comme de véritables « modèles à penser » plutôt que comme des projets destinés à être bâtis: tribunes, villas, « hôtels à oiseaux », mais aussi espaces publics évoquant le contrôle et l’oppression, selon l’analyse du Museo Reina Sofía. Une station-service intitulée « Fais le plein, Allemagne » appartient à ce répertoire. Le Centre Pompidou en conserve un exemple majeur avec « Ferienhaus für Terroristen I, II & III » (2002), trois maquettes de pavillons en acajou et plexiglas teinté posées sur deux larges tables-socles, acquises par achat en 2005 sous le numéro d’inventaire AM 2005-69 (1-3).
À partir du milieu des années 1990, Schütte fait basculer à l’échelle monumentale des figurines nées de modèles en cire. Le Centre Pompidou, qui a acheté « Grosser Geist Nr.7 » en 1997 (fonte d’aluminium, 250 × 100 × 150 cm, inv. AM 1997-51), qualifie cette série de « véritable passage à l’acte »: ces agrandissements démesurés renouvellent la sculpture figurative par des solutions formelles inédites, entre le souvenir des Bourgeois de Calais de Rodin, du Clam Digger de De Kooning et des personnages d’Oskar Schlemmer. L’hybridation avec le bonhomme de neige ou le fantôme de dessin animé y ôte toute solennité au monument.
La figure humaine et son expressivité traversent l’œuvre sculpté comme l’œuvre photographique. « Innocenti » (1994), série de quatorze tirages noir et blanc conservée dans la Collection Pinault, réunit des têtes modelées dans la cire, photographiées puis tirées sur papier photographique: le noir et blanc y accentue creux et boursouflures de visages tantôt menaçants, tantôt moqueurs. La série procède de l’intérêt de l’artiste pour les « têtes d’expression » et pour la physiognomonie de Lavater, théorie de 1778 selon laquelle les traits du visage révéleraient la personnalité. La même veine se retrouve dans les portraits sculptés, peints et photographiés réunis en 2012 par la Serpentine Gallery.
Le Museo Reina Sofía lui consacre « Hindsight » du 17 février au 12 mai 2010, déployée du Bâtiment Sabatini au jardin. La Serpentine Gallery de Londres présente « Faces & Figures » du 25 septembre au 18 novembre 2012, première exposition entièrement dédiée à ses portraits, avec des pièces créées pour l’occasion. La Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen rappelle que sa pratique protéiforme a joué un rôle déterminant dans l’art contemporain des quarante dernières années et qu’elle a été montrée au Museum of Modern Art de New York en 2024; elle lui consacre à son tour une grande exposition personnelle du 14 novembre 2026 au 11 avril 2027, où l’artiste occupera notamment la piazza du rez-de-chaussée.
Médiums: sculpture en bronze, fonte d’aluminium, acier, céramique émaillée, cire modelée, maquette en bois et plexiglas, aquarelle et mine graphite sur papier, estampe, photographie noir et blanc.
Techniques: agrandissement à l’échelle monumentale de modèles en cire, modelage de têtes en cire photographiées puis tirées sur papier photographique, maquettes d’architecture en acajou et plexiglas teinté posées sur tables-socles, aquarelle et mine graphite sur papier vergé, fonte d’aluminium et fonte de bronze.
Motifs récurrents: la figure humaine et son expressivité, le monument et sa destitution, l’habitat, le pavillon, l’architecture domestique, la « tête d’expression » et l’héritage de la physiognomonie de Lavater, le terrorisme et la peur politique de l’après-11-Septembre, l’ironie et l’inquiétude portées sur la condition humaine.
Le Musée national d’art moderne conserve un ensemble représentatif: « Grosser Geist Nr.7 » (1996), fonte d’aluminium de 250 × 100 × 150 cm achetée en 1997 (AM 1997-51); « Ferienhaus für Terroristen I, II & III » (2002), installation de trois maquettes de pavillons en acajou et plexiglas teinté achetée en 2005 (AM 2005-69 (1-3)); et « United Enemies » (1994), aux côtés d’une série de dessins à l’aquarelle et à la mine graphite sur papier vergé datés de 1984 et de 1993. Cet ensemble couvre donc à la fois le dessin, la maquette et la sculpture monumentale, soit les trois régimes de son travail.
Le portail des collections de Paris Musées recense seize œuvres dont Thomas Schütte est l’auteur. Parmi elles, « Schwarze Zitronen », une céramique conservée au Musée d’Art moderne de Paris sous le numéro d’inventaire AMS 666, ainsi qu’un ensemble d’estampes intitulées « Tattoo » et une pièce nommée « Silly Lily ». La notice d’autorité du portail parisien donne d’ailleurs l’état civil de l’artiste sous la forme « Schütte, Thomas (Oldenburg, 16–11–1954) », ce qui en fait l’une des rares sources muséales à préciser le jour de naissance.
La Collection Pinault, dont la Bourse de Commerce est le lieu parisien, conserve plusieurs œuvres de l’artiste: « Innocenti » (1994), suite de quatorze tirages noir et blanc, et « Mutter Erde » (2024). La fondation présente Thomas Schütte comme « l’une des figures mythiques de la sculpture allemande contemporaine » et souligne le caractère « inclassable et protéiforme » de son travail. Ses œuvres de la collection ont été montrées pour la première fois lors de l’exposition « Post-Pop » au Palazzo Grassi, à Venise, en 2006-2007; « Innocenti » a été exposée à Punta della Dogana en 2016.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve « Grosser Geist Nr.7 » (1996), « Ferienhaus für Terroristen I, II & III » (2002), « United Enemies » (1994) et plusieurs dessins de 1984 et 1993.
Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — Conserve « Schwarze Zitronen » (céramique, inv. AMS 666); seize œuvres de l’artiste sont référencées dans les collections de Paris Musées.
Bourse de Commerce — Pinault Collection (Paris) — Lieu parisien de la Collection Pinault, qui conserve « Innocenti » (1994) et « Mutter Erde » (2024) de l’artiste.
Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen (Düsseldorf) — Lui consacre une grande exposition personnelle du 14 novembre 2026 au 11 avril 2027.
1954-11-16 — Naissance de Thomas Schütte à Oldenburg, en République fédérale d’Allemagne.
1973-1981 — Études à la Kunstakademie de Düsseldorf auprès de Gerhard Richter, Fritz Schwegler, Daniel Buren et Benjamin Buchloh.
1989 — « Schwarze Zitronen », céramique aujourd’hui conservée au Musée d’Art moderne de Paris (inv. AMS 666).
1994 — Réalisation d’« Innocenti », quatorze tirages noir et blanc de têtes modelées, et d’« United Enemies ».
1996 — « Grosser Geist Nr.7 », fonte d’aluminium de la série des Grosse Geister, achetée par le Centre Pompidou en 1997.
2002 — « Ferienhaus für Terroristen I, II & III », trois maquettes de pavillons acquises par le Centre Pompidou en 2005.
2005 — Lion d’or du meilleur artiste à la Biennale de Venise, dans l’exposition dirigée par María de Corral.
2010 — Exposition « Hindsight » au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, du 17 février au 12 mai.
2012 — « Faces & Figures » à la Serpentine Gallery de Londres, du 25 septembre au 18 novembre.
2016 — Ouverture au public de la Skulpturenhalle, lieu consacré à la sculpture, près de Neuss.
2024 — Exposition de son travail au Museum of Modern Art de New York, rappelée par la Kunstsammlung NRW.
2026-11-14 — Ouverture de sa grande exposition personnelle à la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, jusqu’au 11 avril 2027.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Thomas Schütte à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Trois collections publiques ou privées parisiennes en conservent : le Centre Pompidou (« Grosser Geist Nr.7 », « Ferienhaus für Terroristen I, II & III », « United Enemies »), le Musée d'Art moderne de Paris avec la céramique « Schwarze Zitronen » (inv. AMS 666), et la Collection Pinault, dont la Bourse de Commerce est le lieu parisien, avec « Innocenti » (1994) et « Mutter Erde » (2024). La présentation en salle dépend toutefois des accrochages du moment.
Ce sont de grandes figures obtenues en agrandissant démesurément de petites statues de métal, elles-mêmes issues de modèles en cire. Le Centre Pompidou y voit un « véritable passage à l'acte » qui renouvelle la sculpture figurative, entre la mémoire des Bourgeois de Calais de Rodin, du Clam Digger de De Kooning et des personnages d'Oskar Schlemmer. Le musée en conserve le numéro 7, fonte d'aluminium de 1996 mesurant 250 × 100 × 150 cm.
« Ferienhaus für Terroristen I, II & III » (2002) réunit trois maquettes de pavillons en acajou et plexiglas teinté posées sur deux larges tables-socles ; l'œuvre est indexée par le Centre Pompidou sous les mots-clés « 11 septembre 2001 », « maquette », « miniature » et « terrorisme ». Elle prolonge une pratique de la maquette conçue non comme projet à bâtir mais comme modèle à penser, appliquée ici à la peur politique de l'après-11-Septembre.
Il étudie de 1973 à 1981 à la Kunstakademie de Düsseldorf, aux côtés de Katharina Fritsch, auprès de Gerhard Richter, Fritz Schwegler, Daniel Buren et Benjamin Buchloh. Le Museo Reina Sofía date de 1975 son passage dans la classe de Richter et souligne qu'il en retient une position critique envers la peinture d'avant-garde, complétée par les stratégies de subversion des modèles picturaux venues de Buren et de Blinky Palermo.
Quatorze têtes spectrales et grimaçantes, modelées dans la cire, photographiées puis imprimées sur papier photographique en noir et blanc, ce qui accentue creux et boursouflures. Le titre qualifie ironiquement de « naïfs » ces portraits grotesques. La Collection Pinault, qui conserve la série de 1994, la rattache à l'intérêt de Schütte pour les « têtes d'expression » et pour la physiognomonie de Lavater, théorie de 1778.
Oui. Le Museo Reina Sofía lui a consacré « Hindsight » du 17 février au 12 mai 2010, la Serpentine Gallery de Londres « Faces & Figures » du 25 septembre au 18 novembre 2012, première exposition entièrement dédiée à ses portraits. La Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen rappelle son passage au Museum of Modern Art de New York en 2024 et lui consacre une exposition personnelle du 14 novembre 2026 au 11 avril 2027.