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Cette page sert surtout à situer Tom Wesselmann dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Tom Wesselmann (Cincinnati, 1931 – New York, 2004) est l’une des figures de proue du Pop art américain, même s’il a toujours refusé de réduire son travail à une critique de la société de consommation.
Né à Cincinnati le 23 février 1931, Wesselmann entre à Hiram College en 1949 avant de rejoindre l’université de Cincinnati.
Cette page sert surtout à situer Tom Wesselmann dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Cincinnati le 23 février 1931, Wesselmann entre à Hiram College en 1949 avant de rejoindre l’université de Cincinnati. Un engagement militaire de deux ans interrompt ses études au début des années 1950: c’est sous l’uniforme qu’il commence à dessiner des cartoons. De retour à l’université, il obtient en 1956 une licence de psychologie tout en s’inscrivant à l’Art Academy of Cincinnati, décidé à faire carrière dans le dessin de presse. Admis à la Cooper Union à New York, il y bascule brutalement vers les beaux-arts et en sort diplômé en 1959. Cette trajectoire — psychologie, cartoon, puis peinture — explique la lisibilité immédiate, presque graphique, de tout ce qu’il produira ensuite.
En 1961, Wesselmann lance la série qui va le rendre célèbre: les « Great American Nude », nées, raconte l’estate, d’un rêve où dominaient le rouge, le blanc et le bleu. La même année, Alex Katz lui offre sa première exposition personnelle à la Tanager Gallery de New York. Il revendique alors le nu, la nature morte et le paysage contre l’abstraction dominante, non par nostalgie académique mais pour fabriquer des images aussi puissantes que l’expressionnisme abstrait qu’il admire. En novembre 1962, il figure dans l’exposition « New Realists » de la Sidney Janis Gallery, manifeste new-yorkais du Pop art. La série s’achève en 1973 avec « Great American Nude #100 ».
Parallèlement aux nus, Wesselmann construit à partir de 1962 des natures mortes qui sortent littéralement du cadre. « Still Life #30 » (avril 1963, Museum of Modern Art) associe peinture à l’huile, émail et acrylique sur panneau à un collage de publicités imprimées, de fleurs en plastique, d’une porte de réfrigérateur rose, de répliques de bouteilles de 7-Up, d’une reproduction couleur sous verre et de métal embouti. L’objet réel n’y illustre pas la société de consommation: il sert de valeur colorée et de matière, au même titre qu’une touche de peinture. C’est cette hybridation tableau-assemblage qui distingue Wesselmann des sérigraphies de ses contemporains.
Dès les années 1960 Wesselmann expose des toiles à forme découpée — « Mouth, 7 » (1966), huile sur toile découpée de 206,3 × 165,1 cm, entrée au MoMA avec la collection Sidney et Harriet Janis, isole une bouche à l’échelle monumentale. Les années 1970 sont celles des « Standing Still Life », grandes toiles autoportantes qui donnent une dimension colossale à des objets intimes. En 1980, sous le pseudonyme de Slim Stealingworth, il publie sa propre biographie d’artiste. Il fait ensuite développer une application de découpe laser qui traduit fidèlement ses dessins dans le métal, puis revient à la fin de sa vie à la figure féminine avec les « Sunset Nudes », dont les compositions évoquent les odalisques de Matisse.
Wesselmann a travaillé à New York pendant plus de quatre décennies et y meurt le 17 décembre 2004. Son œuvre est largement représentée dans les musées américains: le Museum of Modern Art en présente 44 pièces en ligne, peintures, sculptures, estampes et dessins confondus, et l’Art Institute of Chicago conserve notamment « Still Life #41 » (1964), peinture polymère synthétique sur bois et plastique. Depuis sa disparition, l’estate conserve un ensemble d’œuvres représentatives ainsi que les archives que l’artiste tenait lui-même sur sa production et ses expositions depuis 1959: correspondance, écrits, entretiens, films et documents photographiques.
Médiums: peinture à l’huile, acrylique et émail sur panneau, collage et assemblage d’objets manufacturés, toile à forme découpée (shaped canvas), métal découpé au laser, estampe et sérigraphie.
Techniques: intégration d’objets réels au tableau (porte de réfrigérateur, bouteilles, éclairage), aplats de couleur saturée et contours nets hérités du dessin de presse, changement d’échelle: détail anatomique ou objet domestique porté au format monumental, toiles autoportantes découpées selon le contour du motif, traduction du dessin au trait en découpe métallique par procédé laser.
Motifs récurrents: le nu féminin, la nature morte domestique américaine, l’imagerie publicitaire et les marques, le paysage, la bouche et le geste de fumer, la chambre à coucher comme scène.
Wesselmann n’a jamais travaillé à Paris — il a passé plus de quarante ans dans ses ateliers new-yorkais — mais la ville a compté très tôt dans sa diffusion européenne. La liste d’expositions tenue par l’estate recense une exposition personnelle à la Galerie Ileana Sonnabend à Paris dès 1967, une présentation à la F.I.A.C. au Grand Palais en 1979, une exposition à la Galerie de France en 1987, puis une exposition à la Galerie Rive Gauche l’année même de sa mort, en 2004. Le fil ne s’est pas rompu depuis: la JGM Galerie l’expose en 2008, et Almine Rech, qui représente l’estate, montre « Tom Wesselmann: After Matisse » dans son espace parisien du 11 juin au 30 juillet 2022, avant une nouvelle présentation parisienne, « Monica with Wesselmann », du 7 juin au 20 juillet 2024.
Le moment parisien le plus important reste l’exposition « Pop Forever, Tom Wesselmann &… », présentée par la Fondation Louis Vuitton du 17 octobre 2024 au 24 février 2025, dans la saison qui marquait les dix ans de l’ouverture du bâtiment. Le parcours était centré sur Wesselmann avec une sélection de 150 peintures et œuvres en divers matériaux, complétée par 70 œuvres de 35 artistes de générations et de nationalités différentes partageant une sensibilité « Pop », des racines dadaïstes des années 1920 aux prolongements contemporains. Cette double lecture — monographie et généalogie du Pop art — a donné au public parisien l’ensemble le plus large jamais réuni en France autour de l’artiste.
Le lien français ne se limite pas à la capitale. L’exposition « Tom Wesselmann: After Matisse » a été reprise par le musée Matisse de Nice du 24 février au 29 mai 2023, confrontation explicite avec le peintre dont les odalisques hantent ses derniers nus. Côté collections publiques, la liste tenue par l’estate ne mentionne qu’une seule institution française: le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne. Autrement dit, à Paris, Wesselmann se voit lors d’expositions temporaires et chez les galeries qui le défendent, pas dans un accrochage permanent: aucune collection publique parisienne détenant une de ses œuvres n’est documentée par les sources consultées.
Fondation Louis Vuitton (Paris) — A présenté « Pop Forever, Tom Wesselmann &… » du 17 octobre 2024 au 24 février 2025, exposition centrée sur l’artiste avec 150 de ses œuvres.
Musée Matisse (Nice) — A accueilli « Tom Wesselmann: After Matisse » du 24 février au 29 mai 2023.
Musée d’Art et d’Industrie (Saint-Étienne) — Seule institution française figurant sur la liste des collections publiques tenue par l’estate de l’artiste.
Museum of Modern Art (New York) — Conserve 44 œuvres en ligne, dont « Still Life #30 » (1963) et « Mouth, 7 » (1966).
Art Institute of Chicago (Chicago) — Conserve notamment « Still Life #41 » (1964) ainsi que plusieurs dessins et estampes.
1931-02-23 — Naissance de Tom Wesselmann à Cincinnati, dans l’Ohio.
1956 — Licence de psychologie à l’université de Cincinnati, en parallèle de son entrée à l’Art Academy of Cincinnati.
1959 — Diplôme de la Cooper Union à New York: il abandonne le dessin de presse pour les beaux-arts.
1961 — Début de la série « Great American Nude » et première exposition personnelle à la Tanager Gallery, New York.
1962 — Participation en novembre à l’exposition « New Realists » de la Sidney Janis Gallery à New York.
1966 — Première exposition personnelle à la Sidney Janis Gallery, début d’une relation qui durera jusqu’à la fermeture de la galerie en 1999.
1967 — Exposition personnelle à la Galerie Ileana Sonnabend à Paris, première présentation parisienne recensée par l’estate.
1973 — Achèvement de « Great American Nude #100 », qui clôt la série commencée douze ans plus tôt.
1980 — Publication de son autobiographie d’artiste sous le pseudonyme de Slim Stealingworth.
1987 — Exposition personnelle à la Galerie de France, à Paris.
2004-12-17 — Mort de Tom Wesselmann à New York, où il travaillait depuis plus de quatre décennies.
2023 — Reprise de « Tom Wesselmann: After Matisse » au musée Matisse de Nice, du 24 février au 29 mai.
2024-2025 — « Pop Forever, Tom Wesselmann &… » à la Fondation Louis Vuitton, du 17 octobre 2024 au 24 février 2025.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Tom Wesselmann à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Le MoMA rappelle qu'il n'a jamais accepté ce label : selon lui, il représentait les objets du quotidien pour leurs qualités esthétiques — la couleur, la forme, la matière — et non pour formuler une critique culturelle de la société de consommation américaine.
Commencée en 1961 après un rêve dominé par le rouge, le blanc et le bleu, c'est la série qui lui vaut sa notoriété internationale : des nus aux formes pleines et aux couleurs intenses, d'abord en collages puis en grands formats, close en 1973 avec « Great American Nude #100 ».
Le MoMA détaille pour cette œuvre d'avril 1963 un mélange d'huile, d'émail et d'acrylique sur panneau, augmenté d'un collage de publicités imprimées, de fleurs en plastique, d'une porte de réfrigérateur, de répliques de bouteilles de 7-Up, d'une reproduction couleur encadrée et de métal embouti.
C'est le pseudonyme sous lequel Wesselmann a publié en 1980 sa propre biographie d'artiste, documentant de l'intérieur l'évolution de son travail : un exercice rare d'auto-commentaire, qui reste l'une des sources de première main sur sa méthode.
Après avoir exploré les toiles à forme découpée puis ses premières pièces en métal, il a suscité le développement d'une application de découpe laser afin d'obtenir une traduction fidèle de ses dessins au trait dans le métal découpé, sans perdre la nervosité de la ligne.
La Fondation Louis Vuitton lui a consacré « Pop Forever, Tom Wesselmann &… » du 17 octobre 2024 au 24 février 2025, avec 150 de ses œuvres et 70 pièces de 35 autres artistes. Auparavant, Almine Rech avait montré « After Matisse » à Paris en 2022.