Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Tracey Emin dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Tracey Emin fait de sa propre vie sa matière première.
Tracey Emin naît le 3 juillet 1963 et passe ses sept premières années dans un hôtel de Margate tenu par son père, chypriote turc.
Cette page sert surtout à situer Tracey Emin dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Tracey Emin naît le 3 juillet 1963 et passe ses sept premières années dans un hôtel de Margate tenu par son père, chypriote turc. La station balnéaire du Kent, ses années adolescentes difficiles et son départ du foyer familial à quinze ans forment le socle documentaire auquel elle reviendra sans cesse. Elle étudie ensuite au Maidstone College of Art, puis s’installe à Londres en 1987 pour intégrer le Royal College of Art. La nostalgie de la côte anglaise, mêlée au souvenir de faits traumatiques, reste une constante de son travail.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1993 à la White Cube de Jay Jopling, alors réduite à une unique salle blanche de quatre mètrès de côté conçue comme le plus petit espace d’exposition possible. Intitulée « My Major Retrospective », elle rassemble des objets personnels et de minuscules photographies de peintures d’école d’art qu’elle avait détruites. Rattachée aux Young British Artists au même titre que Damien Hirst et Sarah Lucas, Emin y met au point le dispositif qui la rendra reconnaissable: un récit à la première personne, énoncé sans distance protectrice, dans « Tracey Emin C.V. » (1995) puis dans les vidéos « Why I Never Became A Dancer » (1995) et « How It Feels » (1996).
En 1996, l’artiste s’enferme trois semaines dans une galerie de Stockholm pour « Exorcism of the Last Painting I Ever Made », tentative de renouer avec la peinture qu’elle avait abandonnée six ans plus tôt. Suit en 1998 « My Bed », son lit réel avec ses draps froissés et les débris de son quotidien, qui documente la sortie d’un effondrement alcoolisé. Sélectionnée en 1999 parmi les finalistes du Turner Prize, elle concentre l’attention médiatique sans emporter le prix, attribué cette année-là à Steve McQueen pour ses films et vidéos. L’œuvre est prêtée à la Tate par The Duerckheim Collection.
En 2007, Tracey Emin représente la Grande-Bretagne à la 52e Biennale de Venise avec « Borrowed Light », ensemble mêlant néons, broderies, aquarelles et sculptures, et elle est la même année élue Royal Academician. La Royal Academy of Arts la nomme professeure de dessin en 2011. Elle est faite Commander of the Order of the British Empire en 2012, puis Dame lors des honneurs d’anniversaire du roi en 2024. Les rétrospectives s’enchaînent: Édimbourg, Malaga et Berne en 2008-2009, la Hayward Gallery en 2011, le Leopold Museum de Vienne en 2015, le musée Munch d’Oslo en 2021.
Après avoir assisté à la mort de sa mère à Margate en 2016, puis avoir survécu en 2020 à un cancer de la vessie ayant exigé une chirurgie lourde, l’artiste fait de la ville de son enfance son domicile permanent et y fonde la Tracey Emin Artist Residency, école d’art gratuite fondée sur l’atelier, adossée aux TKE Studios. Son travail récent affronte frontalement le corps opéré: le bronze « Ascension » (2024) et des photographies inédites montrant la stomie avec laquelle elle vit désormais. C’est cette bascule que la Tate Modern intitule « A Second Life ».
Médiums: dessin, peinture à l’huile et acrylique, aquarelle, néon, textile appliqué et brodé, sculpture en bronze, vidéo, photographie, installation, gravure, livre d’artiste, écriture.
Techniques: couture appliquée à la main sur couverture ou calicot, néon reprenant son écriture manuscrite, monologue filmé à la première personne, fonte de bronze à grande échelle, assemblage d’objets personnels et de mémorabilia, dialogue de ses dessins avec des œuvres de musée.
Motifs récurrents: autobiographie et aveu, amour, désir et rupture, corps féminin et nu, sexualité, avortement et refus de la maternité, violences sexuelles, deuil et perte, maladie, chirurgie et vieillissement, Margate et l’enfance, solitude.
Du 25 juin au 22 septembre 2019, le musée d’Orsay présente « La peur d’aimer. Orsay vu par Tracey Emin ». Pour cette première exposition dans une grande institution française, l’artiste choisit dans les collections du musée des dessins rarement montrés au public et les confronte à ses propres feuilles. Le parcours, conçu avec une scénographie spécifique destinée à révéler la fragilité de ces pièces, réunit des formats et des techniques disparates autour d’un seul sujet: l’angoisse d’aimer. Le dessin, que l’artiste place au cœur de sa création, sert ici de langage commun entre le XIXe siècle et son œuvre.
Le Centre Pompidou conserve « Family Suite » (1994) et référence Tracey Emin dans sa base de personnes comme plasticienne de nationalité britannique née en 1963 à Londres, ses droits étant gérés par l’ADAGP, à Paris. La Tate cite d’ailleurs le Centre Pompidou parmi les collections publiques internationales détenant son travail, aux côtés du British Museum, du MoMA, du Guggenheim et du Stedelijk. Une visite parisienne de son œuvre passe donc d’abord par la collection d’art contemporain de Beaubourg, et non par une exposition permanente qui lui serait consacrée.
La galerie qui accompagne l’artiste depuis sa première exposition personnelle londonienne de 1993 ouvre à Paris, au 10 avenue Matignon dans le 8e arrondissement, une exposition de peintures et de sculptures inédites du 20 octobre au 18 décembre 2026. Son titre reprend une phrase de l’artiste: « I will miss you Yesterday - I will miss you Today - I will miss you Tomorrow - And that’s how it will Always be ». Elle est programmée pour coïncider avec Art Basel Paris 2026, ce qui en fait le principal point de rencontre parisien avec sa production la plus récente.
Musée d’Orsay (Paris) — A accueilli du 25 juin au 22 septembre 2019 « La peur d’aimer. Orsay vu par Tracey Emin », première exposition de l’artiste dans une grande institution française.
Centre Pompidou (Paris) — Conserve « Family Suite » (1994) et référence l’artiste dans sa base de personnes.
White Cube Paris (Paris) — Présente du 20 octobre au 18 décembre 2026, au 10 avenue Matignon, une exposition de peintures et sculptures inédites.
Tate Modern (Londres) — Présente du 27 février au 31 août 2026, dans les Eyal Ofer Galleries, la rétrospective « A Second Life », plus de 90 œuvres.
MUNCH (Munchmuseet) (Oslo) — A présenté « Tracey Emin / Edvard Munch. The Loneliness of the Soul », sa première grande exposition nordique.
1963-07-03 — Naissance de Tracey Emin; elle passera ses sept premières années dans un hôtel de Margate tenu par son père chypriote turc.
1987 — Installation à Londres pour étudier au Royal College of Art, après le Maidstone College of Art.
1993 — Première exposition personnelle, « My Major Retrospective », à la White Cube de Jay Jopling, alors une seule salle de quatre mètrès de côté.
1995 — Réalisation de « Everyone I Have Ever Slept With 1963-95 », tente appliquée de 122 x 245 x 215 cm.
1998 — Réalisation de « My Bed », installation documentant la sortie d’un effondrement alcoolisé.
1999 — Finaliste du Turner Prize avec « My Bed »; le prix revient à Steve McQueen pour ses films et vidéos.
2007 — Représente la Grande-Bretagne à la 52e Biennale de Venise avec « Borrowed Light » et est élue Royal Academician.
2011 — Nommée professeure de dessin à la Royal Academy of Arts de Londres.
2012 — Faite Commander of the Most Excellent Order of the British Empire pour sa contribution aux arts visuels.
2016 — Mort de sa mère à Margate, événement qui infléchit durablement son travail et son ancrage géographique.
2019-06-25 — Ouverture au musée d’Orsay de « La peur d’aimer. Orsay vu par Tracey Emin », jusqu’au 22 septembre.
2020 — Survit à un cancer de la vessie après une chirurgie lourde et fait de Margate son domicile permanent.
2024 — Faite Dame lors des honneurs d’anniversaire du roi, pour ses services rendus à l’art.
2026-02-27 — Ouverture de « A Second Life » à la Tate Modern, plus de 90 œuvres, jusqu’au 31 août 2026.
2026-10-20 — Ouverture de son exposition personnelle chez White Cube Paris, 10 avenue Matignon, jusqu’au 18 décembre.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Tracey Emin à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Présentée lors du Turner Prize 1999, l'installation exposait le lit réel de l'artiste, draps froissés et débris personnels compris, en documentant la sortie d'un effondrement alcoolisé. Le débat public a porté sur la frontière entre confession privée et œuvre d'art ; le prix est finalement allé à Steve McQueen.
Oui, une fois : le musée d'Orsay lui a confié une carte blanche du 25 juin au 22 septembre 2019 pour « La peur d'aimer », où elle a sélectionné des dessins rarement montrés des collections du musée et les a mis en dialogue avec les siens. Le musée présentait alors ce projet comme sa première exposition dans une grande institution française.
Le Centre Pompidou conserve « Family Suite » (1994) dans ses collections et référence l'artiste dans sa base de personnes. La Tate mentionne également le Centre Pompidou parmi les collections publiques internationales détenant son travail. La présentation d'une œuvre en salle dépend toutefois des accrochages en cours.
La galerie annonce, au 10 avenue Matignon, un ensemble de peintures et de sculptures nouvelles présenté du 20 octobre au 18 décembre 2026, en coïncidence avec Art Basel Paris. Le titre reprend une phrase de l'artiste sur le manque, formulée comme un refrain : « I will miss you Yesterday - I will miss you Today - I will miss you Tomorrow ».
L'artiste a vécu jusqu'à sept ans dans un hôtel de Margate tenu par son père chypriote turc, a quitté la ville à quinze ans, puis s'y est réinstallée définitivement après 2020. Le parc d'attractions Dreamland inspire « It's Not the Way I Want to Die » (2005) et la ville donne son titre à « Mad Tracey From Margate: Everybody's Been There » (1997).
Munch figure parmi les peintres qu'elle admirait dès l'école d'art, aux côtés d'Egon Schiele, et il traverse son travail depuis le film « Homage to Edvard Munch and All My Dead Children » (1998). Le musée Munch d'Oslo lui a consacré une exposition commune, « The Loneliness of the Soul », sa première grande exposition nordique.