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Cette page sert surtout à situer Léonard Tsuguharu Foujita dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Arrivé de Tokyo à Montparnasse en 1913, Tsuguharu Foujita devient l’une des figures les plus reconnaissables de l’École de Paris: un dessinateur au trait d’encre d’une extrême finesse posé sur des fonds blancs nacrés qui n’appartiennent qu’à lui.
Tsuguharu Foujita naît à Tokyo le 27 novembre 1886 dans une famille aristocratique élevée dans le respect des traditions.
Cette page sert surtout à situer Léonard Tsuguharu Foujita dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Tsuguharu Foujita naît à Tokyo le 27 novembre 1886 dans une famille aristocratique élevée dans le respect des traditions. En 1904, il entre à l’école des Beaux-Arts de Tokyo, où il choisit la section de peinture occidentale: il y découvre la perspective et la peinture à l’huile, deux outils importés que sa culture d’origine ignorait. En 1913, il quitte le Japon pour Paris et s’installe à Montparnasse, où il côtoie Picasso, Soutine et Modigliani. La rencontre des avant-gardes est décrite par le musée départemental qui conserve son atelier comme une révélation. En 1917, il organise sa première exposition personnelle et épouse la peintre Fernande Barrey.
La décennie 1920 fait de Foujita l’un des artistes les plus en vue de la scène parisienne, autant pour son allure de dandy que pour sa peinture. En 1922, il peint « Nu couché à la toile de Jouy », l’un de ses tout premiers nus d’après modèle vivant, qu’il donnera lui-même au Musée d’Art Moderne de Paris en 1961. En 1923, il rencontre Lucie Badoud, qu’il surnomme Youki, « neige », pour la blancheur de sa peau: elle devient sa compagne et son modèle. La période est d’une productivité considérable — nus académiques, portraits de femmes et d’enfants, dessins de chats, illustration d’ouvrages — et l’artiste expose et voyage abondamment en Europe.
En 1931, Foujita quitte Youki et entreprend un tour du monde avec Madeleine Lequeux, modèle et danseuse de music-hall: Amérique latine et centrale, côte est des États-Unis, puis le Japon, jusqu’en 1933. Ce périple nourrit un fonds photographique considérable, dont plus de deux mille négatifs datés entre 1929 et 1940 sont aujourd’hui conservés en Essonne. Madeleine meurt brutalement à Tokyo en 1936, année où le peintre rencontre Kimiyo Horiuchi, sa dernière compagne. Après un bref retour en France, le couple est contraint de regagner le Japon: Foujita y est nommé peintre officiel de l’armée, comme nombre d’artistes japonais, puis travaille en 1945 pour les services du général Douglas MacArthur.
Foujita rentre définitivement en France en 1950 et s’installe avec Kimiyo à Montparnasse, rue Campagne-Première. Le couple obtient la nationalité française en 1955. En 1959, tous deux se convertissent au catholicisme; le peintre choisit Léonard comme prénom de baptême, en hommage à Léonard de Vinci, et multiplie dès lors les sujets religieux. Son ultime chantier est la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix à Reims, financée par son parrain René Lalou, président du champagne Mumm: édifice élevé en 1965, décoré du 3 juin au 31 août 1966 au pinceau sur un ciment spécial encore humide, consacré le 1er octobre 1966. Léonard Foujita et Kimiyo y sont inhumés.
À la fin des années 1950, Foujita travaille avec l’éditeur d’art Pierre de Tartas, installé dans un ancien moulin de Bièvres transformé en centre d’art; c’est au fil de ses visites qu’il découvre le village de Villiers-le-Bâcle. En octobre 1960, il y achète une maison rurale du XVIIIe siècle qu’il restaure avec soin, et prend possession de son nouvel atelier en novembre 1961. Il y vit et travaille près de sept ans, loin du tumulte parisien, jusqu’à sa mort le 28 janvier 1968 dans un hôpital de Zurich. C’est dans cet atelier qu’il conçoit la chapelle de Reims. Kimiyo Foujita, qui s’interdisait de toucher à l’atelier, en fait don au Département de l’Essonne en 1991.
Médiums: huile sur toile, encre, gouache, dessin, estampe, peinture murale, fresque sur ciment, livre illustré, photographie argentique.
Techniques: fond blanc nacré obtenu par une préparation opaque servant de support au dessin, cerne d’encre tracé au pinceau fin sur la couche blanche sèche, association de l’huile, de l’encre, du fusain et du crayon sur une même toile, peinture sur fond d’or pour les décors monumentaux de la Maison du Japon, décor mural appliqué au pinceau, et non à la brosse, sur un ciment spécial non sec.
Motifs récurrents: le nu féminin allongé, le portrait et l’autoportrait, le chat, l’enfance, les sujets religieux après 1959, le voyage et les scènes de rue photographiées.
Le rapport de Foujita à Paris commence en 1913 par Montparnasse, quartier où il s’installe dès son arrivée du Japon et où il fréquente Picasso, Soutine et Modigliani. C’est là qu’il organise sa première exposition personnelle en 1917 et qu’il vit la décennie qui fait de lui l’un des artistes les plus en vue de la capitale. Le lien ne se rompt pas avec la guerre: lorsque le couple Foujita rentre définitivement en France en 1950, c’est encore à Montparnasse qu’il s’établit, rue Campagne-Première. Ce n’est qu’en 1960, après l’achat de la maison de Villiers-le-Bâcle, que le peintre s’éloigne volontairement du tumulte parisien.
Foujita est associé très tôt au bâtiment financé par le mécène Jirohachi Satsuma dans le 14e arrondissement: il assiste à la pose de la première pierre de la Maison du Japon, le 12 octobre 1927, aux côtés du prince et de la princesse Ri et d’André Honnorat. Deux peintures murales lui sont commandées directement par le fondateur et décorent le hall et le grand salon: « L’Arrivée des Occidentaux au Japon » et « Les Chevaux ». Le bâtiment est inauguré le 10 mai 1929. Un différend esthétique avec Satsuma avait conduit le peintre à abandonner sa proposition initiale sur fond blanc pour une composition sur fond d’or.
Deux institutions parisiennes conservent des œuvres de Foujita issues d’entrées documentées. Le Musée d’Art Moderne de Paris détient « Nu couché à la toile de Jouy », huile, encre, fusain et crayon sur toile de 130 × 195 cm, donnée par l’artiste lui-même en 1961, ainsi qu’une estampe intitulée « L’atelier de Foujita » portant le numéro d’inventaire AME 271. Le Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, conserve « Portrait de l’artiste », huile et gouache sur toile de 1928 acquise par l’État en 1937 sous le numéro JP 848 P, l’un des nombreux autoportraits du peintre accompagné de son chat.
Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — Conserve « Nu couché à la toile de Jouy » (1922), présenté dans les collections permanentes, et l’estampe « L’atelier de Foujita » (inv. AME 271).
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve « Portrait de l’artiste » (1928), huile et gouache sur toile, achat de l’État en 1937, inv. JP 848 P.
Maison du Japon, Cité internationale universitaire de Paris (Paris) — Abrite deux peintures murales commandées à Foujita par le fondateur Jirohachi Satsuma, « L’Arrivée des Occidentaux au Japon » et « Les Chevaux », dans le hall et le grand salon.
Maison de la culture du Japon à Paris (Paris) — A présenté la rétrospective « Foujita: œuvres d’une vie (1886-1968) » du 16 janvier au 16 mars 2019; aucune exposition Foujita ne figure à sa programmation en cours.
Maison-atelier Foujita (Villiers-le-Bâcle (Essonne)) — Dernière demeure et dernier atelier du peintre, donnés au Département de l’Essonne par Kimiyo Foujita en 1991, musée départemental ouvert au public depuis septembre 2000 et labellisé « Maisons des Illustres » en 2011; le site est actuellement fermé pour travaux.
Chapelle Notre-Dame-de-la-Paix, dite chapelle Foujita (Reims) — Édifice conçu et décoré par Foujita en 1965-1966, consacré le 1er octobre 1966, où le peintre et son épouse Kimiyo sont inhumés; rattaché aux musées de Reims.
1886-11-27 — Naissance de Tsuguharu Foujita à Tokyo, dans une famille aristocratique élevée dans le respect des traditions.
1904 — Entrée à l’école des Beaux-Arts de Tokyo, en section de peinture occidentale: perspective et peinture à l’huile.
1913 — Installation à Paris, dans le quartier de Montparnasse, où il fréquente Picasso, Soutine et Modigliani.
1917 — Première exposition personnelle et mariage avec la peintre Fernande Barrey.
1922 — Peinture de « Nu couché à la toile de Jouy », l’un de ses premiers nus d’après modèle vivant.
1923 — Rencontre de Lucie Badoud, surnommée Youki, « neige », qui devient sa compagne et son modèle.
1927-10-12 — Pose de la première pierre de la Maison du Japon à la Cité internationale, en présence du peintre.
1928 — Commande des panneaux décoratifs du pavillon japonais; peinture de « Portrait de l’artiste ».
1929-05-10 — Inauguration de la Maison du Japon, dont le hall et le grand salon reçoivent deux murales de Foujita.
1931-1933 — Tour du monde avec Madeleine Lequeux: Amérique latine et centrale, côte est des États-Unis, puis Japon.
1936 — Mort brutale de Madeleine à Tokyo; rencontre de Kimiyo Horiuchi, dernière compagne du peintre.
1950 — Retour définitif en France et installation du couple à Montparnasse, rue Campagne-Première.
1955 — Le couple Foujita obtient la nationalité française.
1959 — Conversion au catholicisme et choix du prénom de baptême Léonard, en hommage à Léonard de Vinci.
1960-10 — Achat d’une maison rurale du XVIIIe siècle à Villiers-le-Bâcle, sa dernière résidence.
1961-11 — Foujita prend possession de son nouvel atelier à Villiers-le-Bâcle après restauration de la maison.
1966-10-01 — Consécration de la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix à Reims, décorée du 3 juin au 31 août 1966.
1968-01-28 — Mort de Léonard Foujita dans un hôpital de Zurich, en Suisse, à l’âge de 81 ans.
1991 — Donation de la maison et de l’atelier de Villiers-le-Bâcle au Département de l’Essonne par Kimiyo Foujita.
2000-09 — Ouverture au public de la Maison-atelier Foujita, protégée au titre des Monuments historiques.
2019-01-16 — Ouverture de la rétrospective « Foujita: œuvres d’une vie (1886-1968) » à la Maison de la culture du Japon à Paris.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Léonard Tsuguharu Foujita à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Léonard n'est pas son prénom de naissance : né Tsuguharu à Tokyo en 1886, le peintre se convertit au catholicisme en 1959 avec son épouse Kimiyo et choisit Léonard comme prénom de baptême, en hommage à Léonard de Vinci. À partir de cette date, les sujets religieux se multiplient dans sa peinture et le conduisent au chantier de la chapelle de Reims.
Le Musée d'Art Moderne de Paris présente « Nu couché à la toile de Jouy » (1922) dans ses collections permanentes et conserve l'estampe « L'atelier de Foujita » (inv. AME 271). Le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, détient « Portrait de l'artiste » (1928). La Maison du Japon de la Cité internationale universitaire abrite en outre deux peintures murales du peintre.
C'est la signature visuelle du peintre : une préparation blanche nacrée, opaque et lisse, sur laquelle il pose ensuite un trait d'encre d'une extrême finesse. Le Musée d'Art Moderne de Paris décrit ainsi « Nu couché à la toile de Jouy », où l'huile, l'encre, le fusain et le crayon coexistent sur la même toile et où la palette est volontairement réduite au blanc, au noir et aux tons sépia du tissu.
En 1928, Foujita reçoit commande de panneaux décoratifs pour le pavillon du Japon de la Cité universitaire. Un différend esthétique avec le mécène Jirohachi Satsuma le conduit à opter pour un fond d'or, mais il conserve quatre panneaux déjà peints sur fond blanc nacré, plus un cinquième inachevé. Longtemps crus perdus, ces cinq tableaux de trois mètrès sur trois ont été donnés au Département de l'Essonne par Kimiyo Foujita en 1992.
Le peintre a acheté cette maison rurale du XVIIIe siècle en octobre 1960 et y a vécu près de sept ans. Devenue musée départemental grâce à la donation de Kimiyo Foujita en 1991, elle est ouverte au public depuis septembre 2000 et labellisée « Maisons des Illustres » depuis 2011. Le site annonce toutefois une fermeture pour travaux, avec des propositions hors les murs en remplacement des visites.
Parce qu'il y a bâti sa dernière œuvre. La chapelle Notre-Dame-de-la-Paix a été élevée en 1965 grâce à son parrain René Lalou, président du champagne Mumm, et décorée par le peintre lui-même du 3 juin au 31 août 1966, au pinceau et non à la brosse, sur un ciment spécial encore humide. Elle a été consacrée le 1er octobre 1966 ; Léonard Foujita et son épouse Kimiyo y reposent.