Exposition Paris

Exposition Urs Fischer

Né en 1973 à Zurich, Urs Fischer a commencé par étudier la photographie avant de devenir l’un des sculpteurs les plus imprévisibles de sa génération.

Qui est Urs Fischer ?

Urs Fischer naît en 1973 à Zurich et débute sa carrière artistique en étudiant la photographie à la Schule für Gestaltung de sa ville natale.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Urs Fischer dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De la photographie à la sculpture

Urs Fischer naît en 1973 à Zurich et débute sa carrière artistique en étudiant la photographie à la Schule für Gestaltung de sa ville natale. Il vit ensuite à Londres puis à Los Angeles, avant de s’installer à New York, où le Centre Pompidou le situe encore aujourd’hui. Cette formation d’image fixe éclaire une pratique pourtant massivement tridimensionnelle: le Centre Pompidou le référence comme sculpteur, dessinateur et illustrateur, et la galerie qui le représente insiste sur l’éventail des matériaux qu’il sollicite, de l’argile et l’acier au pain, à la terre et aux produits frais.

Les cires qui se consument

Dès 2003, pour son exposition à la Sadie Coles HQ de Londres, Fischer présente What If the Phone Rings: trois femmes nues modelées en cire, allumées comme des bougies le soir du vernissage et laissées fondre pendant toute la durée de l’accrochage. Le principe devient une signature. Le Festival d’Automne rappelle la réplique de cire de L’Enlèvement des Sabines de Jean de Bologne consumée jusqu’à disparition complète le temps de la Biennale de Venise, et la Bourse de Commerce décrit une œuvre qui passe de la maîtrise et de la verticalité à l’informe à mesure que les mèches brûlent.

Creuser, renverser, déjouer l’espace

L’irrévérence de Fischer s’exerce d’abord sur le lieu d’exposition lui-même. Le Festival d’Automne range parmi ses gestes devenus quasi mythiques You, présenté en 2007 à la galerie Gavin Brown de New York, où l’artiste a littéralement creusé l’espace pour ouvrir un énorme cratère. À Venise, Palazzo Grassi le laisse reconstituer son ancien atelier au sein même du parcours et intégrer un projet de sculpture collectif mené avec les étudiants de l’Académie des beaux-arts de la ville: l’exposition ne montre pas seulement des œuvres, elle expose la fabrique.

Les grandes reconnaissances institutionnelles

En avril 2012, Palazzo Grassi fait de lui le premier artiste vivant à bénéficier d’une exposition personnelle dans ses murs, avec plus de trente œuvres réunies par Caroline Bourgeois et l’artiste. Un an plus tard, le MOCA de Los Angeles organise sa première rétrospective aux États-Unis, déployée entre MOCA Grand Avenue et The Geffen Contemporary. En 2016, la Fondation Vincent van Gogh Arles lui confie la totalité de ses espaces pendant quatre mois pour «  Mon cher… », panorama de sa production depuis 2013 incluant l’installation Melodrama et ses gouttes de pluie surdimensionnées.

Peindre à l’ère postnumérique

La sculpture ne résume pas son travail: la Fondation Vincent van Gogh Arles souligne la tension entre formats sculpturaux traditionnels et production en deux dimensions à l’ère postnumérique, avec peintures sur panneau d’aluminium et papiers peints. Depuis 2010, la série des Problem Paintings superpose des portraits photographiques et des motifs sérigraphiés; l’exposition parisienne «  Beauty » en a montré un ensemble inédit en 2024, avec des pièces comme Camelia ou White Tulip réalisées sur panneau d’aluminium et nid-d’abeilles.

Un atelier partagé avec Rudolf Stingel

Fischer a partagé un atelier avec le peintre Rudolf Stingel, à Berlin comme à New York. Ce compagnonnage n’est pas anecdotique pour la lecture de son œuvre: dans l’installation Untitled de 2011, c’est l’effigie de Stingel, ami et pair, qui contemple le groupe sculpté en cire et les sept chaises réunies autour de lui. La figure de l’ami y tient le rôle du spectateur intérieur, appelé à fondre lui aussi au fil de l’exposition.

La pratique en bref

Médiums: cire à mèches, bronze coulé, aluminium, argile, panneau d’aluminium sérigraphié, dessin, installation, photographie.

Techniques: sculpture en cire équipée de mèches, allumée au premier jour de l’exposition, fonte et moulage d’objets ordinaires, sérigraphie et encres acryliques sur panneau d’aluminium à âme nid-d’abeilles, distorsion d’échelle et réplique d’après un modèle historique, intervention directe sur l’architecture du lieu d’exposition.

Motifs récurrents: entropie et impermanence, memento mori, illusion et réalité, objets du quotidien détournés, perception et représentation, absence et présence, humour et irrévérence.

Un premier passage au Centre Pompidou en 2004

Le Centre Pompidou présente du 10 mars au 10 mai 2004 deux installations réunissant Urs Fischer et la Coréenne Koo Jeong-A, l’institution soulignant alors la «  grande présence formelle » du Suisse et son inscription dans une tradition sculpturale figurative; l’œuvre Chair for a Ghost: Thomas (2003) accompagne l’annonce. Le musée conserve par ailleurs plusieurs de ses feuilles de 2004, dont un Sans titre de la série «  I hope the kitten finds a mouse », dessin de 51 × 40 cm acquis par achat en 2005.

2012, année parisienne des cires

Le printemps 2012 voit la galerie Gagosian de la rue de Ponthieu accueillir «  schmutz schmutz », du 5 avril au 26 mai. À l’automne, dans le cadre du Festival d’Automne, Urs Fischer investit le Palais des Beaux-Arts du 13 septembre au 3 novembre 2012: le Festival présente alors un artiste dont l’énergie créatrice met à mal «  nos certitudes visuelles », entre pièces monumentales et travaux plus intimes soumis à l’entropie. La séquence se poursuivra rue de Ponthieu en 2019 avec «  Leo », du 14 octobre au 20 décembre.

La Rotonde de la Bourse de Commerce, la place Vendôme et la rue de Castiglione

Pour l’ouverture de la Bourse de Commerce - Pinault Collection, Untitled (2011) est montrée pour la première fois en France du 22 mai 2021 au 29 janvier 2022, recomposée à l’échelle de la Rotonde et de sa coupole culminant à près de quarante mètrès. Quatre des sept sièges en cire reprennent des modèles choisis par l’artiste dans les collections du musée du quai Branly - Jacques Chirac. Suivront, à l’automne 2023, la sculpture publique Wave (2018) place Vendôme, puis l’exposition «  Beauty » chez Gagosian rue de Castiglione, du 5 mars au 25 mai 2024.

Où voir ses œuvres

Bourse de Commerce - Pinault Collection (Paris) — a présenté Untitled (2011) dans la Rotonde du 22 mai 2021 au 29 janvier 2022, première présentation de l’œuvre en France

Centre Pompidou (Paris) — exposition avec Koo Jeong-A en 2004 et conservation de dessins de 2004 dans les collections du Musée national d’art moderne

Beaux-Arts de Paris (Palais des Beaux-Arts) (Paris) — exposition personnelle du 13 septembre au 3 novembre 2012 dans le cadre du Festival d’Automne

Gagosian, rue de Ponthieu (Paris) — expositions «  schmutz schmutz » en 2012 et «  Leo » en 2019

Gagosian, rue de Castiglione (Paris) — exposition «  Beauty », nouvelles Problem Paintings, du 5 mars au 25 mai 2024

Repères chronologiques

1973 — Naissance à Zurich, en Suisse, d’Urs Fischer, futur sculpteur formé à la photographie

2003 — What If the Phone Rings à la Sadie Coles HQ de Londres: trois figures de cire allumées puis fondues

2004-03-10 — Ouverture au Centre Pompidou de l’exposition partagée avec Koo Jeong-A, jusqu’au 10 mai 2004

2007 — You, à la galerie Gavin Brown de New York: l’artiste creuse le sol pour ouvrir un cratère

2011 — Réplique en cire de L’Enlèvement des Sabines consumée jusqu’à disparition à la Biennale de Venise

2012-04-05 — Exposition «  schmutz schmutz » chez Gagosian, rue de Ponthieu à Paris, jusqu’au 26 mai

2012-04-15 — «  Madame Fisscher » à Palazzo Grassi, premier artiste vivant exposé seul dans le palais vénitien

2012-09-13 — Exposition au Palais des Beaux-Arts de Paris avec le Festival d’Automne, jusqu’au 3 novembre

2013-04-21 — Première rétrospective américaine au MOCA de Los Angeles, sur deux sites, jusqu’au 19 août

2016-10-01 — «  Mon cher… » ouvre à la Fondation Vincent van Gogh Arles pour quatre mois, jusqu’au 29 janvier 2017

2019-10-14 — Exposition «  Leo » chez Gagosian rue de Ponthieu, autour d’une sculpture de cire, jusqu’au 20 décembre

2021-05-22 — Untitled (2011) inaugure la Rotonde de la Bourse de Commerce, jusqu’au 29 janvier 2022

2024-03-05 — Exposition «  Beauty » chez Gagosian rue de Castiglione, nouvelles Problem Paintings, jusqu’au 25 mai

Urs Fischer & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Urs Fischer à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Urs Fischer ?

C'est un artiste suisse né en 1973 à Zurich, formé à la photographie à la Schule für Gestaltung de Zurich et installé à New York. Le Centre Pompidou le référence comme sculpteur, dessinateur et illustrateur ; son travail associe sculpture, installation, peinture et photographie.

Pourquoi ses sculptures en cire brûlent-elles pendant l'exposition ?

Les pièces sont équipées de mèches et allumées au premier jour de leur présentation. Dès What If the Phone Rings en 2003, à Londres, les figures fondent durant tout l'accrochage : la maîtrise et la verticalité initiales cèdent au hasard et à l'entropie jusqu'à l'informe, l'œuvre devenant un monument à l'impermanence.

Que représente Untitled (2011), l'œuvre montrée sous la coupole de la Bourse de Commerce ?

Un groupe de bougies monumentales : la réplique grandeur nature de L'Enlèvement des Sabines (1579-1582) de Giambologna, sept sièges très différents allant d'un tabouret africain à une chaise en plastique et à un fauteuil d'avion, et l'effigie de l'artiste Rudolf Stingel qui les contemple.

Quel rapport l'œuvre entretient-elle avec le musée du quai Branly - Jacques Chirac ?

Quatre des sièges reproduits en cire sont des modèles choisis par Urs Fischer dans les collections du musée du quai Branly - Jacques Chirac : un siège mandé du Mali, une chaise ashanti du Ghana, un siège bwa du Burkina Faso et un fauteuil oromo d'Éthiopie, en dialogue avec l'iconographie coloniale de la coupole.

Qu'appelle-t-on les Problem Paintings ?

C'est une série entamée en 2010 dans laquelle Fischer aplatit et force ensemble des catégories d'images disparates. L'exposition parisienne « Beauty », du 5 mars au 25 mai 2024 rue de Castiglione, en a réuni un ensemble inédit, avec des pièces telles que Camelia, White Tulip ou Blue Poppy.

Où a-t-on pu voir Urs Fischer à Paris avant la Bourse de Commerce ?

Au Centre Pompidou dès 2004, avec Koo Jeong-A, puis chez Gagosian rue de Ponthieu au printemps 2012 et au Palais des Beaux-Arts du 13 septembre au 3 novembre 2012, dans le cadre du Festival d'Automne. La galerie Gagosian l'a de nouveau exposé en 2019 avec « Leo ».