Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Victor Vasarely dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Victor Vasarely (Pécs, 1906 — Paris, 1997) a fait de la perception le sujet même de la peinture.
Né le 9 avril 1906 à Pécs sous le nom de Győző Csiszár, l’artiste prend le patronyme paternel, Vásárhelyi, lorsque sa famille s’installe à Budapest en 1908.
Cette page sert surtout à situer Victor Vasarely dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né le 9 avril 1906 à Pécs sous le nom de Győző Csiszár, l’artiste prend le patronyme paternel, Vásárhelyi, lorsque sa famille s’installe à Budapest en 1908. Il obtient d’abord un diplôme de correspondance commerciale en français et en allemand, suit des cours du soir de dessin d’après nature chez Artúr Podolini-Volkmann à partir de 1922, puis travaille comme aide-comptable dans une fabrique pharmaceutique où lui échoit sa première commande de graphisme. En 1929, il entre au Műhely, atelier budapestois calqué sur le Bauhaus, et rejoint la section de graphisme dirigée par Sándor Bortnyik: typographie, mise en page, design moderne, décor de film et de scène. Il y rencontre la graphiste Klára Spinner, qu’il épousera.
Vasarely s’installe à Paris en 1930 et vit du dessin appliqué: il travaille pour les imprimeurs Draeger et Devambez ainsi que pour l’agence Havas, avant de réaliser à partir de 1935 des encarts publicitaires pour des publications médicales chez l’éditeur Roger Bessard, dont il devient l’associé. Cette activité lui apporte la sécurité financière et, surtout, un répertoire de trucs visuels — quadrillages déformés, contrastes, illusions de profondeur — qu’il réemploiera tel quel en peinture. La série des Zèbres, entamée à la fin des années 1930, condense cette période: le motif rayé y produit déjà une instabilité de lecture que l’artiste exploitera vingt ans plus tard. Vasarely rangera plus tard ces années sous l’étiquette de « période graphique » et qualifiera ses essais figuratifs et gestuels de « mauvaises routes ».
En 1939, au Café de Flore, Vasarely rencontre Denise Bleibtreu, dite Denise René, qui dirige alors une maison de couture. Le 13 février 1944, la galerie qu’elle ouvre au 124 rue de La Boétie inaugure son programme avec les dessins et compositions graphiques de Vasarely. Entre 1946 et 1951, sous son influence directe, la galerie se consacre exclusivement à l’abstraction géométrique puis à l’art cinétique. L’aboutissement est l’exposition « Le Mouvement », première manifestation internationale d’ampleur consacrée au cinétisme, où il présente ses premières pièces abstraites en noir et blanc aux côtés de Marcel Duchamp et Alexander Calder, et de jeunes artistes comme Agam, Bury, Jacobsen, Soto et Tinguely. Le catalogue contient le texte qui restera célèbre sous le nom de « Manifeste jaune », du nom de la couleur du feuillet.
Entre 1947 et 1954, Vasarely tire ses formes de l’observation directe: les reflets de la lumière sur les côtes de Belle-Isle, puis les arêtes minérales et les contrastes d’ombre du village de Gordes nourrissent les périodes dites Belle-Isle et Cristal. Les craquelures des carreaux muraux du métro parisien lui inspirent la série Denfert. Il étudie parallèlement la vision stéréoscopique et la perception de la profondeur, en écho aux recherches scientifiques de son temps. Installé à Arcueil de 1951 à 1954, il pousse la période Noir et Blanc jusqu’aux principes de son art cinétique: agrandissements photographiques baptisés photographismes, sérigraphies, premiers reliefs cinétiques profonds. En 1954, son Hommage à Malevitch devient un mur de céramique à l’Université centrale du Venezuela, à Caracas, sur invitation de l’architecte Carlos Raúl Villanueva: sa première œuvre architecturale.
Entre 1959 et 1961, Vasarely dépose un brevet pour ce qu’il nomme l’unité plastique: une forme et une couleur solidaires à l’intérieur d’un carré, module élémentaire à partir duquel il construit son alphabet plastique. Six formes géométriques permutables suffisent dès lors à engendrer un nombre indéfini de compositions, logique combinatoire qui rejoint son intérêt pour la cybernétique et qu’il applique à la série Folklore planétaire. L’idée de multiplication démocratique devient le cœur de son travail: sérigraphies, multiples, affiches. En 1965, il figure parmi les vedettes de l’exposition « The Responsive Eye », présentée au Museum of Modern Art de New York du 23 février au 25 avril sous le commissariat de William C. Seitz. Ses recherches sur l’incertitude de la vision et le mouvement apparent se poursuivent en 1967 avec ses expériences gestaltistes.
En 1966, Vasarely décide de créer une fondation et finance lui-même la restauration du château Renaissance de Gordes pour y installer un musée didactique, inauguré en juin 1970 en présence de Claude Pompidou et resté ouvert jusqu’en 1996. Il y expose moins des tableaux que la démonstration ordonnée de ses conceptions. Le second volet est le centre architectonique d’Aix-en-Provence, décidé et mis en chantier en 1973, inauguré le 14 février 1976: seize hexagones de quatorze mètrès de largeur, 87 mètrès sur 40, cinq mille mètrès carrés, sept alvéoles de onze mètrès de hauteur au rez-de-chaussée et quarante-deux intégrations architectoniques. L’artiste voulait un lieu où le visiteur, physiquement déstabilisé, suive une progression dans la découverte des couleurs, des matériaux et des jeux optiques. Il publie parallèlement ses utopies de cité polychrome dans Plasti-Cité.
Médiums: peinture sur toile, arts graphiques et affiche publicitaire, sérigraphie et multiples édités, reliefs cinétiques profonds, céramique et éléments muraux d’intégration architecturale, agrandissement photographique (photographisme).
Techniques: unité plastique brevetée entre 1959 et 1961: une forme et une couleur solidaires dans un carré, permutation combinatoire des six formes de l’alphabet plastique, contraste noir et blanc et inversion positif-négatif pour créer l’instabilité rétinienne, déformation régulière d’une trame ou d’un damier pour simuler la courbure et la profondeur, sérigraphie en série au service du multiple diffusable, transposition murale d’un motif peint en céramique ou en éléments industriels.
Motifs récurrents: illusion de mouvement et instabilité de la perception, vision stéréoscopique et profondeur simulée, art multipliable et démocratisation de l’œuvre, synthèse des arts et cité polychrome, cosmos, galaxies et imaginaire spatial, folklore planétaire et langage visuel universel.
Paris n’est pas pour Vasarely une étape de consécration mais le lieu où il apprend son métier. Arrivé en 1930, il vit pendant deux décennies de la commande graphique — imprimeries Draeger et Devambez, agence Havas, puis encarts pour publications médicales chez Roger Bessard — avant que la peinture ne devienne son activité principale. C’est au Café de Flore qu’il rencontre en 1939 Denise René, alors à la tête d’une maison de couture. Il travaille à Arcueil de 1951 à 1954, période décisive du Noir et Blanc, puis s’établit à Annet-sur-Marne en 1961. Il meurt à Paris le 15 mars 1997.
La galerie ouverte par Denise René en 1944 dans un appartement du 124 rue de La Boétie constitue le foyer parisien de l’aventure. Vasarely y avait d’abord créé avec elle un atelier de décoration; le local servit de lieu de rendez-vous clandestin avant la Libération. La première exposition de la galerie, le 13 février 1944, est consacrée à ses dessins et compositions graphiques, et il pèse ensuite sur toute sa programmation, qui bascule vers l’abstraction géométrique puis le cinétisme. En 1966, Denise René ouvre un second espace boulevard Saint-Germain, de plain-pied et avec vitrine, spécifiquement destiné aux éditions et aux multiples — exactement le format d’œuvre que Vasarely défendait.
Deux traces parisiennes très concrètes rattachent l’œuvre à la ville. La première est une source d’inspiration: les fines craquelures des carreaux muraux du métro parisien sont à l’origine de la série Denfert, où le réseau de fêlures devient trame picturale. La seconde est une commande publique: en 1971, la SNCF commande à Vasarely deux grandes peintures murales pour le hall de la gare Montparnasse, chacune longue de 32 mètrès et haute de 6 mètrès. Endommagées puis remises en lumière lors de la modernisation de la gare, elles ont été restaurées en 2019 par une équipe de restaurateurs spécialisés en art contemporain coordonnée par Aurélia Chevalier, qui a nettoyé et refixé la couche colorée avant la mise en place d’un nouvel éclairage.
Le Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, conserve un ensemble qui couvre plus de quarante ans de production: Arlequin (1935), Etude-axo 1 (1937), Hô II (1948-1952), Poprad (1952-1954), plusieurs œuvres sans titre de 1961, V-Boglar (V-Cabochon) (1966), Tauri-R (1966/1976), Arny (Ombre) (1967-1968) et Hommage à Georges Pompidou (1976). C’est également à Paris qu’a eu lieu la première grande rétrospective française de l’artiste: « Vasarely. Le partage des formes », présentée en Galerie 2 du Centre Pompidou du 6 février au 6 mai 2019, avec près de trois cents peintures, sculptures, multiples, intégrations architecturales et publicités.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve un ensemble d’œuvres de Vasarely de 1935 à 1976 et a organisé la rétrospective « Le partage des formes » en 2019. Le bâtiment parisien est fermé au public de 2025 à 2030 pour travaux, la programmation se poursuivant hors les murs.
Gare Montparnasse (Paris) — Le hall abrite deux fresques murales de 32 mètrès sur 6 commandées par la SNCF en 1971 et restaurées en 2019.
Fondation Vasarely (Aix-en-Provence) — Centre architectonique conçu par l’artiste, inauguré le 14 février 1976 au 1 avenue Marcel-Pagnol; il présente 42 intégrations architectoniques et accueille jusqu’au 1er novembre 2026 l’exposition « Projet pour une révolution. Vasarely et l’architecture », coorganisée avec le Centre Pompidou.
Vasarely Múzeum (Budapest) — Musée hongrois consacré à l’artiste, qui publie la chronologie de référence de sa vie et de son œuvre.
1906-04-09 — Naissance à Pécs, en Hongrie, sous le nom de Győző Csiszár.
1929 — Entre au Műhely de Budapest et rejoint l’atelier de graphisme de Sándor Bortnyik.
1930 — S’installe à Paris et travaille pour Draeger, Devambez et l’agence Havas.
1944-02-13 — La galerie Denise René ouvre au 124 rue de La Boétie avec ses dessins et compositions graphiques.
1954 — Première œuvre architecturale: le mur de céramique Hommage à Malevitch, à Caracas.
1955 — Exposition « Le Mouvement » à la galerie Denise René et publication du Manifeste jaune.
1965-02-23 — Figure parmi les vedettes de « The Responsive Eye » au MoMA de New York, jusqu’au 25 avril.
1970-06 — Inauguration du musée didactique installé au château de Gordes, ouvert jusqu’en 1996.
1971 — La SNCF lui commande deux fresques de 32 mètrès sur 6 pour le hall de la gare Montparnasse.
1976-02-14 — Inauguration du centre architectonique de la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence.
1997-03-15 — Mort de Victor Vasarely à Paris, à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
2019-02-06 — Ouverture de la rétrospective « Le partage des formes » au Centre Pompidou, jusqu’au 6 mai.
2026-06-12 — « Projet pour une révolution. Vasarely et l’architecture » à la Fondation Vasarely, avec le Centre Pompidou.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Victor Vasarely à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'il a systématisé, dès la période Noir et Blanc du début des années 1950, un vocabulaire de trames déformées et d'inversions positif-négatif capable de produire une impression de mouvement sur une surface fixe, et parce qu'il l'a théorisé puis diffusé. Le Centre Pompidou le désigne comme le père de l'art optique dans la présentation de sa rétrospective de 2019.
C'est le texte publié par Vasarely dans le catalogue de l'exposition « Le Mouvement », à la galerie Denise René, et qui doit son nom à la couleur du feuillet sur lequel il était imprimé. Il y défend un art fondé sur le mouvement et la multiplication, contre le tableau de chevalet et l'exemplaire unique : c'est l'acte de naissance théorique du cinétisme.
Les deux fresques murales de 32 mètrès sur 6 commandées par la SNCF en 1971 et restaurées en 2019 sont visibles dans le hall de la gare Montparnasse. Le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, conserve un ensemble d'œuvres allant d'Arlequin (1935) à Hommage à Georges Pompidou (1976), mais son bâtiment parisien est fermé au public de 2025 à 2030 pour travaux.
C'est le système combinatoire qu'il tire de son unité plastique, brevetée entre 1959 et 1961 : une forme et une couleur solidaires à l'intérieur d'un carré. Six formes géométriques permutables suffisent alors à engendrer un nombre indéfini de compositions, principe qu'il applique notamment à la série Folklore planétaire et qui rend son œuvre reproductible par autrui.
Les fines craquelures observées sur les carreaux muraux du métro de Paris lui ont directement inspiré la série dite Denfert, développée entre 1947 et 1954 : le réseau de fêlures y devient une trame picturale. C'est l'un des cas les plus nets où un détail du décor urbain parisien passe tel quel dans son répertoire de formes.
Les deux successivement. Né le 9 avril 1906 à Pécs, dans la Hongrie de la double monarchie, et formé à Budapest au Műhely, il s'installe à Paris en 1930 et fait toute sa carrière en France, où il meurt le 15 mars 1997. Le Centre Pompidou le désigne comme peintre français né hongrois ; la Tate le qualifie d'artiste hongrois-français.