Exposition Paris

Exposition Vivian Maier

Gouvernante d’enfants à New York puis à Chicago pendant plus de quatre décennies, Vivian Maier (New York, 1926 – Chicago, 2009) n’a montré presque aucune de ses images de son vivant.

Qui est Vivian Maier ?

Vivian Maier naît le 1er février 1926 à New York, second enfant de Maria Jaussaud, née en 1897 au domaine de Beauregard à Saint-Julien-en-Champsaur (Hautes-Alpes), et de Charles Maier, issu d’une famille venue d’une province alors hongroise.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Vivian Maier dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une enfance partagée entre Manhattan et le Champsaur

Vivian Maier naît le 1er février 1926 à New York, second enfant de Maria Jaussaud, née en 1897 au domaine de Beauregard à Saint-Julien-en-Champsaur (Hautes-Alpes), et de Charles Maier, issu d’une famille venue d’une province alors hongroise. Après la séparation de ses parents en 1929, sa mère la ramène en France vers 1932-1933: la fillette grandit entre Saint-Julien et Saint-Bonnet, près de Gap, dans le pays d’origine maternel. Le 1er août 1938, mère et fille repartent pour New York. De cette enfance alpine, Vivian Maier gardera un français parlé et un accent qui intriguera toute sa vie ses employeurs américains.

Gouvernante d’enfants, de New York à Chicago

De retour aux États-Unis, elle est d’abord vendeuse, puis nurse à domicile chez des familles aisées. Elle repart dans le Champsaur en 1950-1951 pour vendre une propriété reçue en héritage, et rentre à New York le 16 avril 1951, année où elle acquiert son premier Rolleiflex. En 1956, elle s’installe définitivement à Chicago et entre au service de la famille Gensburg, dont elle élève les trois garçons John, Lane et Matthew, jusqu’à la fin des années 1960. Elle enchaînera ensuite les places, notamment chez le mathématicien Zalman Usiskin en 1987, puis chez la famille Baylaender de 1989 à 1993.

Photographier pour soi seule

Pendant quarante ans, Vivian Maier arpente les trottoirs de Chicago et de New York son appareil au ventre, saisissant passants, enfants, vitrines, gens de peu et démolitions urbaines. En 1959-1960, un congé de six mois lui permet de faire le tour du monde — Canada, Égypte, Yémen, Thaïlande, Italie, France une dernière fois. Elle ne cherche ni galerie, ni éditeur, ni public: elle tire elle-même une partie de ses images, en laisse d’autres dans des bobines jamais développées, et accumule dans des boxes de garde-meubles négatifs, coupures de presse, livres et objets glanés.

Une œuvre exhumée d’un box de garde-meubles

Fin 2007, John Maloof, jeune agent immobilier de Chicago qui cherche des vues anciennes pour un livre d’histoire locale, achète pour quelques centaines de dollars un lot mis aux enchères faute de loyer payé sur le box. En avril 2009, un nom sur une enveloppe le conduit à un avis d’obsèques: celui de Vivian Maier, morte quelques jours plus tôt. Il retrouve les frères Gensburg, reconstitue la vie de la photographe, trie et numérise le fonds, puis organise en janvier 2011 au Chicago Cultural Center la première exposition, Finding Vivian Maier. Le documentaire homonyme, coproduit en 2013, achève de porter son nom dans le monde entier.

Des archives dispersées entre marché de l’art et institutions

L’essentiel du fonds reste réuni dans la Collection John Maloof à Chicago, dont les tirages sont diffusés par la Howard Greenberg Gallery à New York. Deux institutions ont toutefois fait entrer ce corpus dans le domaine public de la recherche: en 2017, la bibliothèque de l’université de Chicago reçoit de John Maloof près de cinq cents tirages d’époque jamais publiés ni exposés, accompagnés d’un de ses appareils et d’effets personnels; en 2020, le Chicago History Museum acquiert environ 1 800 négatifs et ektachromes couleur, montrés dès 2021 dans l’exposition Vivian Maier: In Color.

La pratique en bref

Médiums: Photographie argentique noir et blanc, Diapositive couleur (Ektachrome), Film amateur Super 8 et 16 mm, Enregistrement sonore documentaire.

Techniques: Rolleiflex bi-objectif au format carré, visée à hauteur de poitrine (3.5T, 3.5F, 2.8C, Automat), Kodak Brownie à vitesse unique, sans diaphragme ni mise au point, comme premier appareil, Leica IIIc, Ihagee Exakta, Zeiss Contarex et divers reflex 35 mm pour le travail en couleur, Pellicules Kodak Tri-X et Ektachrome, Tirages argentiques réalisés par elle-même, dits «  vintages », Bobines laissées non développées de son vivant.

Motifs récurrents: Rue et espace public américain, Autoportrait par reflets, vitrines et ombres portées, Enfance, Vies invisibles, misère et marges urbaines, Mutations et démolitions du paysage urbain, Voyage.

La rétrospective du musée du Luxembourg

Du 15 septembre 2021 au 16 janvier 2022, le musée du Luxembourg consacre à Vivian Maier une rétrospective conçue par Anne Morin, directrice de diChroma photography, et organisée par la Rmn – Grand Palais en collaboration avec la Collection John Maloof (Chicago) et la Howard Greenberg Gallery (New York), avec le soutien de Women In Motion, programme de Kering. L’accrochage donne pour la première fois accès à des archives inédites: tirages vintages réalisés par la photographe, films Super 8 jamais montrés, enregistrements audio. C’est ce passage rue de Vaugirard qui fait basculer Vivian Maier, en France, du statut de curiosité à celui d’auteure de plein droit.

Les Douches la Galerie, sa maison parisienne

Dans le 3e arrondissement, au 54 rue Chapon, Les Douches la Galerie défend le travail de Vivian Maier depuis plus de dix ans. Du 29 janvier au 28 février 2026, pour le centenaire de sa naissance, elle y présente «  Rue Vivian Maier », lecture volontairement sensible et formelle du corpus, avec notamment un autoportrait de 1956, une vue new-yorkaise datée du 2 décembre 1954, des images de Chicago de 1970 à 1984 et un cliché de San Juan (Porto Rico) de 1965. L’accrochage a été relayé par la presse culturelle parisienne, dont Télérama et L’Œil de la photographie.

Où voir ses œuvres

Musée du Luxembourg (Paris) — Rétrospective «  Vivian Maier », 15 septembre 2021 – 16 janvier 2022, organisée par la Rmn – Grand Palais et diChroma photography

Les Douches la Galerie (Paris) — Galerie qui défend son travail en France depuis plus de dix ans; exposition «  Rue Vivian Maier », 29 janvier – 28 février 2026

Musée de la Photographie Charles Nègre (Nice) — Exposition «  Vivian Maier Anthology », 19 octobre 2024 – 16 mars 2025, 140 images et une vidéo

Musée de Pont-Aven (Pont-Aven) — Exposition «  Vivian Maier e(s)t son double », 4 février – 29 mai 2022

Musée des Beaux-Arts de Quimper (Quimper) — Exposition «  Vivian Maier, New York – Chicago », 4 février – 29 mai 2022

Maison de la photographie de Pisançon (Saint-Bonnet-en-Champsaur) — Exposition «  Vivian Maier… De New-York à Chicago », 1er juillet – 20 septembre 2026, dans la vallée d’origine de sa famille maternelle

Chicago History Museum (Chicago) — Acquisition en 2020 d’environ 1 800 négatifs et transparents couleur; exposition «  Vivian Maier: In Color », 8 mai 2021 – 31 décembre 2022

University of Chicago Library, Special Collections Research Center (Chicago) — Don de John Maloof en 2017: près de 500 tirages d’époque, un appareil et des effets personnels, consultables pour la recherche

Repères chronologiques

1926-02-01 — Naissance de Vivian Maier à New York, second enfant de Maria Jaussaud et de Charles Maier

1932 — Sa mère la ramène en France: enfance à Saint-Julien puis Saint-Bonnet, dans le Champsaur (Hautes-Alpes)

1938-08-01 — Mère et fille quittent le Champsaur et regagnent New York, où Vivian travaille comme vendeuse puis nurse

1951-04-16 — Retour à New York après un séjour dans le Champsaur; elle acquiert son premier Rolleiflex

1956 — Installation définitive à Chicago et entrée au service de la famille Gensburg, dont elle élève les trois garçons

1959-1960 — Voyage de six mois au Canada, en Égypte, au Yémen, en Thaïlande, en Italie et en France pour la dernière fois

2007 — John Maloof achète aux enchères, à Chicago, le contenu d’un box de garde-meubles empli de ses négatifs et films

2009-04 — Mort de Vivian Maier à Chicago; un avis d’obsèques permet enfin d’identifier l’auteure des négatifs

2011-01 — Première exposition, «  Finding Vivian Maier », au Chicago Cultural Center, succès immédiat

2017 — La bibliothèque de l’université de Chicago reçoit de John Maloof près de 500 tirages d’époque inédits

2020 — Le Chicago History Museum acquiert environ 1 800 négatifs et transparents couleur de Vivian Maier

2021-09-15 — Ouverture de la rétrospective du musée du Luxembourg à Paris, jusqu’au 16 janvier 2022

2026-01-29 — «  Rue Vivian Maier », centenaire de sa naissance, aux Douches la Galerie à Paris jusqu’au 28 février

Vivian Maier & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Vivian Maier à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Vivian Maier est-elle restée inconnue de son vivant ?

Elle n'a jamais cherché à exposer ni à publier. Gouvernante d'enfants à New York puis à Chicago, elle photographiait pour elle-même, cachait ses images, entreposait négatifs et bobines dans des boxes de garde-meubles, et laissait même des pellicules non développées. Son nom n'apparaît qu'après sa mort, survenue en avril 2009.

Quel est le lien de Vivian Maier avec la France ?

Sa mère, Maria Jaussaud, est née en 1897 au domaine de Beauregard, à Saint-Julien-en-Champsaur dans les Hautes-Alpes. Vivian y passe une partie de son enfance, vers 1932-1938, entre Saint-Julien et Saint-Bonnet, avant de repartir pour New York le 1er août 1938. Elle revient dans le Champsaur en 1950-1951 pour vendre un bien hérité, puis une dernière fois en 1959-1960.

Avec quel appareil Vivian Maier photographiait-elle ?

Son premier appareil est un modeste Kodak Brownie à vitesse unique, sans diaphragme ni mise au point. Elle acquiert son premier Rolleiflex en 1951-1952 et en utilisera plusieurs modèles (3.5T, 3.5F, 2.8C, Automat), puis un Leica IIIc, un Ihagee Exakta, un Zeiss Contarex et divers reflex. Ses pellicules sont surtout de la Kodak Tri-X et de l'Ektachrome.

Comment son œuvre a-t-elle été découverte ?

Fin 2007, John Maloof, agent immobilier de Chicago à la recherche de vues anciennes pour un livre d'histoire locale, achète aux enchères le contenu d'un box dont le loyer n'était plus payé. En avril 2009, un nom lu sur une enveloppe le conduit à un avis d'obsèques et il identifie enfin la photographe, morte quelques jours plus tôt.

Où voir des photographies de Vivian Maier en France ?

Aucune collection publique française ne conserve son fonds : les expositions sont ponctuelles et itinérantes. Le musée du Luxembourg l'a montrée à Paris en 2021-2022, le musée de Pont-Aven et le musée des Beaux-Arts de Quimper en 2022, le musée de la Photographie Charles Nègre à Nice en 2024-2025, et Les Douches la Galerie à Paris en 2026.

Vivian Maier a-t-elle photographié en couleur ?

Oui. Après ses années de Rolleiflex en noir et blanc, elle passe au 35 mm et à l'Ektachrome. Le Chicago History Museum a acquis en 2020 environ 1 800 négatifs et transparents couleur réalisés entre 1954 et 1974, largement inédits, montrés dans l'exposition « Vivian Maier: In Color » du 8 mai 2021 au 31 décembre 2022.