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Cette page sert surtout à situer Wangechi Mutu dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Nairobi en 1972, formée à la Cooper Union puis à la Yale School of Art, Wangechi Mutu partage aujourd’hui son travail entre Brooklyn et le Kenya.
Wangechi Mutu grandit au Kenya, où l’enseignement artistique qu’elle reçoit reste, selon ses propres termes rapportés par le Studio Museum in Harlem, centré sur la technique plutôt que sur l’expérimentation.
Cette page sert surtout à situer Wangechi Mutu dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Wangechi Mutu grandit au Kenya, où l’enseignement artistique qu’elle reçoit reste, selon ses propres termes rapportés par le Studio Museum in Harlem, centré sur la technique plutôt que sur l’expérimentation. À dix-sept ans, elle quitte Nairobi pour le pays de Galles et l’United World College of the Atlantic, dont elle sort avec le baccalauréat international en 1991. Elle rejoint ensuite les États-Unis, étudie à la Parsons School of Design puis à la Cooper Union, où elle obtient son BFA en 1996, et fréquente les vernissages new-yorkais, croisant notamment Glenn Ligon et Fred Wilson.
Un master de sculpture obtenu à la Yale School of Art en 2000 marque le basculement vers une pratique professionnelle rapidement remarquée. Le Studio Museum in Harlem l’accueille en résidence pour la saison 2003-2004, moment charnière où son vocabulaire de figures féminines hybrides se fixe. Dès 2002, son travail circule hors des États-Unis: le dictionnaire Le Delarge signale sa participation à une exposition collective chez Valentin, à Paris. Elle vit et travaille depuis entre Brooklyn et Nairobi, un partage qu’elle assume comme une manière d’avoir « plusieurs racines ».
Le San Francisco Museum of Modern Art décrit précisément le procédé: Mutu prélève des fragments dans la presse de mode, la pornographie, le National Geographic et des ouvrages consacrés aux arts africains traditionnels, puis les raccorde par des tracés dessinés à la main et des lavis d’encre déposés en flaques sur du Mylar non absorbant. Les créatures qui en résultent tiennent de l’humain et de la machine, de la maladie et de la puissance. Le musée y lit un renversement des stéréotypes occidentaux qui font de l’Afrique un continent obscur et des femmes des objets sexuels sans défense.
À partir du milieu des années 2000, Mutu quitte le plan du mur: « Exhuming Gluttony: A Lover’s Requiem », conçu en 2006 avec l’architecte David Adjaye, transforme un hôtel particulier new-yorkais en salle de banquet souterraine; « Suspended Playtime » suspend en 2008 des ballots de sacs-poubelle ficelés d’or, en écho aux ballons improvisés des enfants. La bascule sculpturale culmine en septembre 2019: quatre bronzes intitulés « The Seated I » à « The Seated IV », inspirés des cariatides, prennent place dans les niches vides de la façade du Metropolitan Museum of Art, prolongés jusqu’à l’automne 2020.
Distinguée « Artist of the Year » par la Deutsche Bank en 2010, avec l’exposition « My Dirty Little Heaven » au Deutsche Guggenheim de Berlin puis au Wiels de Bruxelles, elle voit sa première grande rétrospective américaine, « A Fantastic Journey », s’ouvrir au Nasher Museum of Art en 2013 avant le Brooklyn Museum. Le New Museum de New York lui consacre en 2023 « Intertwined », environ 115 pièces couvrant toute la carrière. Suivent « Black Soil Poems » à la Galleria Borghese de Rome en 2025, puis une participation à « In Minor Keys », 61e Biennale de Venise, en 2026.
Médiums: collage et peinture sur Mylar, encre et acrylique, sculpture en bronze, installation, film et vidéo, estampe (lithographie, sérigraphie), performance.
Techniques: prélèvement d’images imprimées (mode, pornographie, revues géographiques, livres d’arts africains), raccord des fragments par le dessin à main levée, lavis d’encre en flaques sur support non absorbant, papier découpé et collé, contrecollage, paillettes et sequins métalliques, fonte du bronze à grande échelle, pigment doré appliqué à la main sur estampe.
Motifs récurrents: le corps féminin comme champ de bataille des représentations, hybridation humain-animal-machine, critique des stéréotypes coloniaux sur l’Afrique, afrofuturisme et mythologies est-africaines, consommation, gloutonnerie et destruction environnementale, diaspora et double ancrage Nairobi-Brooklyn.
Le lien parisien le mieux établi passe par « Africa Remix: l’art contemporain d’un continent », initiée par Jean-Hubert Martin dans le sillage des « Magiciens de la Terre » et dirigée par le commissaire Simon Njami. Partie du Museum Kunstpalast de Düsseldorf en 2004, l’exposition passe par la Hayward Gallery de Londres puis par le Centre Pompidou en 2005, avant Tokyo et Johannesburg. Les collages de Wangechi Mutu y figurent dans la section « Body and Soul », consacrée à la performance du corps et aux enjeux de représentation. C’est à cette occasion, dès 2005, que le public français découvre son travail dans une institution majeure.
Avant le Centre Pompidou, une première trace parisienne est consignée par Le Delarge, dictionnaire français des arts plastiques modernes et contemporains: une exposition collective chez Valentin, à Paris, en 2002, soit deux ans seulement après sa sortie de Yale. La notice française retient d’elle, à cette date, l’artiste du papier déchiré et recollé, puisant notamment dans les articles du Geographical Magazine consacrés à l’Afrique. À ce jour, aucune exposition personnelle dans une institution parisienne ne figure dans la liste d’expositions personnelles publiée par sa galerie.
Centre Pompidou (Paris) — A présenté ses collages en 2005 dans l’étape parisienne d’« Africa Remix », section « Body and Soul ».
Galerie chez Valentin (Paris) — Exposition collective en 2002, première présence parisienne consignée par Le Delarge.
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Commande de façade 2019 « The NewOnes, will free Us »; « The Seated I » et « The Seated III » entrées en collection en 2020.
Tate (Londres) — Conserve « You were always on my mind » (2007) et référence « Sentinel V » (2021).
San Francisco Museum of Modern Art (San Francisco) — Notice d’artiste et œuvres en collection; le musée lui a également consacré une exposition personnelle.
New Museum (New York) — Rétrospective « Intertwined » en 2023, environ 115 œuvres, ensuite présentée au New Orleans Museum of Art.
1972 — Naissance à Nairobi, au Kenya, où elle passe son enfance et son adolescence.
1991 — Baccalauréat international à l’United World College of the Atlantic, au pays de Galles, rejoint à dix-sept ans.
1996 — Diplôme de la Cooper Union for the Advancement of Science and Art, à New York.
2000 — Master de sculpture obtenu à la Yale School of Art, à New Haven.
2002 — Première présence parisienne consignée: exposition collective chez Valentin, à Paris.
2003-2004 — Résidence d’artiste au Studio Museum in Harlem, à New York.
2005 — Ses collages sont présentés au Centre Pompidou dans l’étape parisienne d’« Africa Remix ».
2010 — Première lauréate du prix « Artist of the Year » de la Deutsche Bank, avec « My Dirty Little Heaven » au Deutsche Guggenheim de Berlin.
2013 — Rétrospective « A Fantastic Journey » au Nasher Museum of Art, puis au Brooklyn Museum.
2014 — Fondation à Brooklyn de l’organisation caritative Africa’s Out!
2019-09 — Les quatre bronzes « The Seated » inaugurent la commande de façade du Metropolitan Museum of Art.
2020 — Le Metropolitan Museum of Art acquiert « The Seated I » et « The Seated III » pour sa collection permanente.
2023 — Rétrospective « Intertwined » au New Museum de New York, environ 115 œuvres.
2025 — Exposition « Black Soil Poems » à la Galleria Borghese, à Rome.
2026 — Participation à « In Minor Keys », 61e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Wangechi Mutu à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Artiste kényane-américaine née à Nairobi en 1972, diplômée de la Cooper Union en 1996 puis de la Yale School of Art en 2000, elle vit et travaille entre Brooklyn et Nairobi. Elle est connue pour ses collages sur Mylar, ses sculptures en bronze, ses films et ses installations.
Elle découpe des images dans la presse de mode, la pornographie, le National Geographic et des livres consacrés aux arts africains traditionnels, puis relie ces fragments de corps par des tracés dessinés à la main et des lavis d'encre déposés en flaques sur du Mylar, un support non absorbant qui laisse la couleur s'étaler.
Quatre figures féminines en bronze, inspirées des cariatides, installées en septembre 2019 dans les niches de la façade du Met restées vides depuis l'origine. Elles inauguraient la commande annuelle de façade du musée ; « The Seated I » et « The Seated III » ont ensuite rejoint la collection permanente en 2020.
Oui, mais dans des expositions collectives. Le Delarge consigne une participation chez Valentin, à Paris, en 2002, et ses collages ont été montrés au Centre Pompidou en 2005 dans l'étape parisienne d'« Africa Remix », au sein de la section « Body and Soul ». Aucune exposition personnelle parisienne n'est documentée à ce jour.
The Metropolitan Museum of Art conserve « My Strength Lies » (2006), « The Seated I » et « The Seated III » (2019) ainsi que l'estampe « Girl » (2021). La Tate détient « You were always on my mind » (2007) et référence « Sentinel V » (2021). Le SFMOMA en conserve également.
La rétrospective que le New Museum de New York lui a consacrée en 2023, réunissant environ 115 pièces, des travaux de jeunesse aux productions les plus récentes, en sculpture, vidéo et collage. Elle a ensuite voyagé jusqu'au New Orleans Museum of Art en 2024.